Sud-Liban: à Zaoutar el-Gharbiyeh, les élections israéliennes «ne concernent pas» les habitants

Alors que le dépouillement des urnes était toujours en cours en Israël, le Premier ministre sortant Benyamin Netanyahu était au coude-à-coude avec son rival d'opposition Gadi Eisenkot. Tous deux sont jusque-là loin d’obtenir la majorité des votes à la Knesset, le Parlement israélien. Au Liban voisin, où Israël occupe 6 % du territoire dans le sud, pour se tailler une zone tampon en rasant de la carte des villages entiers au nom de la lutte contre le Hezbollah, les habitants ne voient pas ce que ce scrutin pourrait changer pour eux.
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Avec notre correspondante de retour de Zaoutar el-Gharbiyeh, Sophie Guignon
C'est l’un des villages du Sud-Liban faisant partie des trois zones pilotes établies fin juillet dans la foulée de l’accord-cadre entre le Liban et Israël conclu le 26 juin. L’armée israélienne s’est retirée de ces zones et l’armée libanaise s’y est déployée.
À Zaoutar el-Gharbiyeh, la moitié du village a été complètement détruite, l’autre partiellement. Même la municipalité n’a pas été épargnée. Le maire Abed Ezzedine, élu du mouvement chiite Amal, reçoit dans un préfabriqué.
« Ces élections en Israël ne nous concernent pas. Peu importe qui est élu, ça ne changera rien pour nous. Depuis notre enfance, nous avons grandi avec les mêmes problèmes. Ça a toujours été pareil avec Israël, peu importe qui est au pouvoir, qui perd ou gagne une élection ».
« Cela ne va rien changer pour nous »
L’approche de Tel-Aviv sur le Liban ne devrait pas changer. Benyamin Netanyahu pourrait même être tenté de lancer une nouvelle guerre pour sortir d’une impasse politique. Et Gadi Eisenkot, ancien général de l’armée, est l’artisan de la doctrine Dahieh qui vise à infliger des destructions disproportionnées au mépris du droit international.
Depuis la place centrale du village, Salim Zeineddine observe les zones occupées à quelques centaines de mètres seulement : « Cela ne va rien changer pour nous. C’est la même chose, ils ont la même mentalité. Nous ne voulons pas vivre dans un pays occupé avec un peuple réduit en esclavage. Nous voulons pouvoir vivre avec Israël, chacun de son côté, mais à condition que chacun puisse vivre dans la dignité ».
Mais ce scénario semble aujourd'hui loin d’être d’actualité.
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