Resident Evil par le réalisateur d'Évanouis : pourquoi vous ne verrez aucun personnage iconique de la saga horrifique dans le nouveau film ?

Moins de cinq ans après la tentative de Johannes Roberts, "Resident Evil" s'offre un nouveau reboot, sous la houlette de Zach Cregger, réalisateur de "Barbare" et "Évanouis", qui n'adapte aucun épisode précis de la saga horrifique née en 1996.

Par Maximilien Pierrette
Ça parle de quoi ?
Bryan, coursier médical, s'engage dans une course effrénée pour survivre, alors qu'autour de lui le monde s'enfonce dans un chaos total.
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Qu'il fait bon être fan de Resident Evil en cette année 2026, car la saga horrifique fête ses 30 ans d'existence en grandes pompes : sur consoles déjà, avec un nouveau jeu qui orchestre le retour de l'iconique Leon S. Kennedy aux affaires et nous ramène dans les ruines de Raccoon City ; et dans les salles obscures, qui nous offrent un second reboot, après celui réalisé par Johannes Roberts en 2021, qui faisait lui-même suite aux films réalisés par Paul W.S. Anderson, suppléé par Alexander Witt et Russell Mulcahy sur les épisodes 2 et 3.
Confié à Zach Cregger, promu nouveau prodige de l'horreur grâce à Barbare et - surtout - Évanouis, le Resident Evil adopte une approche différente de celle de ses prédécesseurs : si l'on pouvait croiser Jill Valentine, Barry Burton, Albert Wesker ou encore Claire et Chris Redfield, les films portés par Milla Jovovich n'étaient pas étouffés par leur fidélité au matériau de base, même s'ils possédaient, comme les jeux, des éléments de séries B et Z. Intitulé Bienvenue à Raccoon City, le premier reboot se voulait quant à lui plus proche de son modèle, en ne lésinant par sur les références, mais se révélait finalement plus fade.
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Chez Zach Cregger, les choses se passent autrement : si le récit co-écrit avec Shay Hatten se déroule en marges des événements des deuxième et troisième jeu, il n'en est pas une adaptation à proprement parler. Ne vous attendez donc pas à croiser Leon S. Kennedy, Jill ou Claire, ou même le Némésis. Et encore moins à visiter le commissariat de Raccoon City. "Si j'avais cherché à re-raconter une histoire que les jeux avaient déjà racontée, en utilisant ses personnages et me calquant sur son rythme, je pense que je n'aurais pas fait un bon film", nous répond le réalisateur.
"Car j'aurais été contraint par les étapes de leur histoire. Ce n'est pas une question d'être un meilleur scénariste qu'eux ou non, cela tient au fait que cela m'empêcherait de créer ma propre chose. Et que je ferais forcément quelque chose de mal, à un moment ou un autre : engager quelqu'un que le public n'aimerait pas trop, être obligé de changer un dialogue... Ce serait décevant. Ayant joué aux jeux et compris leur essence, il me semblait mieux de chercher à raconter une histoire qui se déroule dans le même univers et vous offre la même sensation que lorsque vous jouez."
"Si j'avais cherché à re-raconter une histoire que les jeux avaient déjà racontée, je pense que je n'aurais pas fait un bon film"
"Ce mélange d'horreur et de survie, cette peur, cette gestion des ressources... Tout en utilisant le langage visuel des jeux. Le virus-T [à l'origine de la première épidémie dans la franchise, ndlr], Umbrella Corporation ou Raccoon City en font partie, mais je voulais rester à l'écart des histoires existantes, car essayer de tout regrouper, c'était ouvrir la porte à toutes sortes de complications et de ratés, et au fait de porter mon attention sur les mauvaises choses. Réussir à raconter une histoire indépendante, qui se suffit à elle-même, me semblait être un point de départ plus sain."
Le mot clé est là : "essence". Un terme qui fait que vous aurez peut-être l'impression de ne pas être devant un film Resident Evil par moments... tout en ayant le sentiment que si. Lorsque Zach Cregger suit le personnage joué par Austin Abrams (déjà dans Évanouis) de dos quand il marche, et ce dès la scène d'ouverture. Quand il utilise la vue à la première personne lorsqu'une porte s'ouvre sur une pièce dont on ne connaît pas le contenu. Ou laisse une machine à écrire [synonyme de point de sauvegarde dans les jeux, ndlr], accroche un fusil au mur [comme dans le premier épisode, ndlr] ou cache une boîte de cartouches verte, facilement identifiable par les joueurs, dans un tiroir, lieu très prisé lorsqu'il s'agit de tenter d'enrichir son arsenal.
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Adapter, c'est trahir, dit l'adage. Et Zach Cregger semble l'avoir compris, ce qui peut lui permettre de plaire aux novices comme aux fans les plus hardcore de Resident Evil, saga dont on semblait retrouver des traces dans ses films précédents, qu'il s'agisse du récit enchâssé d'Évanouis faisant écho à la structure narrative du deuxième jeu, où l'on peut incarner deux personnages dont les chemins se croisent par moments, ou de la progression de Barbare, qui rappelle le premier opus, où l'on passe d'un manoir truffé de zombies à un laboratoire souterrain high-tech plein de créatures beaucoup plus terrifiantes.
Est-ce une vue de notre esprit, ou faut-il voir en Resident Evil l'un des influences du cinéaste ? "Je pense que oui ! Il y a des moments de Barbare que je dois sans doute, inconsciemment, à Resident Evil. Quand l'héroïne se déplace dans ce couloir sombre et avance lentement en sachant que quelque chose va apparaître, avec le caméra qui épouse son point de vue. Donc ça m'a probablement inspiré, oui." Mettre un pied à Raccoon City lui a ainsi permis de boucler une boucle, et bel et bien confirmer son statut de nouveau grand nom de l'horreur.
Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Paris le 3 septembre 2026
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