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Saturday, October 17, 2026

"Je l'ai refusé pour trois bonnes raisons" : comment John Wayne est passé à côté d'un rôle qui a fait de Clint Eastwood une star du film d'action

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Avant que Clint Eastwood ne fasse de “L’Inspecteur Harry” un personnage culte, John Wayne avait eu l’occasion d’endosser le rôle. Mais la légende du western a décliné la proposition pour trois raisons, avant de regretter amèrement sa décision.

Difficile aujourd’hui d’imaginer un autre acteur que Clint Eastwood dans la peau de Harry Callahan. Pourtant, avant que le comédien ne s’empare de son célèbre Magnum 44, le personnage avait été envisagé pour plusieurs grandes figures d’Hollywood, parmi lesquelles John Wayne.

En 1971, L’Inspecteur Harry, réalisé par Don Siegel, marque un tournant décisif dans la carrière de Clint Eastwood. Déjà célèbre grâce aux westerns de Sergio Leone, l’acteur délaisse les grands espaces de l’Ouest américain pour les rues de San Francisco, où il prête ses traits à un inspecteur aussi redoutable qu’indiscipliné.

Le succès est tel que le personnage devient l’une de ses signatures à l’écran et revient dans quatre autres longs-métrages, à commencer par Magnum Force, sorti en 1973. Une réussite à laquelle John Wayne aurait donc pu être associé… s’il n’avait pas laissé passer sa chance !

Trois raisons qui lui ont fait refuser le rôle

Pourquoi l’une des plus grandes vedettes du cinéma américain a-t-elle renoncé à interpréter Harry Callahan ? Dans l’ouvrage John Wayne: The Man Behind the Myth, écrit par Michael Munn, le comédien s’explique sur cette décision, qu’il justifie par trois arguments bien distincts.

Le premier tient à une question d’orgueil. Avant lui, la production avait notamment sollicité Frank Sinatra, contraint de se retirer du projet en raison d’une blessure à la main. Une situation qui n’avait guère plu à John Wayne.

“Je l’ai refusé pour ce qui me semblait être trois bonnes raisons. La première, ils l’ont proposé à Frank Sinatra mais il s’était blessé la main et ne pouvait pas le faire. Je n’aime pas qu’on vienne à moi après que Sinatra ait refusé. Mettez ça sur le compte de la fierté.”

Mais ce n’est pas tout. L’acteur avait également des réticences concernant la personnalité du protagoniste, dont les méthodes lui semblaient difficilement défendables. Une impression sur laquelle il reviendra après avoir découvert le résultat à l’écran.

“Seconde raison, je trouvais qu’Harry était un policier véreux. Mettez ça sur le compte de ma fermeture d’esprit, car lorsque j’ai vu le film, j’ai réalisé qu’il était dans la lignée des rôles que j’avais souvent joués ; un type qui œuvre dans le cadre de la loi mais brise les règles lorsqu’il le doit pour sauver les autres.”

Warner Bros.

Quant à son dernier argument, il relevait tout simplement de son emploi du temps déjà bien rempli : “La troisième raison, c’est que j’étais trop occupé à tourner d’autres films.”

Autant de motifs qui lui avaient paru suffisants à l’époque, mais qui ne l’empêcheront pas de nourrir quelques regrets. Malgré ses relations peu chaleureuses avec Clint Eastwood, John Wayne reconnaîtra avoir commis une erreur en laissant échapper ce personnage : “Comment je l’ai laissé me filer entre les doigts ?”

Don Siegel ne voyait pas John Wayne dans la peau de Harry Callahan

Si John Wayne a fini par regretter son choix, le cinéaste à l’origine du film ne partageait visiblement pas ses états d’âme.

Pour Don Siegel, Clint Eastwood possédait une qualité essentielle pour donner vie à cet inspecteur provocateur : il n’hésitait pas à bousculer son image de star. À l’inverse, le réalisateur estimait que John Wayne, alors sexagénaire, aurait eu davantage de difficultés à accepter certains aspects du personnage.

“Il était trop vieux, et aurait objecté à beaucoup des choses que Clint fait [dans le film] car Clint n’a jamais fait attention à son image. Wayne, si.”

Une différence de tempérament qui, selon lui, aurait considérablement changé le résultat. Là où Eastwood acceptait de camper un héros brutal et controversé, Wayne restait davantage attaché aux figures héroïques qui avaient construit sa réputation.

John Wayne a finalement eu droit à son propre Inspecteur Harry

Le comédien n’a toutefois pas totalement renoncé à l’idée d’incarner un représentant de la loi aux méthodes musclées. Quelques années après le triomphe de Clint Eastwood, il s’essaie à son tour au polar avec deux productions qui semblent vouloir renouer avec la formule popularisée par L’Inspecteur Harry.

La première, Un silencieux au bout du canon, sort en 1974. John Wayne y interprète un policier confronté au crime organisé. L’année suivante, il revient dans Brannigan, où il incarne un lieutenant américain envoyé à Londres pour retrouver un criminel.

“Brannigan” (1975) United Artists
“Brannigan” (1975)

À 67 ans lors de la sortie de ce dernier film, l’acteur tente ainsi de se réinventer dans un registre plus contemporain, loin des westerns qui ont fait sa gloire. Mais ni Brannigan, ni Un silencieux au bout du canon ne connaissent le retentissement de L’Inspecteur Harry.

De son côté, Clint Eastwood continuera d’incarner Harry Callahan jusqu’en 1988, avec un cinquième et dernier volet, La Dernière Cible. Un personnage indissociable de sa carrière, que John Wayne aura finalement regardé triompher entre les mains d’un autre.

L’Inspecteur Harry ou encore Brannigan sont tous deux proposés à la location ou à l’achat en VOD.

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