Serbie: après avoir mené les manifestations anti-corruption, les étudiants présentent leurs listes aux législatives anticipées

Le président serbe Aleksandar Vucic a annoncé des élections législatives anticipées prévues pour le 25 octobre, après des mois de manifestations monstres contre la corruption, entamées il y a presque deux ans après l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad. Cet évènement avait fait 16 morts. Alors que la campagne a débuté, les étudiants, qui ont mené le gros de la contestation, se présentent eux-mêmes aux élections, lassés de la classe politique.
Publié le :
2 min Temps de lecture
De notre correspondant à Belgrade,
Les étudiants auront donc bloqué les universités, organisé des manifestations monstre dans le pays, et maintenant ils participent aux élections.
Si après l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad, c'était d'abord l'opposition démocratique qui avait commencé à manifester, très rapidement, les étudiants avaient repris le flambeau et organisé plus de 19 000 manifestations en 2025. Des manifestations étaient organisées partout, chaque semaine, voire chaque jour pendant une certaine période, même dans les plus petits villages. Cela contre la corruption.
Cette corruption est personnifiée en Serbie par le président Aleksandar Vucic et son régime. On parle du plus grand mouvement de masse de l'histoire de la Serbie. Et à partir du moment où ils avaient réclamé des élections anticipées, les étudiants l'avaient dit : ils participeraient.
Rage envers le pouvoir, méfiance envers l'opposition
La population serbe a perdu confiance dans la classe politique et dans la plupart des institutions. Si le gouvernement est largement détesté, l'opposition ne bénéficie pas de beaucoup plus de crédit.
La liste étudiante n'est d'ailleurs pas composée que d'étudiants : elle compte également des professeurs d'universités, des médecins et quelques autres représentants de la société civile. Elle est vue par beaucoup comme la seule porte de sortie possible pour une Serbie qui alterne les crises depuis l'éclatement de l'ex-Yougoslavie, à la fin du siècle dernier.
Aussi, la population attend de cette liste, si elle est majoritaire, un électrochoc qui éradiquerait la corruption, mais aussi qui remettrait le pays dans le droit chemin en termes de gouvernance.
Les partis d'opposition se rallient l'un après l'autre à la liste étudiante. Ils renoncent à présenter des candidats pour, disent-ils, créer une atmosphère de référendum pour ou contre le régime d'Aleksandar Vucic. Pour l'instant, au moins deux coalitions de partis - l'une pro-européenne et l'autre de droite nationaliste - ont refusé de se joindre aux étudiants. Un parti musulman bosniaque fait aussi cavalier seul. On s'achemine donc vers une élection avec seulement cinq choix pour les électeurs, peu pour une élection en Serbie.
À lire aussiSerbie: un an après, la tragédie de Novi Sad a profondément transformé le pays
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.