Daily MaverickEast African Crude Oil Pipeline financing: Can Standard Bank’s climate claims survive scrutinyESPN DeportesLaLiga pide perdón a China por declaraciones de Mbappé sobre MaoESPNChinese brands drop Mbappé after comment about 'Chinese dictator' memeThe Jerusalem PostIraq deepens ties with Jordan as Baghdad looks to strengthen regional alliances - analysisZDF heuteAktuelle Pressemitteilungen des ZDFNOS EconomieMysterieuze cryptobaas en handige AI-ontwikkelaar: wie zijn de nieuwkomers in de Quote 500?tazEU-Grenzbehörde Frontex: Neuer Name, gleiche KompetenzenGlobal NewsUtah police have connected Ted Bundy to another unsolved 1970s homicideعالم التقنيةجهاز الألعاب المحمول Acer Predator Atlas 8 ينطلق رسمياً بسعر 1300 دولارPremium TimesNMA commends Gov Lawal for repositioning, improving health sectorRadio-CanadaDonald Trump félicite PSPP pour sa victoire, trois semaines après l’élection7sur7Élections en Israël: la commission électorale refuse de retarder la fermeture des bureaux de vote
The Daily Newsstand · Free, Always
Tuesday, October 27, 2026

Passage de douze à huit médias et création de six pôles stratégiques : quels changements pour les médias de proximité après la réforme ?

Translate

Ce vendredi 23 octobre, la réforme des médias de proximité (MDP) a été validée en dernière lecture par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Portée par la ministre des Médias Jacqueline Galant (MR), elle a pour objectif d’assurer la "pérennité de l’information locale face aux profondes mutations du paysage médiatique", déclare-t-elle dans un communiqué.

Pour faire face à ces changements, la mesure principale prévue par la réforme concerne le nombre de médias de proximité présent en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle prévoit le passage de douze, nombre actuel de MDP, à maximum huit, à partir de 2031. Elles seront alors regroupées autour de six pôles géographiques.

Par rapport aux dernières versions de la réforme, le projet de diminution annuelle et progressive des moyens APE (Aide à la Promotion de l’Emploi en Wallonie) est pour le moment abandonné. Autre changement : en réponse au Conseil d’État qui pointait le risque porté au pluralisme des médias, l’indexation des dotations accordées aux médias de proximité est finalement maintenue. Les frais de présence sur la plateforme Auvio, la plateforme de la RTBF, sont supprimés.

Après la validation de la réforme par le gouvernement, la ministre Jacqueline Galant a réaffirmé que le secteur des MDP nécessitait du changement : "Sans réforme, c’est l’avenir même des médias de proximité qui est menacé. À l’heure où les grands groupes de presse fusionnent, où les grands acteurs audiovisuels renforcent leurs collaborations et où les recettes publicitaires diminuent, comment imaginer que douze structures puissent continuer à fonctionner côte à côte sur un territoire aussi restreint ?"

La réforme doit encore être soumise au parlement dans les prochaines semaines.

Un soutien financier d’1,2 million d’euros est prévu pour aider techniquement les structures fusionnées. Mais, pour les responsables des médias de proximité, beaucoup de questions restent sans réponse : comment les budgets seront-ils répartis ? Qui dirigera le futur pôle ? Et comment préserver les équipes et leur connaissance du terrain ?

Difficile donc de se projeter, comme nous l’explique Laurent Constantiello, directeur de Matélé. "On parle de candidatures mais les règles sont inconnues". Les MDP pourront effectivement se porter candidat pour développer ce pôle géographique dans leur province, mais les modalités doivent encore être fixées. "On n’a pas la pondération des critères, on n’a pas le déroulement des sélections, on n’a pas la modalité d’évaluation… À partir du moment où l’on a aucun de ces éléments-là, c’est impossible de discuter et de réfléchir à une structure quelle qu’elle soit."

Même son de cloche du côté d’Antenne Centre. "Je lis dans la réforme que des médias pourront se porter candidat à des zones de couverture à partir de 2031. J’en prends acte et on verra si notre dossier est assez solide à ce moment-là. Mais quel type de dossiers ? Quel type de couverture ? Quel type de zone ? À ce stade, il n’y a rien de tranché… Donc, on est encore dans l’analyse et la réflexion".

Si le Hainaut et la province de Liège vont pouvoir garder deux de leurs médias de proximité, ce n’est pas le cas de la province de Namur qui va devoir passer à un seul MDP. Les territoires couverts par les trois médias actuels sont pourtant très différents : Boukè couvre notamment Namur et Philippeville, Matélé a la région de Dinant et de la Haute-Meuse, et Canal Zoom s’occupe de Gembloux, mais aussi une partie du Brabant wallon.

