Les deux iraniens accusés de préparer une attaque sur la communauté juive de Manchester ont été inculpés

Au Royaume-Uni, dans un climat de vives tensions diplomatiques entre Londres et Téhéran, deux Iraniens ont été inculpés par la justice britannique, car suspectés de préparer un attentat contre la communauté juive du nord de l’Angleterre. De quoi raviver les craintes de la communauté juive britannique, encore marquée par l’attaque perpétrée contre une synagogue de Manchester qui avait fait deux morts et trois blessés graves un an plus tôt presque jour pour jour.
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Salam Ahmadyan, 36 ans, et Rahman Salehi, 34 ans, avaient été interpellés en pleine rue à Manchester le 20 septembre dernier, juste avant la fête de Yom Kippour, la plus importante du judaïsme. Dans leurs téléphones et leurs ordinateurs, les enquêteurs ont découvert des repérages minutieux, des plans de cibles potentielles parmi la communauté juive de Manchester, mais aussi des guides de fabrication de bombe chimique artisanale, énumère notre correspondante à Londres, Sara Menai. Inculpés vendredi pour « préparation d'un acte terroriste » contre la communauté juive de Manchester, ils ont comparu samedi devant un tribunal de Londres, qui a ordonné leur maintien en détention.
Samedi, devant le tribunal de Westminster, le procureur Mark Luckett a déclaré que les deux accusés étaient soupçonnés d’avoir préparé une attaque contre la communauté juive « avec un engin explosif artisanal ». Ils avaient identifié « des cibles potentielles telles que le Musée juif et la synagogue de Heaton Park », a-t-il précisé. Cette synagogue, située dans le nord de Manchester, avait déjà été la cible d’une attaque meurtrière le 2 octobre 2025, lors de la célébration de Yom Kippour, faisant deux morts et trois blessés graves parmi les fidèles.
Selon le procureur, les deux Iraniens « étaient en contact avec un tiers qui aurait dirigé et coordonné l’attaque projetée, et fourni des instructions sur la manière d’assembler un engin explosif artisanal ». « Les enquêteurs estiment que cet individu, également de nationalité iranienne, opérait très probablement depuis l’Iran », a-t-il ajouté.
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« Ils s'en prennent à nos communautés juives et tentent de faire taire leurs détracteurs à l'étranger »
De quoi donner une véritable tournure politique à l'affaire et faire monter la tension diplomatique entre Londres et Téhéran. D'autant que les deux Iraniens inculpés étaient arrivés par petit bateau en traversant la Manche en 2020 et 2023. L'un d'entre eux s'est vu accorder l'asile et l'autre a déposé une demande d'asile qui était en cours d'examen. « Ce n'est un secret pour personne que ce pays est confronté à toute une série de menaces graves émanant du régime iranien », a déclaré vendredi la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood dans un communiqué. « Ils s'en prennent à nos communautés juives et tentent de faire taire leurs détracteurs à l'étranger, recourant souvent à des intermédiaires et à des réseaux criminels afin de dissimuler leur implication », a-t-elle ajouté.
Le Premier ministre Andy Burnham a déclaré mercredi qu'il existait de « fortes indications » de l'implication de l'Iran dans un incident dimanche près d'une base militaire en Angleterre, utilisée par les États-Unis. Un sixième homme, un Britanno-iranien, a été arrêté jeudi dans cette enquête. Dans la nuit de samedi à dimanche, la police était intervenue près de la base de Fairford, après un appel passé aux services d'urgence signalant « trois véhicules suspects ». L'Iran a « catégoriquement » démenti dès lundi tout lien avec cette affaire.
Les deux accusés doivent comparaître devant la cour criminelle de l’Old Bailey à Londres le 23 octobre. La police britannique a quant à elle renforcé la sécurité autour des lieux de culte du Royaume-Uni.
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