Le Bloc présente une candidate pour souligner le « déficit d’autorité morale de Carney »

Le Bloc québécois estime que le gouvernement Carney bafoue les valeurs canadiennes au nom de la guerre commerciale avec les États-Unis. Le parti souverainiste veut donc en faire un enjeu de la prochaine vague d'élections partielles en présentant une militante des droits de la personne dans la circonscription montréalaise de Laurier–Sainte-Marie.
L’ex-vice-présidente du Congrès mondial ouïghour Zumretay Arkin va défendre les couleurs bloquistes au scrutin qui devrait être déclenché d'ici la fin du mois. Le chef, Yves-François Blanchet, espère ainsi mettre en lumière ce qu'il appelle le déficit d’autorité morale du gouvernement Carney
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Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Keito Newman
Le leader bloquiste dénonce les alliances que le premier ministre tente de conclure avec des pays qu’il juge peu scrupuleux du respect des droits de la personne, en citant le dernier voyage de Mark Carney en Turquie.
Ils se sont collés sur la Chine, après ça, ça a été l’Arabie saoudite [...] et maintenant la Turquie.
Le récent tête-à-tête à Ankara entre Mark Carney et le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, soulève des questions morales, selon le parti souverainiste.
La guerre tarifaire ne doit pas être un prétexte à n'importe quoi. Quand monsieur Carney serre la main d'un gars comme Erdogan, c'est tous les principes et toutes les valeurs du Québec et du Canada qui prennent le bord
, affirme le député du Bloc québécois Alexis Brunelle-Duceppe, en entrevue à Radio-Canada.

Le premier ministre Mark Carney et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ont officiellement lancé les négociations pour conclure une entente de libre-échange lors d'un tête-à-tête à Ankara.
Photo : La Presse canadienne / Yavuz Ozden
Avec la candidature de Zumretay Arkin, le parti veut aussi dénoncer les rapprochements de Mark Carney avec le président chinois. Deux jours avant son discours à Davos, il serrait la main de Xi Jinping. [...] Il faut commencer à s'inquiéter de façon assez importante
, ajoute le député bloquiste de Lac-Saint-Jean.
En janvier dernier, Mark Carney a effectué la première visite officielle d'un premier ministre canadien en Chine depuis 2017, bien que le Canada fasse partie des pays qui ont ouvertement accusé Pékin de commettre un génocide contre la minorité ouïghoure dans la région du Xinjiang.
L'engagement, ce n'est pas l'approbation
Questionné par les journalistes lors de son passage dans la métropole turque cette semaine, le premier ministre Carney a défendu ses démarches. L'engagement, ce n'est pas l'approbation. Il y a une différence entre les deux
, a-t-il répondu.
Mark Carney argue qu'il est plus facile de soulever des questions difficiles quand une relation de confiance est établie avec un leader, quel qu'il soit : Et c'est grâce à notre engagement qu'on peut soulever des questions directement aux autorités concernées.
Trois sièges vacants et convoités au Québec
Les électeurs québécois devront bientôt se rendre aux urnes dans trois circonscriptions. Des élections partielles seront déclenchées dans les circonscriptions montréalaises de Laurier–Sainte-Marie et de Rosemont–La Petite-Patrie, et dans le comté de Saint-Hyacinthe–Bagot–Acton.
La circonscription de Laurier–Sainte-Marie est vacante depuis que l'ancien ministre Steven Guilbeault a claqué la porte du Parti libéral du Canada en raison de profonds désaccords avec les politiques environnementales de Mark Carney.

Steven Guilbeault, ancien ministre fédéral de l’Environnement, a démissionné de son poste de député en juin dernier. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Outre la candidate bloquiste Zumretay Arkin, la néo-démocrate Nimâ Machouf tentera aussi de ravir la circonscription aux libéraux, qui, eux, n’ont pas encore dévoilé leur candidat.
Dans cette circonscription, Yves-François Blanchet admet que la lutte sera difficile, mais il estime que les électeurs sont disposés à écouter un argumentaire qui va au-delà des questions économiques.
Les deux autres sièges à pourvoir ont été laissés vacants par deux députés fédéraux qui ont fait le saut en politique québécoise. Le néo-démocrate Alexandre Boulerice a été élu sous la bannière solidaire à l'Assemblée nationale, alors que le bloquiste Simon-Pierre Savard-Tremblay est passé au Parti québécois.

Alexandre Boulerice a été assermenté en tant que député de Québec solidaire à l'Assemblée nationale.
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Les néo-démocrates tenteront de conserver la circonscription de Rosemont–La Petite-Patrie dans leur giron en y présentant Pierre Céré, l'ancien coordonnateur du Comité chômage de Montréal.
Le libéral Jean-Sébastien Vallée, qui a été défait à la dernière élection, a décidé de se relancer. Les bloquistes se sont quant à eux tournés vers Alexandre Curzi, le directeur général de l'Union des artistes.
Enfin, dans Saint-Hyacinthe–Bagot–Acton, les libéraux ont recruté l'ancienne députée caquiste Chantal Soucy.
Les conservateurs, de leur côté, ont repêché l'ancien joueur de football des Alouettes de Montréal Luc Brodeur-Jourdain pour les représenter. Et c'est l’ex-directrice générale de la Fédération internationale du lait Caroline Emond qui tentera de conserver la circonscription pour le Bloc québécois.
Les libéraux comptent, par ailleurs, y mener une bataille féroce. Ce ne sera pas facile, mais on a quand même nos chances d’arracher cette circonscription
, a confié une source libérale à Radio-Canada.
Des élections complémentaires doivent aussi avoir lieu en Ontario, dans les circonscriptions de Scarborough-Nord et de Brantford–Brant South–Six Nations, et en Saskatchewan, dans le comté de Yorkton–Melville.
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