Maintenant armés, les contrôleurs routiers reprennent progressivement les patrouilles

Après la suspension de leurs patrouilles pendant 19 mois, les contrôleurs routiers effectuent un retour graduel dans certains secteurs au Québec depuis mercredi. Ils ont maintenant le droit de porter une arme à feu, après avoir suivi une formation à l'École nationale de police (EPNQ).
En mars 2025, le Tribunal administratif du travail (TAT) avait suspendu les patrouilles, citant notamment des inquiétudes quant à la sécurité des agents.
Les contrôleurs routiers sont exposés à un danger d’agression lors des interventions sur les routes, qui se matérialise, compromet leur sécurité et leur intégrité physique et psychologique et que l’employeur admet ne pas contrôler
, avait indiqué la juge Danielle Tremblay dans sa décision.
Le retour progressif des patrouilles se déroule d'abord dans la région du Bas-Saint-Laurent, sur un territoire compris entre Saint-Anne-des-Monts à l'est, Saint-Fabien à l'ouest et Matapédia au sud.
Sans fournir de date précise pour le retour des contrôleurs sur l'ensemble du réseau routier, la Société de l'assurance automobile (SAAQ) et la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ) affirment dans un communiqué conjoint qu'il sera effectué au courant de l'année 2027
.
Selon le président du FCCRQ, Jean-Claude Daignault, les contrôleurs routiers du poste de Saint-Bruno-de-Montarville, qui couvre notamment la Montérégie et le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que les agents de la Capitale-Nationale seront les prochains à patrouiller leurs régions respectives.
Le cinquième (20 %) des 250 contrôleurs routiers devraient reprendre leurs tâches de patrouille d'ici la fin de l'année, selon lui.

Jean-Claude Daignault est le président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Michel Riverin
Mission accomplie
Pour Jean-Claude Daignault, le retour de contrôleurs armés répond à un besoin exprimé depuis plus de quatre décennies et permettra d'améliorer leur sentiment de sécurité.
On se retrouvait à intercepter des véhicules qui appartenaient à des groupes criminels et qui transportaient des produits criminels. Ça nous mettait en danger
, explique-t-il en entrevue avec Radio-Canada.
La demande de port d'arme ne date pas d'hier, mais elle s'est intensifiée à la suite d'agressions envers des agents. Nous, on est le seul corps d’agents de la paix au Québec qui n'est pas armé, mais on est aussi les seuls qui font à peu près 100 000 interventions sur les routes
, avait déclaré M. Daignault en 2024.
Avant de pouvoir patrouiller avec une arme, les contrôleurs routiers doivent suivre une formation en intervention avec arme à feu de l'ENPQ d'une durée d'environ deux semaines.
Les contrôleurs routiers vont aussi jouir [d']un accès élargi
au Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ), une banque de données regroupant plusieurs informations, parfois confidentielles, entre autres sur les plaques d'immatriculation, l'identité d'une personne et les véhicules volés.
Une autre décision qui réjouit le président de leur syndicat. Il [l'accès] permettra d'assurer une meilleure protection lors de nos interventions et renforcera la sécurité de l'ensemble des usagers de la route
, avance M. Daignault.
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Une absence remarquée
L'absence de près d'un an et demi des patrouilleurs sur les routes du Québec a cependant causé une chute évidente du nombre de constats d'infraction.
En juin dernier, Radio-Canada rapportait que le nombre de constats visant les véhicules lourds avait fondu de moitié entre 2024 et 2025. Les infractions concernant la circulation et la signalisation avaient respectivement chuté de 82 % et de 87 %.
Il est important de noter que le mandat particulier des contrôleurs routiers concerne exclusivement les camions, les taxis, les autobus scolaires et nolisés ainsi que les véhicules commerciaux – comme ceux des livreurs.
Pendant la suspension des patrouilles, les agents étaient confinés à leur poste de contrôle routier, souvent situé en marge d'autoroutes ou d'artères importantes. En temps normal, les contrôleurs ne passent que 30 % de leur temps dans ces postes.

Les contrôleurs routiers du Québec ont été cloués à leur poste de contrôle pendant 19 mois. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick André Perron
Le retour sur la patrouille est essentiel pour augmenter la sécurité routière de tout le monde
, affirme Jean-Claude Daignault.
Leur retour semble déjà porter fruit, puisque mercredi, avec seulement quatre patrouilleurs en activités, une douzaine de constats d'infraction ont été distribués dans la région de Rimouski.
Leur absence aurait même été remarquée dans les coffres de l'État. Selon les estimations avancées par le président du syndicat, le gouvernement québécois aurait perdu près de 15 millions de dollars pendant la suspension des patrouilles.
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