Congo-B: des organisations pointent les dégâts de l'exploitation pétrolière sur l'environnement

Au Congo-Brazzaville, la Commission Justice et Paix du diocèse de Pointe-Noire alerte sur les conséquences dramatiques de l'exploitation pétrolière sur les cultures des populations riveraines dans le département du Kouilou. En partenariat avec deux instituts de recherche au Congo et avec les organisations Caritas et le CCFD, la Commission a mené l'enquête et a présenté jeudi 17 septembre son rapport au public.
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Des fruits qui tombent avant d'être mûrs ou qui sèchent sur l'arbre… Les premières plaintes recueillies par la commission remontent à il y a une dizaine d'années. Les cultivateurs constataient alors, inquiets, une forte baisse de la productivité dans leurs champs de manioc.
Plus récemment, ce sont les arbres fruitiers, safoutiers, manguiers, bananiers qui sont touchés par de nouvelles maladies. Les fruits sont comme momifiés sur l'arbre.
Les habitants pointent alors du doigt les torchères qui brûlent à l'air libre le gaz rejeté par les compagnies pétrolières des environs. Avec l'Institut pour la recherche agronomique de Loudima et l'Institut pour la recherche forestière (Iref) de Pointe-Noire, la Commission Justice et Paix a donc fait analyser des échantillons prélevés dans les champs de onze villages autour des zones pétrolières de Bondi et Tchiamba-Nzassi, au sud-ouest du pays.
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Et les craintes des riverains se sont confirmées. Les sols, l'eau et l'air sont contaminés aux hydrocarbures, au-delà des seuils fixés par l'Organisation mondiale de la Santé. Depuis, les rapports ont été transmis au gouvernement et aux compagnies concernées : la société nationale SNPC, la française TotalEnergies, l'italienne ENI et la chinoise Wing Wa.
Le torchage du gaz, pratique interdite depuis 2007
La Commission Justice et Paix appelle à créer un fonds d'indemnisation pour les riverains et à mettre fin au torchage du gaz, qui consiste à brûler le gaz issu de l’exploitation pétrolifère, faute d’investissement suffisant pour le réutiliser, est en théorie interdite au Congo depuis 2007. Mais, il y a 20 ans, Brazzaville avait accordé un délai aux entreprises, afin qu’elles puissent se conformer à la loi. En 2022, elles avaient finalement obtenu l’accord pour continuer à « torcher le gaz », sous certaines conditions.
Personne n'a respecté l'interdiction du torchage, parce que le gouvernement lui-même a donné un délai de grâce afin que les entreprises ne torchent plus. Mais ce qui est curieux, c'est que par la suite, le gouvernement a un peu comme autorisé en disant que les compagnies, finalement, peuvent torcher à condition de s'acquitter des pénalités financières. Et donc nous, actuellement, nous demandons que la législation qui interdit le torchage du gaz soit strictement appliquée. Aussi, nous pensons que le gouvernement devrait, puisqu'il y a des projets d'investissement dans le gaz naturel liquéfié (GNL), utiliser ce gaz autrement que de le brûler. Et, sur le plan de la santé humaine, nous interpellons le gouvernement afin que des études soient réalisées sur la population humaine, qui est riveraine des installations pétrolières dans la zone du Kouilou.
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Brice Mackosso secrétaire permanent de la Commission Justice et Paix de Pointe-Noire
« Personne n'a respecté l'interdiction du torchage, parce que le gouvernement lui-même a donné un délai de grâce afin que les entreprises ne torchent plus. Mais ce qui est curieux, c'est que par la suite, le gouvernement a un peu comme autorisé en disant Les compagnies, finalement, peuvent torcher à condition de s'acquitter des pénalités financières », développe Brice Mackosso, secrétaire permanent de la Commission Justice et Paix de Pointe-Noire.
Ce pourquoi il demande aux autorités d'appliquer la législation de 2007. « Aussi, nous pensons que le gouvernement devrait utiliser ce gaz plutôt que de la brûler », conseille Brice Mackosso. Tout en appelant à de nouvelles études sur les conséquences de la pratique, il propose également un dialogue entre société civile, autorités et compagnies pétrolières.
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