Montres connectées, vidéos… : ces nouvelles distractions qui inquiètent sur nos routes


Journaliste à la Rédaction générale
Suivre Sudinfo sur GoogleWilliam le reconnaît volontiers : « Oui, il m’arrive de dévier un peu de ma trajectoire avec la voiture. Mais je reste attentif ». Depuis presque dix ans, ce jeune trentenaire utilise une montre connectée, y compris au volant. « J’ai limité les notifications aux mails, à WhatsApp, aux messages et au téléphone. L’idée est de ne pas être pollué par des app qui ne servent à rien », dit-il. Et donc, il consulte sa montre en roulant : « Cela me permet de voir en un coup d’œil si un message est intéressant ou pas, ou s’il est urgent ». Via une manipulation, il peut faire défiler une partie du texte.

William n’est pas un cas isolé. « Près d’un automobiliste wallon sur six (17 %) porte désormais une montre connectée. Parmi eux, 42 % déclarent qu’il leur arrive de l’utiliser au volant, notamment pour lire des notifications ou des alertes (22 %) ou pour accepter, rejeter un appel ou sélectionner une réponse prédéfinie (20 %) », explique Belinda Demattia, porte-parole de l’Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR).

« L’usage d’une montre connectée au volant n’est pas anodin »
« L’usage d’une montre connectée au volant n’est pas anodin. L’attention est détournée par un écran, comme pour le smartphone. Certains sous-estiment les risques. La police peut d’ailleurs verbaliser lorsque l’on clique sur cet écran », souligne notre interlocutrice. Le code de la route stipule qu’un appareil électronique muni d’un écran ne peut être manipulé que s’il est placé dans un support fixé à la voiture et prévu à cet effet. Le poignet humain ne correspond pas à cette définition.
Inspecteur principal à la police locale de Nivelles, Maxime Peters reconnaît que c’est plus compliqué de contrôler l’usage d’une montre connectée par rapport au smartphone, rien n’interdisant de regarder l’heure à son poignet. « Plutôt que l’article 8.4 sur le GSM, on peut utiliser le 8.3. Il précise que le conducteur doit rester constamment maître de son véhicule au niveau des manœuvres à effectuer. C’est aussi une infraction du 3e degré avec le même montant », indique le policier. Le principe est alors de vérifier si le style de conduite et l’attention du conducteur sont impactés par la distraction.
L’AWSR a mené une enquête auprès des automobilistes wallons : 42 % ont déjà été confrontés à une situation dangereuse après avoir utilisé leur téléphone au volant. Le phénomène est encore plus marqué chez les 18-34 ans : près de 2 sur 3 (65 %) ont déjà vécu ce type de situation, contre 1 sur 4 (25 %) chez les 55 ans et plus. Parmi les situations rencontrées, certaines concernent directement la maîtrise du véhicule : environ un automobiliste sur quatre (26 %) déclare ainsi avoir involontairement dépassé la vitesse autorisée ou avoir dévié de sa trajectoire (22 %).
Un boîtier pour regarder des vidéos
Très préoccupant, un Wallon sur dix reconnaît s’être équipé d’un boîtier donnant à accès à des applications vidéo ou de divertissement sur l’écran de leur véhicule, y compris pendant la conduite. En clair, il est possible de suivre du foot sur sa console centrale ou de surfer sur YouTube et autres. « Certains diront qu’ils n’écoutent que le match. Mais les images sont à disposition. Ils seront tentés de regarder s’il y a un goal. Certains boîtiers sont même compatibles avec l’IPTV », souligne Belinda Demattia. Ici aussi, un policier peut utiliser l’article 8.3 pour sanctionner.
Qu’il s’agisse d’un smartphone, d’une montre ou d’un boîtier, la tendance est particulièrement marquée chez les plus jeunes, qui sont plus nombreux à s’équiper et à utiliser ces technologies en conduisant.
Utiliser son téléphone au volant peut perturber la perception de ce qui se passe autour de soi : 19 % des automobilistes avouent ne pas avoir immédiatement remarqué qu’un feu était passé au vert et 13 % avoir manqué une priorité ou un panneau. Plus inquiétant : ils sont 8 % à déclarer ne pas avoir remarqué la présence d’un autre usager, entraînant une situation de quasi-accident.
Pour rappeler les risques liés à la distraction sur la route, l’AWSR lance une nouvelle campagne de sensibilisation avec notamment le message qu’à 120 km/h, lire une notification sur son téléphone portable représente environ 200 mètres parcourus à l’aveugle.
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