«C’est pour nous chasser définitivement»: en Cisjordanie occupée, Masafer Yatta face à la violence qui s’intensifie

L’ONU a alerté vendredi 11 septembre sur l’accélération des déplacements forcés en Cisjordanie occupée et sur la destruction, en seulement deux jours, de trois communautés palestiniennes à Masafer Yatta. Une soixantaine de personnes, dont la moitié sont des enfants, ont été sommées de partir. Cette région du sud de la Cisjordanie, près d’Hébron, est en grande partie classée par Israël comme zone militaire destinée à l’entraînement de son armée.
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Avec notre envoyée spéciale à Khirbet al-Fakhit, Manon Chapelain
À Khirbet al-Fakhit, il ne reste qu’un amas de tôles, de parpaings brisés, de vêtements et de jeux pour enfants. Des bulldozers israéliens sont arrivés dans la matinée pour raser la totalité des bâtiments. « Ils n’ont laissé ni les enclos à moutons, ni les panneaux solaires, ni les puits, ni les maisons », raconte Heissa. « Ce qui se passe est désormais clair : ils cherchent à nous déplacer de cette région. Mais ce sont nos terres. Nous y resterons, même si nous devons dormir par terre », assure-t-il.
Depuis des décennies, les habitants palestiniens de Masafer Yatta sont confrontés à des ordres de démolition, à des restrictions de construction et au risque d’expulsion. Dans le même temps, les colonies et avant-postes israéliens se sont développés dans les environs.
Des familles désormais sous tente
Depuis les destructions, une trentaine de personnes ont monté des tentes pour se mettre à l’abri. Samira tente de rassurer ses deux filles. « C’est pour nous chasser définitivement de chez nous, c’est tout. Ils provoquent les gens, ils les poussent à bout, uniquement pour nous faire partir », confie-t-elle.
Israël justifie la destruction de ces bâtiments par leur emplacement dans une zone militaire fermée, destinée à l’entraînement de l’armée. En mai dernier, la Cour suprême israélienne avait pourtant suspendu la démolition des bâtiments visés dans ce village.
« Ils déplacent des Palestiniens qui vivent dans cette région depuis des centaines d’années », affirme Nidal Younes, chef du conseil local de Masafer Yatta. Il souligne également que « treize avant-postes de colonies israéliennes ont par ailleurs été établis ici au cours des trois dernières années » et que ces avant-postes comptent parmi ceux où vivent « les colons les plus extrémistes et les plus violents ».
Selon l’ONU, 23 Palestiniens ont été tués et plus de 1 100 blessés en Cisjordanie occupée dans le contexte d’attaques de colons depuis le début de l’année.
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