Le Congrès américain adopte de nouvelles sanctions contre la Russie, New Delhi défie les menaces tarifaires

Les États-Unis ont adopté la nuit du 16 au 17 septembre 2026 de nouvelles sanctions contre la Russie. Après les sénateurs au mois d'août, ce sont les députés qui ont voté le texte qui contient notamment des sanctions renforcées contre la flotte fantôme russe. Satisfaction du président ukrainien ce matin qui salue cette adoption « symbolique » au moment où Kiev a de nouveau été visé par des frappes russes.
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À Washington, l'issue du vote à la Chambre a été longtemps incertaine, des élus démocrates étant réticents à donner les coudées franches à Donald Trump sur les surtaxes douanières, craignant des conséquences économiques pour les États-Unis. Le texte qui a finalement été adopté par 262 députés contre 159, doit encore être signé par le président américain.
Il constitue la première action de taille du Congrès américain contre Moscou depuis le retour au pouvoir du président républicain en janvier 2025. Les sanctions adoptées par le Congrès américain ciblent des personnalités, des entités et en particulier le secteur énergétique russe. La flotte fantôme, ces pétroliers qui continuent d'acheminer leurs cargaisons malgré la guerre contre l'Ukraine, est particulièrement visée.
« Nous continuerons à nous approvisionner en pétrole »
Le texte donne surtout le pouvoir à Donald Trump d'imposer des droits de douane pouvant aller jusqu'à 100 % aux pays importateurs de gaz et de pétrole russes. Il s'agit notamment de la Chine et de l'Inde. New Delhi a réagi ce jeudi matin : « Nous continuerons à nous approvisionner en pétrole, en diversifiant nos sources, et en fonction de l'évolution du marché. » Autrement dit : rien ne change. Les chiffres le confirment. En juillet, l'Inde a battu son record, 2,8 millions de barils de brut russe par jour, c’est plus de la moitié de ses achats. Le mois dernier le volume est retombé à 2,1 millions de barils.
Le ton tranche avec la prudence habituelle de la diplomatie indienne, pointe notre correspondant à New Delhi, Abdoolah Earally. On sent, dans la capitale, une lassitude, après 18 mois de menaces commerciales de Donald Trump. Dans son communiqué, la diplomatie indienne rappelle sa priorité : la sécurité énergétique pour 1,4 milliard d’Indiens.
La Russie reste son premier fournisseur, loin devant les Émirats et l'Arabie saoudite. New Delhi souligne aussi que ce dossier a été discuté à haut niveau avec les Américains ces derniers mois. Elle ajoute que les sanctions tarifaires américaines contre elle perturberaient le marché mondial de l'énergie, et la relation entre les deux pays. Pour la presse indienne, c’est un avertissement.
Le Kremlin a averti jeudi que les nouvelles sanctions approuvées la veille par le Congrès américain, qui visent les exportations d'hydrocarbures de la Russie et ses clients, vont « compliquer » les efforts diplomatiques pour trouver une issue à la guerre en Ukraine.
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