Un jour, une carte : les étudiants internationaux se détournent des États-Unis au profit de l'Europe

Pendant plusieurs décennies, le rêve universitaire était surtout anglo-saxon. Aujourd'hui, le curseur se déplace vers l'Europe continentale. Les chiffres définitifs de cette rentrée 2026 ne sont pas encore disponibles, mais plusieurs indicateurs sont déjà parlants.
Aux États-Unis, d'abord. Selon les chiffres officiels du Département d'État américain, le nombre de visas délivrés aux étudiants étrangers payant le plein tarif a chuté de 36% cette année, soit près de 100.000 visas de moins.
Autre indicateur : la Common App, la plateforme de candidature aux universités américaines. Elle enregistre 10% de candidats internationaux en moins pour cette rentrée d'automne. C'est sa plus forte baisse jamais enregistrée.
Et le phénomène ne concerne pas uniquement les Etats-Unis. Selon l'enquête internationale menée par le baromètre spécialisé Studyportals, auprès de 254 établissements dans 36 pays, les autres grandes destinations anglo-saxonnes, comme le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie, perdent elles aussi du terrain.
Le prix pèse dans le choix
Le contexte administratif et politique
L'Asie gagne aussi du terrain
Dans cette nouvelle configuration, plusieurs pays européens tirent leur épingle du jeu, comme l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse, surtout pour les sciences et l'ingénierie. L'Espagne et le Portugal progressent aussi, notamment dans les écoles de commerce.
Pour la Belgique, le tableau est nuancé. La plateforme Studyportals constate un léger recul des recherches sur des universités belges. Mais sur le terrain, la tendance est plutôt positive. A l'UCLouvain, par exemple, la part des étudiants internationaux est passée de 18% à plus de 22% en dix ans.
Mais il ne faut pas regarder uniquement vers l'Europe. L'Asie devient elle aussi une destination universitaire majeure. Elle attire même davantage que l'Europe. Sur Studyportals, les recherches en ligne sur les campus asiatiques ont bondi de 62% en cinq ans, contre 17% pour l'Europe continentale.
Un enjeu économique
Le reflux des profils internationaux a aussi un coût économique pour les pays d'accueil traditionnels. D'après la NAFSA, l'association des éducateurs internationaux, cette réalité pourrait priver les économies locales américaines de 3,4 milliards de dollars et mettre en péril 40.000 emplois.
Soyons clairs : ce ne sont pas les universités les plus prestigieuses qui trinquent. Les universités de l'Ivy League aux Etats-Unis ou l'Université d'Oxford au Royaume-Uni, affichent toujours complet. Ce sont surtout les universités régionales et moins cotées qui sont fragilisées. Selon une estimation du cabinet Huron Consulting Group, près d'un établissement sur quatre risque de fermer ou de fusionner au cours des dix prochaines années.
Pour l'Europe, en revanche, cette nouvelle réalité est une vraie fenêtre d'opportunité. Pour la Belgique aussi. Certes, en Fédération Wallonie-Bruxelles, un étudiant international ne rapporte pas forcément beaucoup à son université. Mais il bénéficie certainement à l'économie de notre région.
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