France: à Orléans, le congrès du RN s'ouvre sous cloche, 13 000 personnes manifestent contre l'extrême droite

À Orléans, quadrillée par 3 000 forces de l'ordre et où la gauche manifestait avec 13 000 personnes son opposition à l’extrême droite, le RN a pu tenir son congrès ce samedi 24 octobre. Dans cette ambiance particulière, Jordan Bardella, seul candidat, a été reconduit président du parti.
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Avec notre envoyé spécial à Orléans, Raphaël Delvolvé
Les 5 000 places assises de la salle louée par le RN n’étaient pas toutes prises, mais pas toutes vides non plus. Le parti le concède : le climat tendu en a dissuadé quelques-uns, mais pas Laurent. Il a fait 350 kilomètres et n'a pas hésité avant de venir. « Bien au contraire ! », souligne-t-il.
Pas question de donner l’impression de faiblir au moment où le parti a le vent en poupe à la faveur des sondages, mais aussi de la colère qui gronde dans le pays. « Le Rassemblement national est devenu une force d'attraction considérable qui a vu le nombre de ses adhérents et de ses élus atteindre des sommets », soutient Jordan Bardella, tout juste reconduit à la tête du RN avec 98,98 % des suffrages.
Le parti revendique 155 000 adhérents, et dans cette bulle sécurisée par la police et des engins blindés de la gendarmerie, le noyau dur se sent en sécurité, même très à l’aise. Des militants scandent à répétition : « Dehors les cafards ! ». Ces hués sont pour les journalistes de Médiapart présents. Le média accuse Jordan Bardella d’antisémitisme.
Une ambiance partisane à l’abri des tensions et des polémiques dont le point d’orgue est un grand meeting de Marine Le Pen prévu dimanche 25 octobre. Le parti espère 10 000 personnes.
Une manifestation contre la tenue du congrès du RN rassemble 13 000 personnes
À l'extérieur, près de 13 000 personnes ont manifesté contre la tenue du congrès du RN. Le cortège anti-extrême droite a en tête l'attentat raciste de Trappes. L’ambiance festive et pacifique du rassemblement ne masque pas l’inquiétude des manifestants comme Elivira. « Le racisme est un peu trop décomplexé aujourd'hui », déplore-t-elle.
Ici tout le monde fait le lien entre le discours du RN et l’attentat de Trappes. Le maire de la ville touché par le drame, Ali Rabeh, a fait le déplacement. « Il y a le camp de la République, il y a le camp des racistes. Il faut que chacun choisisse à quel coin il veut appartenir », explique-t-il. Tout comme l’insoumis Bally Bagayoko, « quand vous faites le choix de réduire les problématiques auxquelles la France est confrontée sur la question du voile, forcément vous créez les conditions du passage à l'acte », soutient l'édile de Saint-Denis. Le socialiste Oliver Faure est, lui, un peu plus mesuré. « Il n'y a pas de responsabilité directe dans les actes de ce terroriste. Mais ils sont évidemment responsables d'un climat qui est un climat délétère », résume-t-il.
Cette manifestation vise plus largement à mettre en garde sur une possible victoire du RN à la présidentielle. « C'est assez inquiétant. Ils viennent de plus en plus puissants. Ça fait très peur », craint Hervé, qui ne rate aucun rassemblement. « Il faut absolument que tout le monde se serre les coudes et qu'on se tienne la main. »
Les organisateurs et les leaders politiques martèlent les appels au calme pour cette manifestation très strictement encadrée par la police, dans une ville où la plupart des commerces sont barricadés pour le week-end.
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