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Monday, September 14, 2026

Homicide involontaire en 2024 | Un père s’en tire à bon compte après avoir étranglé et poignardé sa fille

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Alain Caza a d’abord étranglé sa fille. Une fois inconsciente, il l’a poignardée deux fois dans le cou et sept fois près du cœur. Il ne s’agit pourtant pas d’un meurtre, selon la justice, puisque le père était un homme dépressif, traumatisé et « abusé » par sa fille. Il devrait écoper de 14 ans de détention.

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« Ma fille m’a poignardé, je pense que je l’ai tuée, je ne me souviens de rien ». C’est ce qu’Alain Caza a dit au 911, après avoir tué sa fille, Amanda Caza, le 15 mai 2024, à Ormstown, en Montérégie. La femme de 34 ans était mère d’une jeune fille.

Le procès d’Alain Caza devait s’amorcer devant jury lundi au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield. Accusé de meurtre au second degré, l’homme de 62 ans a plutôt plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire. Une nuance majeure, puisqu’un verdict de meurtre entraîne automatiquement la prison à la vie.

La Couronne et la défense se sont plutôt entendues pour présenter la semaine prochaine une suggestion commune de 14 ans de pénitencier, selon un document judiciaire. Il est presque certain que la juge Marianna Ferraro va l’entériner. Libéré sous conditions en 2024, Alain Caza demeure en liberté d’ici là.

Bonne fête des Pères au meilleur père du monde. Mon héros, mon contact d’urgence, fort mais gentil et toujours capable de me faire rire.

Amanda Caza, en anglais, sur Facebook, un an avant sa mort

PHOTO FOURNIE PAR STEVE DE REPENTIGNY

Alain Caza (au centre) est appréhendé par la police en mai 2024 à Ormstown.

Selon la trame factuelle présentée lundi devant le tribunal, c’est un conflit lié à l’argent qui serait à l’origine de l’homicide. Amanda Caza a souvent réclamé de l’argent à son père dans l’année précédant sa mort. Il a ainsi versé 2500 $ à sa fille, en plus de finir de payer sa voiture.

De plus, Alain Caza a déclaré aux ambulanciers avoir eu une « chicane avec sa fille à propos d’argent, que sa fille voulait des sous et que 2000 $, c’était pas assez ».

Le 15 mai 2024, Alain Caza se rend donc au domicile de sa fille à Ormstown. On en sait bien peu sur le déroulement de l’homicide. Selon la version du tueur, Amanda l’aurait attaqué avec un couteau. Il arborait une blessure superficielle à l’abdomen, de moins d’un centimètre.

Quant à Amanda, elle a d’abord été étranglée, selon la pathologiste. Son père l’a ensuite poignardée à neuf reprises, alors qu’elle était toujours en vie. Elle était vraisemblablement inconsciente, puisqu’elle n’affichait aucune plaie de défense, ajoute l’experte. Sur les neuf coups, cinq ont été mortels, près du cœur.

Il souffrait d’une dépression majeure

Dans ce cas, pourquoi ne s’agit-il pas d’un meurtre ?

Deux psychiatres ont conclu qu’Alain Caza souffrait d’anxiété et d’une dépression majeure avec anxiété au moment des faits. Il s’agit d’un trouble mental répertorié dans le DSM-5, la bible des psychiatres. L’un des experts a aussi conclu à un cas « d’amnésie dissociative ».

Ainsi, selon la trame factuelle, Alain Caza n’avait pas l’intention requise pour commettre un meurtre en raison de son état mental, des « abus » que lui a infligés sa fille pendant des années et du fait que celle-ci « manipulait » un couteau au moment fatidique

On évoque aussi, de façon cryptique, « l’impact traumatique cumulé d’évènements de vie traumatique », sans donner plus de détails.

C’est pourquoi la Couronne concède que les conclusions des psychiatres, couplées à la version de l’accusé, auraient suscité un doute raisonnable dans l’esprit du jury quant à l’intention de l’accusé de commettre un meurtre.

Les proches de la victime seront entendues devant la cour, le 24 septembre prochain, lors des observations sur la peine.

MCamille Taillefer et MKarim AinMelk représentent le ministère public, alors que MLloyd Fishler et MJordan Trevick défendent le délinquant.

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