Mobilisation des élèves : que pensent donc les organisations jeunesse des différents partis ?

Guerres, réchauffement climatique, développement exponnentiel de l’intelligence artificielle : au-delà des préoccupations liées à l’enseignement, cette génération se voit aussi comme une génération sacrifiée. En ce sens, Alice Verlinden, présidente nationale de RedFox, groupe jeunesse du PTB, analyse la démonstration de colère de ces dernières semaines comme une réponse aux politiques actuelles : "La colère, elle est causée en premier lieu par le monde dans lequel ils grandissent, par les mesures du gouvernement MR-Engagés, par le minerval qui explose à 1200 euros, par les abonnements TEC". Un manque d’investissement dans les services publics et dans l’avenir des jeunes, alors que de l'autre côté, le choix est pris de "ne pas taxer les plus riches, et d’investir des milliards dans des avions de chasse et dans la guerre".
Ces choix budgétaires risquent d’accentuer la peur des jeunes face à l’avenir, ajoute aussi Brieuc Schaaf, le représentant des jeunes socialistes : "L’avenir fait peur, d’autant plus qu’aujourd’hui, le gouvernement, les gouvernements en Belgique décident de faire payer les trous budgétaires à la jeunesse et ça engendre une colère, et cette colère, il faut pouvoir l’entendre, et apporter des réponses concrètes". Une situation psychologique délicate alors que près d’un jeune sur quatre présente un trouble anxieux et ou dépressif contre 17% pour l’ensemble de la population.
Mouad Benameur, co-président Ecolo J, partage ces inquiétudes et remet en question le choix de faire peser les efforts budgétaires sur les jeunes : "Je pense qu’aller chercher de l’argent dans les poches des jeunes, c’est quand même très compliqué".
Alors que les manifestations se multiplient, la place des organisations de jeunesse et des mouvements politiques dans la mobilisation soulève également des questions. La présidente nationale de RedFox, défend le rôle de soutien que peuvent jouer les mouvements de jeunesse politique, tout en insistant sur l’autonomie des élèves dans leur mobilisation : "Ils n’ont pas besoin de nous pour s’organiser, pour avoir des actions, pour débattre dans leurs écoles, pour s’informer sur les mesures, pour trouver des manières de s’organiser dans leurs écoles, en comité d’élèves, pour s’organiser, même face à la police, etc."
Pour Mouad Benameur, co-président Ecolo J, rappelle que la place des élèves dans le débat politique constitue elle-même un enjeu : "C’est aussi notre rôle de pouvoir amener un discours envers le politique et donc de pouvoir former ces gens-là au niveau des discours politiques".
Noha Devillers, président de Génération Engagée, partage le constat d’une jeunesse insuffisamment représentée dans les institutions politiques. Pour lui, les manifestations doivent aussi permettre aux jeunes de prendre davantage part aux décisions qui les concernent : "Je pense qu’il y a un vrai sentiment aujourd’hui que la jeunesse n’est pas assez écoutée, représentée. […] Notre ambition, elle est claire, refaire rentrer la jeunesse dans le jeu démocratique. Et faire de ces manifestations, pas juste des forces d’opposition, mais des forces de proposition".
► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette discussion dans le podcast de Matin Première.
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