Robotaxis Tesla : Elon Musk avoue ce qui les empêche de rouler plus tard le soir

Elon Musk reconnaît que les Robotaxis Tesla peinent à repérer des animaux la nuit. Le service d’Austin ne roule que jusqu’à 23 heures.
Les Robotaxis de Tesla ont du mal à repérer certains animaux la nuit, et c’est ce qui limite leurs horaires. L’explication vient d’Elon Musk lui-même qui l’a précisé vendredi 2 octobre, au moment où le service d’Austin, au Texas, passait de 22 heures à 23 heures.
Une heure de plus à Austin, mais moins qu’au lancement
Le compte officiel Robotaxi a annoncé que le service était désormais disponible jusqu’à 23 heures. Elon Musk a relayé l’annonce en précisant ce qui retient Tesla : « Le principal problème que nous essayons de résoudre, c’est de nous assurer de ne pas écraser d’animaux de compagnie quand ils sont difficiles à voir la nuit. Nous essayons littéralement d’éviter des chatons gris sur du bitume gris, dans le noir. »
Robotaxi operating hours moved from 10pm to 11pm.
The main thing we’re trying to solve is making sure that we don’t run over pets when they’re hard to see at night. Literally trying to avoid grey kittens on grey tarmac in the dark.
— Elon Musk (@elonmusk) October 3, 2026
Au lancement, en juin 2025, Electrek rappelle que l’application acceptait les demandes de 6 heures à minuit. Le service ferme donc une heure plus tôt qu’à ses débuts.
Pourquoi la nuit pose-t-elle problème à des caméras ?
Une caméra ne détecte un objet que grâce à la lumière qu’il renvoie et à son contraste avec le décor. Un animal gris sur une chaussée grise, de nuit, offre très peu des deux. Un lidar fonctionne autrement : il envoie ses propres impulsions laser et mesure leur temps de retour, ce qui donne une distance et une forme en 3D, de jour comme de nuit. Un radar fait un travail comparable avec des ondes radio.
Tesla n’utilise que des caméras. Il a retiré le radar de ses voitures en mai 2021, les capteurs à ultrasons en 2022, et n’a jamais proposé de lidar. Waymo, son concurrent, équipe sa sixième génération de 13 caméras, 4 lidars et 6 radars. Ses quelque 4 000 véhicules sans conducteur circulent 24 heures sur 24.
Des déclarations qui ont changé avec le temps
Elon Musk a longtemps défendu le tout-caméra. En 2019, il jugeait le lidar « voué à l’échec » et prédisait que ceux qui s’y fiaient étaient condamnés. En 2022, il le décrivait comme une fausse bonne idée : séduisante, mais qui détourne de la vraie solution, selon lui, des réseaux de neurones et des caméras. En août 2025, il affirmait que le lidar et le radar rendaient la conduite moins sûre, parce que leurs informations peuvent entrer en conflit avec celles des caméras. En mai 2026, il publiait une image issue des caméras de Tesla, avec ce commentaire : « Voilà pourquoi le FSD de Tesla voit si bien la nuit ou malgré un fort éblouissement. » Cinq mois plus tard, éviter les animaux dans le noir est devenu le principal défi.
The human-perceived RGB is image 1 and the Tesla AI photon count reconstruction is image 2.
This is why Tesla FSD can see so well at night or through extreme glare. https://t.co/ttBMzgpJtd
— Elon Musk (@elonmusk) May 9, 2026
La NHTSA, le régulateur américain, a d’ailleurs ouvert une enquête sur 3,2 millions de Tesla après des accidents du FSD dans des conditions de faible visibilité. Elle a réclamé un document interne intitulé « Radar Saves Us » (« le radar nous sauve »).
À noter, aucun système n’est infaillible : Waymo a écrasé un chat de bodega à San Francisco en octobre 2025. Selon la société, l’animal s’était glissé sous la voiture au moment où elle démarrait.
Et en Europe, pas de vote avant décembre
Les mêmes caméras équipent les Tesla vendues en Europe, où se joue l’avenir du FSD Supervised, un système d’aide à la conduite de niveau 2 dans lequel le conducteur reste responsable. Ce n’est pas le système des Robotaxis d’Austin, mais le choix du tout-caméra est le même.
Tesla espérait un vote à l’échelle de l’Union européenne le 6 octobre. Le comité technique des véhicules à moteur se réunit bien ce jour-là, mais son ordre du jour ne prévoit que 25 minutes de discussions, sans vote. Le comité ne se réunit ensuite qu’en décembre. Pour obtenir l’aval de l’Union, Tesla devra rallier au moins 15 États membres sur 27, représentant 65 % de la population. Huit pays ont déjà approuvé le FSD, dont la Croatie depuis le 29 septembre, mais ni l’Allemagne, ni l’Italie, ni l’Espagne, ni la France, qui a seulement entrouvert la porte avec des essais sur route. Ces quatre pays pèsent à eux seuls environ 58 % de la population européenne.
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