Procès en Irak de jihadistes présumés: un Franco-Algérien auditionné exprime ses regrets

Ce lundi 5 octobre, 11 jihadistes présumés français détenus en Irak ont été présentés devant la cour criminelle de Bagdad. Pour sept d’entre eux, il s’agissait d’audiences préliminaires pour présenter les charges retenues contre eux et désigner des avocats commis d’office. Trois autres ont vu leur audience être reportée faute de temps. Mais une audience a permis pour la première fois à un accusé de s’exprimer devant une cour, après huit ans de détention en Syrie, puis en Irak.
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Franco-algérien, l’accusé s’exprime, à sa demande, en arabe face au juge. Une question après l’autre, il retrace son parcours. Touché par les images de la Syrie en guerre, il s’est laissé convaincre par un recruteur français de s’y rendre en 2013. « Mais vous n’êtes pas syrien, personne ne vous a demandé de l’aide », l’interpelle le juge. « Je voulais les soutenir parce qu’ils étaient musulmans », répond le détenu de 32 ans.
À son arrivée, il découvre des groupes sunnites divisés et il prête finalement allégeance à l’organisation État islamique, après la proclamation du califat en 2014, précise notre correspondante à Bagdad, Marie-Charlotte Roupie.
Selon les documents de l’enquête présentés, il a été comptable, récitait des prières dans une mosquée, puis prélevait des taxes. L’accusé reconnaît et affirme avoir voulu s'éloigner au fil des années, face aux violences et conversions forcées, sans y parvenir.
L'homme encourt jusqu'à la peine de mort
« Pour appartenance à l’État islamique, vous plaidez coupable ou non coupable ? », interroge le juge. « Coupable », répond l’accusé. Puis, il présente ses excuses à ses enfants, victimes de ses décisions, et regrette d’avoir été membre d’une organisation responsable d’atrocités.
Son avocat commis d’office plaide, lui, la relaxe, faute de preuves de faits commis en Irak. Le verdict est attendu à la fin du mois d'octobre. Il encourt jusqu’à la peine de mort, selon la loi antiterroriste irakienne.
Vendredi, les avocats parisiens de cette trentaine de Français, détenus en Irak pour jihadisme, ont dénoncé leur impossibilité d'assister leurs clients lors des premiers procès, après avoir été « interdits de territoire » ; la justice irakienne leur reprochant des propos tenus dans la presse en début d'année, quand ils avaient dénoncé « des traitements inhumains » sur les Français incarcérés.
Les tribunaux irakiens ont déjà prononcé des centaines de condamnations à mort ou à l'emprisonnement à perpétuité à l'encontre de personnes reconnues coupables de terrorisme, y compris des centaines de combattants étrangers, parfois arrêtés en Syrie puis transférés en Irak.
En 2019, la justice irakienne a condamné à mort 11 Français, dont la peine a été commuée, en appel, en prison à perpétuité.
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