Cinq ans après son élection, le maire de Québec vante son bilan en matière de logements
Cinq ans après son accession à la mairie de Québec, Bruno Marchand vante son bilan en matière d’habitation. Depuis son élection au plus fort de la crise du logement, son administration revendique plus de 22 000 unités mises en chantier. Derrière cette performance, avertit toutefois le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), se cache un loyer moyen en augmentation de 35 % depuis 2021.
Les grues font maintenant partie du paysage dans la capitale québécoise. En moyenne, 4460 logements ont vu le jour chaque année depuis cinq ans à Québec, un résultat attribuable, selon le parti du maire, à son Plan de mise en œuvre accéléré présenté en 2023.
« Nous avions pris l’engagement de répondre à la crise du logement en accélérant nos mises en chantier et en investissant massivement dans le logement social et abordable, souligne Bruno Marchand. Notre bilan confirme qu’on est capable de livrer. Maintenant, il faut maintenir la cadence. »
Le maire se félicite de dépasser ses ambitions en matière de logement social et abordable. « Nous avions pris l’engagement de bâtir 500 unités par année. En 2026, nous dépassons notre cible avec 520 unités », applaudit le chef du parti Québec forte et fière. Il ajoute que 2027 s’annonce tout aussi prolifique grâce aux 160 logements sociaux et abordables prévus à l’îlot Saint-Vincent-de-Paul et aux 285 logements réservés à une population étudiante de l’UTILE Saint-Sacrement présentement en construction.
« On construit une ville pour les jeunes, on construit une ville pour les aînés, on construit une ville pour ceux qui ont moins de revenus : c’est ça qu’on a envie de fêter », a affirmé le maire dans une vidéo pour souligner l’anniversaire de son élection.
«De plus en plus de locataires sont laissés en plan»
La construction résidentielle sous Bruno Marchand a rapproché la Ville de Québec du taux d’équilibre estimé à 3 % d’inoccupation, maintient Québec forte et fière. « C’est vrai que de ce côté-là, le taux d’inoccupation a remonté à Québec, comme dans plusieurs municipalités au Québec », indique pour sa part Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU.
Par contre, elle conserve l’impression que le bilan du maire ressemble « davantage à un bilan sur le marché du logement locatif, sur ce qui se construit ». L’enjeu du logement, poursuit Véronique Laflamme, se traite comme une « question d’offre ».
« Il y a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de mises en chantier, mais, pendant ce temps-là, le coût du loyer dans le marché de Québec a aussi augmenté de façon importante », précise Mme Laflamme. Les données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement montrent que le loyer moyen d’un logement à Québec a bondi de 35 % depuis 2021.
« Une partie importante de cette hausse des loyers vient des logements neufs qui se construisent et qui contribuent à tirer vers le haut le prix des loyers, calcule la porte-parole du FRAPRU. Il n’y a pas suffisamment de logements moins chers et véritablement abordables en construction […] Si nous regardons l’évolution du loyer, nous constatons que de plus en plus de locataires sont laissés en plan par le marché privé et ces gens-là ne peuvent pas non plus se payer bien des loyers qualifiés d’abordables. Au quotidien, les locataires de Québec font face à une détérioration de la situation du logement en termes d’abordabilité. »
Talonner le gouvernement sur ses engagements
Le blâme revient aussi à la Coalition avenir Québec (CAQ) et à ses « logements abordables intermédiaires », précise Véronique Laflamme. « L’administration Marchand est arrivée dans un contexte où le gouvernement caquiste a imposé, sans consultation, des changements dans les politiques en habitation, notamment dans les programmes de financement et de développement des logements sociaux, avance-t-elle. C’est clair que ç’a eu une influence sur la façon de financer les projets de logements sociaux et sur le type de logements sociaux et abordables que la Ville a réalisés sur son territoire. »
Si le FRAPRU a un souhait pour l’avenir, c’est que Bruno Marchand affiche de plus grandes ambitions en matière de logements à la portée des bourses plus dégarnies et qu’il talonne le nouveau gouvernement afin qu’il respecte ses engagements.
« Nous souhaitons que le maire soit très audible auprès du nouveau premier ministre pour qu’il tienne parole et mette fin aux logements abordables intermédiaires. Le Parti québécois parle de 20 000 logements sociaux financés dans le prochain mandat, conclut Véronique Laflamme. La Ville pourrait revoir en conséquence, aussi, ses demandes. »
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