À partir de 2031, elles devront donc dépendre d’une seule structure juridique avec un seul centre de décision et de logistique. Pour Laurent Constantiello, cette décision aura clairement un impact sur la couverture de certains territoires dont Matélé pourrait s’éloigner géographiquement. "Depuis le début, on défend des médias de proximité qui sont proches des bassins de vie, de leur population. On croit au modèle de Matélé avec une zone de couverture qu’on peut réellement couvrir : l’identité de Matélé est bien ancrée à Dinant, dans son territoire".

Du côté de Boukè et Canal Zoom, des rapprochements se sont déjà opérés par le passé, les deux médias partagent d’ailleurs la même direction. Pour Michaël Van Cutsem, le président du conseil d’administration de Boukè, cette réforme s’inscrit donc dans la continuité du travail déjà engagé. "On a un service comptable partagé, un service RH partagé, une directrice qui s’occupe des deux médias et en fait, ça préfigure le modèle intéressant vers lequel on veut aller, qui est un modèle où on a une centralisation des fonctions qui sont intéressantes à localiser à un seul endroit".

Ce modèle de centralisation permet, selon lui, de limiter les coûts. "On démontre avec notre rapprochement avec Canal Zoom qu’on sait faire une série d’économies d’échelle sur les fonctions centralisées et qu’on peut faire du meilleur travail de terrain et rédactionnel". Une réalité que le directeur de Matélé n’envisage pas positivement d’un point de vue financier et journalistique. "Je suis convaincu que ça va coûter plus cher de centraliser et je suis sûr qu’on va y perdre niveau proximité".

Les réactions diffèrent mais les deux partagent une crainte commune : celle de perdre leur indépendance et leur identité locale.

Autre victime de cette réforme, c’est la province de Hainaut où le territoire devra être couvert par deux médias de proximité au lieu de quatre à partir de 2031. Comme en province de Namur, la couverture de ces MDP est pourtant très différente : Télésambre s’occupe de Charleroi et le sud du Hainaut, Antenne Centre couvre la région du centre avec La Louvière, TéléMB se concentre sur les territoires de Mons et du Borinage, tandis que Notélé couvre la Wallonie picarde avec notamment Ath et Mouscron.

Le Hainaut pourra conserver deux médias de proximité grâce au nombre d’habitants que sa couverture concerne, à l’instar de la province de Liège, qui elle possède déjà deux. Valérie Dumont, directrice du média carolo, aurait plutôt vu le maintien de trois médias dans la province, en regroupant Antenne Centre et TéléMB. "Cela faisait qu’on avait 69 communes à couvrir et que chacun des médias en prenait 23. Ce qui permettait encore de faire de la proximité comme nous, on la conçoit".

Pour la directrice, il est encore trop tôt pour dire comment les regroupements vont s’opérer. Les médias vont d’abord devoir se concerter afin de "parler d’une seule voix" mais elle maintient que Télésambre est prêt à mutualiser "tout en gardant les spécificités de chacun". "Par exemple, chez nous, ça fait déjà cinq ans qu’on a mutualisé un profil technique entre Boukè, TV Com et Télésambre. Donc, c’est un profil cher qui dessine tout le workflow (site internet, ndlr) de chaque média de proximité qui peuvent se servir de back-up les uns, les autres. Maintenant, ça s’accélère, il faut qu’on se mette autour de la table et qu’on réfléchisse".

Car, comme en province de Namur, la crainte se situe sur la répartition du territoire de manière égale et réfléchie entre les deux futurs médias de proximité sélectionnés. Pour le directeur d’Antenne Centre, il s’agit également d’une question qui devra être au centre des discussions dans les prochains mois. "La clé du débat, c’est comment garantir une couverture de l’actu de proximité dans le Hainaut au profit des citoyens. Car finalement, qui va payer ? Ce sont les citoyens qui risquent de ne pas avoir une info de proximité après 2031 qui soit suffisamment satisfaisante et de qualité pour tous les citoyens du Hainaut. C’est un vaste débat qui est difficile à trancher au lendemain de cette validation en troisième lecture".

Concrètement, les discussions entre les médias de proximité vont seulement débuter. Ils ont jusqu’au 1er janvier 2031 pour s’accorder sur les regroupements et synergies qu’ils voudront opérer à cette échéance. D’ici là, il ne faut pas s’attendre à d’énormes changements sur les sites, chaînes et radio des MDP.

View the original on RTBF Info →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.