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Monday, August 17, 2026

Le calvaire de Quentin, 26 ans, exclu du chômage et qui n’a pas droit au CPAS : « J’ai commencé à travailler au Tedi de Morlanwelz mais lors de mon troisième jour, le magasin a pris feu et a été détruit... »

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Responsable de l'information générale

Quentin Vanderweghen, 26 ans, de Morlanwelz, ne rêve que d’une chose : trouver un boulot. « Je serais prêt à accepter n’importe quoi », nous dit ce jeune homme au crâne rasé et à la barbe bien fournie, passionné par l’écriture et les jeux vidéo. Pour lui, il y a urgence. Exclu du chômage en 2024, il n’a pas droit au CPAS. Comme dans la chanson d’Aznavour, il vit seul avec sa maman, pensionnée. « Sans elle, je ne serais rien », souffle-t-il.

Retour en arrière. Après des études dans un Institut technique et une formation en bureautique, Quentin décroche un diplôme de secrétariat en 2019. Il se met aussitôt à chercher un travail mais le Covid passe par là et ses recherches avancent au ralenti pendant la pandémie. « Je me suis inscrit au Forem, j’ai postulé spontanément dans différentes entreprises, mais j’ai essuyé beaucoup de refus, quand je n’étais pas carrément ignoré », remet-il. « Ce qu’on me reproche ? De ne pas avoir assez d’expérience ».

Mais Quentin ne baisse pas les bras. Il trouve tant bien que mal des petits boulots très précaires, qui ne durent que quelques jours. Il enchaîne les formations, dont certaines sont… annulées, faute de participants. Il continue à envoyer des CV. Mais rien ne prend. En 2024, sur le point d’être exclu du chômage, une conseillère d’orientation lui dit que son profil n’est pas intéressant. « Les employeurs, m’a-t-on expliqué, n’aiment pas que quelqu’un reste aussi longtemps sans travailler », dit-il, dépité.

Le jeune homme a aussi joué de malchance. « En juin dernier, j’ai commencé à travailler au Tedi de Morlanwelz. Mais lors de mon 3e jour, le magasin a pris feu et a été détruit par les flammes ». Et lors d’un rendez-vous dans une grande surface où il avait postulé, le recruteur a… oublié le rendez-vous. « J’ai fini par passer les entretiens mais je n’ai jamais plus eu de nouvelles ».

« Je suis perdu »

Quentin ne sait plus comment faire pour trouver du travail. « Entre le chômage qui ne veut plus de moi, l’accès au Forem qui m’échappe par la même occasion, le CPAS qui ne m’aidera pas, les formations, les ALE, l’intérim… Je suis un peu perdu. Je ne sais plus à qui m’adresser », avoue-t-il. Sans autre aide que celle de sa maman, le jeune homme de 26 ans est bien désemparé.

Une situation qu’il vit très mal. « Je me sens inutile. Coincé. Si ma maman n’était pas là, que deviendrais-je ? Nous vivons tous les deux sur sa petite pension. Sans elle, je serais à la rue. Vivre chez sa maman à 26 ans, cela a un côté humiliant. Je vis de rien, alors elle me donne de l’argent de poche, comme quand j’avais 16 ans. Quand j’entends qu’on dit que les jeunes n’ont plus envie de travailler, cela me révolte. Moi, je ne demande que cela : trouver un emploi stable, peu importe le domaine ».

Quentin est conscient que son profil n’est pas exempt de certains « freins ». Sans permis ni voiture ( « impayable dans ma situation », dit-il), il ne se déplace qu’en train, bus ou trottinette électrique. Ce qui limite la zone de recherche d’emploi. Le jeune homme a aussi un look particulier : crâne rasé, grosse barbe, tatouages, piercings… Cela lui a-t-il joué des tours ? Quentin relativise. « Je ne vois pas ce que cela change par rapport aux compétences dans un travail. Cela ne veut rien dire », avance-t-il.

Peur d’être critiqué

Cela étant, il a longtemps hésité avant d’accepter notre interview. « Je m’attends à ce que les gens critiquent mon profil et mon physique sur les réseaux sociaux », glisse-t-il. « Mais je prends le risque. Car on ne donne jamais la parole aux jeunes qui galèrent comme moi. C’est très décourageant de se retrouver dans ma situation, d’être invisible aux yeux de tous, inutile ».

Quentin continue à y croire, malgré tout. Il n’en veut à personne, ne tient personne pour responsable de sa situation. Mais il s’interroge : « Comment faire pour démarrer dans la vie, pour me lancer ? Je ne sais plus quoi faire », conclut-il. Le jeune homme, qui semble avoir la tête sur les épaules et être motivé à bosser, espère que le fait d’exposer sa situation lui permettra peut-être de voir certaines portes s’ouvrir. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

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DR
Responsable de l'information générale

Le dossier que nous consacrons ce jeudi aux chiffres du chômage a quelque chose d’un peu déprimant ou décevant, à défaut d’être totalement surprenant : en Wallonie, les personnes qui ont été exclues du chômage n’ont pas toutes retrouvé de l’emploi, loin s’en faut. En réalité, selon les derniers chiffres que Sudinfo est en mesure de dévoiler, il s’avère qu’un exclu du chômage sur deux a trouvé refuge… au CPAS. On estime par ailleurs qu’entre 5 et 8 % de ces exclus du chômage ont basculé en maladie et se sont tournés vers leur mutuelle.

Si la mesure avait pour but de délester l’État d’une charge financière trop importante, c’est raté. Il faudra un jour sortir sa calculatrice pour faire les comptes, mais gageons que la mesure n’aura pas eu les effets escomptés. En tout cas, pas à court ni moyen terme.

On pourrait voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide et se dire que les autres exclus du chômage ont retrouvé du boulot. Sauf que ce n’est pas la réalité. Sur les 50 % d’exclus du chômage qui ne se sont pas tournés vers les CPAS ou la mutuelle, une minorité seulement a retrouvé de l’emploi : environ 10 % seulement des exclus ont retrouvé un job !

>>> Comment la Belgique est-elle passée de 100.000 à 172.000 exclus du chômage en un an ? Les coulisses d’une estimation qui laisse un goût amer

Deux soucis, ici. Le premier : on parle de chiffres arrêtés à la fin du mois de mars. Nous sommes en août. L’Onem n’est pas prompt à monitorer la chose, ce qui pose problème pour avoir une idée précise de la situation. Le second, et non des moindres : on ignore de quel type d’emploi il s’agit. Un contrat d’intérimaire ou un job précaire compte au même titre qu’un CDI ou même qu’un CDD.

Du reste, si de nombreux patrons engagent, on ne compte pas assez d’emplois en Wallonie. Nous écrivions récemment que la Wallonie compte moins de 25 emplois privés pour 100 habitants, là où la moyenne européenne dépasse 34 emplois privés pour 100 habitants. Cela aussi, c’est un problème.

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Enfin, on compte environ 30 à 35 % de gens qui se sont comme « évaporés dans la nature », sans que l’on sache s’ils ont quitté la Belgique, s’ils travaillent au noir, etc. Mais nous y reviendrons dans une prochaine édition…

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