Il aidait les immigrants à Montréal | Sept ans de détention pour avoir exploité des fillettes au Mali

Un Montréalais qui dirigeait un centre d’aide aux nouveaux arrivants a été condamné jeudi à sept ans de détention pour avoir exploité sexuellement plusieurs enfants au Mali. Ses victimes étaient violées en direct pour son bénéfice.
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« Ça va les hanter toute leur vie », a affirmé le juge Éric de Champlain jeudi après-midi au palais de justice de Montréal.
Gilles Provencher a plaidé coupable, en février dernier, à de nombreux chefs d’accusation, dont incitation à des contacts sexuels, production de pornographie juvénile et leurre de mineurs.
L’arrestation de Gilles Provencher, 79 ans, a eu l’effet d’une bombe dans le milieu communautaire en 2023. Il était alors directeur du Carrefour Solidarité Anjou, un organisme aidant les nouveaux arrivants dans l’est de Montréal. Il avait pris la parole devant les médias pour réclamer de l’aide gouvernementale pour les demandeurs d’asile en janvier 2023.
Mais dans les faits, Gilles Provencher vivait une double vie. Devant son écran, il était le grand manitou d’un réseau d’exploitation sexuelle d’enfants au Mali, en Afrique de l’Ouest. Il y payait des complices pour lui trouver des victimes mineures dans des villages. Il a versé 16 000 $ à huit femmes entre 2020 et 2021.
« Gilles Provencher choisissait les filles, leur âge et les préférences relatives aux actes sexuels », a expliqué la procureure de la Couronne, Karine Lagacé-Paquette, en février dernier.
Au moins neuf fillettes âgées de 5 à 10 ans et une dizaine d’adolescentes de 12 à 15 ans ont été photographiées, sur une longue période, à son bénéfice.
Gilles Provencher regardait en direct les agressions sexuelles de ses victimes, a-t-on appris à l’enquête sur remise en liberté.
Gilles Provencher a versé des milliers de dollars à une mère pour obtenir des vidéos sexuelles de sa fille de huit ans. Elles habitaient dans un village très pauvre du Mali. De nombreuses images de cette fillette ont été retrouvées chez lui parmi ses centaines de fichiers.
La procureure de la Couronne et l’avocat de la défense, Me Jonas Fadeu, ont présenté une suggestion commune de peine de sept ans de pénitencier. Le juge l’a entérinée. Comme Gilles Provencher est détenu depuis plusieurs années, il lui reste moins de deux ans à purger à sa peine.
Le juge a retenu plusieurs facteurs aggravants, dont le jeune âge des victimes, leur grande vulnérabilité, le stratagème, la répétition des gestes et les conséquences pour les victimes.
Le plaidoyer de culpabilité de Gilles Provencher a été souligné comme un important facteur atténuant, puisque la preuve de la Couronne aurait été difficile à produire. Le juge a aussi pris en considération la volonté du délinquant de suivre une thérapie, ses problèmes de santé et son risque de récidive « modéré ».
Après sa peine, Gilles Provencher sera soumis à une probation de trois ans. Il lui sera interdit, notamment, d’accéder à internet à des fins récréatives.
« Je vous souhaite que rien d’autre ne se reproduise », a conclu le juge.
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