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Thursday, October 8, 2026

Éthiopie: des troupes érythréennes se déploient dans le nord du Tigré

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L’implication de l’Érythrée dans le conflit qui déchire l'Éthiopie depuis quinze jours est de plus en plus visible. D’après de nombreux observateurs, des soldats se déploient actuellement sur le territoire du Tigré, dans le nord éthiopien, dans plusieurs localités. Une présence qui fait craindre le retour d’une guerre à grande échelle entre Addis-Abeba et Asmara : les deux pays, à couteaux tirés, ont rompu leurs relations diplomatiques la semaine précédente.

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Avec notre correspondante à Addis-Abeba, Marlène Panara

Des soldats en patrouille à Rama et autour de Sheraro, deux localités de l’extrême nord de l’Éthiopie situées tout près de l’Érythrée. D’autres encore à Fatsi, près de la ville d’Adigrat, à 40 kilomètres de la frontière : depuis quelques jours, les troupes de l’armée érythréenne prennent position dans plusieurs zones du territoire tigréen.

Depuis la reprise de la guerre, Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir les rebelles de la Coalition pour la survie, dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

« Un narratif fallacieux de légitime défense »

Sur X, le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, a dénoncé « un narratif fallacieux de légitime défense » de la part du gouvernement éthiopien, pour justifier la « guerre d’agression » qu’il compte mener contre l’Érythrée.

Pour Getachew Temare, analyste politique basé aux États-Unis, le déploiement des troupes érythréennes est en fait « le plan B » d’Asmara qui, selon lui, « souhaitait initialement faire du Tigré une zone tampon sous contrôle des rebelles du TPLF, pour protéger sa frontière de l’armée fédérale [éthiopienne, NDLR] ».

Mais la contre-offensive des troupes éthiopiennes, lancée il y a 10 jours, a changé la donne : s'approchant de plus en plus de l'Érythrée, elles ont poussé Asmara à s’engager sur le terrain. Faisant craindre un basculement du conflit éthiopien en une guerre régionale.

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Tensions historiques

Après des mois de tensions, les hostilités ont repris le 23 septembre dans le nord de l'Éthiopie entre l'armée éthiopienne et des groupes opposés au gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed, dont les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation politique qui dirigeait de fait l'État régional éponyme depuis avril et défiait l'autorité fédérale.

L'Éthiopie accuse l'Érythrée de soutenir le TPLF, sur fond de rivalités régionales, autour notamment de la mer Rouge.

Reconduit lundi à la tête du gouvernement éthiopien par le Parlement élu en juin, qui est contrôlé à 90% par son Parti de la prospérité (PP), le Premier ministre Abiy Ahmed a réitéré la nécessité de garantir à l'Éthiopie un accès à la mer Rouge, dont l'a privée l'indépendance en 1993 de l'Érythrée, ancienne colonie italienne progressivement annexée par l'Éthiopie dans les années 1950.

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