Siri AI, « une IA que personne ne remarque » : le nouveau patron d’Apple reste serein malgré les retards

Deux mois après avoir succédé à Tim Cook, John Ternus défend le rythme d’Apple sur l’IA et s’en dit pleinement satisfait. Un discours de constance que les iPhone français, privés du nouveau Siri, ne peuvent pas vérifier.
Dans un entretien publié ce week-end, John Ternus a résumé sa doctrine d’une formule : Apple ne veut pas « livrer de l’IA pour l’IA ». Le successeur de Tim Cook, aux commandes depuis le 1er septembre, assure « vraiment aimer » la position actuelle de l’entreprise, longtemps critiquée pour ses retards sur l’intelligence artificielle. Cette ligne, il la tenait déjà en avril, bien avant sa prise de fonction.
La même partition depuis avril
Mi-avril, celui qui dirigeait encore l’ingénierie matérielle décrivait la course à l’IA comme « un marathon, pas un sprint » ; le 21, lors d’une réunion interne, il expliquait qu’Apple ne livre pas « de la technologie pour la technologie ». Tim Cook, lui, promettait le 1er août 2025 un engagement total : « Apple doit le faire. Apple le fera. » Le premier mémo du nouveau directeur général aux équipes annonçait, lui, un lancement d’ampleur, sans plus de précision.
Interrogé sur les agents conversationnels qui pourraient un jour remplacer les applications, l’intéressé a défendu le modèle maison : « la création de produits est une chose profondément humaine et personnelle ». Apple compte « absolument tirer parti de l’IA », au point que « les gens n’auront pas à se demander si c’est l’IA qui a permis cela ou un logiciel plus traditionnel ». Dans cette vision, l’IA réussie ressemble à la correction automatique du clavier : invisible tant qu’elle fonctionne, remarquée seulement quand elle se trompe.
Un calme que la France observe de loin
Présenté à la WWDC le 9 juin, le nouveau Siri dopé à l’IA est déployé depuis le 14 septembre avec iOS 27, en version bêta et en anglais uniquement. Promise dès 2024 puis repoussée officiellement au printemps 2025, la refonte doit permettre à l’assistant de comprendre le contexte personnel de l’utilisateur, d’agir dans les applications et de tenir compte de ce qui s’affiche à l’écran. Les iPhone et iPad de l’Union européenne en sont privés depuis le premier jour, au nom d’une lecture du règlement sur les marchés numériques, le DMA, que la firme juge « extrême ». Ouvrir ces capacités aux assistants concurrents reviendrait, à l’en croire, à exposer les données des utilisateurs sans garde-fous suffisants.
L’entreprise affirme avoir proposé à la Commission européenne un dispositif de contrôle baptisé « Trusted System Agent », assorti d’un déploiement étalé sur 18 mois, sans la convaincre. Le Mac et le Vision Pro, eux, y ont droit dans l’UE, signe que le blocage tient au statut d’iOS dans le règlement européen davantage qu’à la technique.
La mise à jour iOS 27.2, diffusée le 26 octobre, a ajouté le français à l’assistant tout en laissant le verrou en place pour l’Hexagone sur iPhone. Aucun calendrier n’existe officiellement pour iOS et iPadOS dans l’UE, l’entreprise disant seulement « espérer » y amener un jour Siri AI. Une échéance circule, mars 2027 au plus tôt, qu’aucune annonce officielle n’étaye pour l’instant.
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