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Thursday, September 17, 2026

Les essais nucléaires en Corée du Nord auraient durablement modifié des forces dans la croûte et réactivé des failles !

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La Corée du Nord a beau être un pays verrouillé par un régime autoritaire d'où ne filtre presque aucune information, il y a toutefois certains événements qu'elle ne peut cacher : ses essais nucléaires. Réalisées en environnement souterrain, ces explosions génèrent en effet de puissantes ondes sismiques qu'il est aisé, pour des sismologues, d'identifier sur des enregistrements de la sismicité régionale.

La sismologie permet de garder un œil sur de potentiels essais nucléaires (image générée à l'aide de l'IA). © pitipat, Adobe Stock

Essais nucléaires : les sismologues voient tout (ou presque) !

Si la majorité des grandes puissances ont stoppé leurs essais nucléaires depuis la fin des années 1990, ce n’est pas le cas de la Corée du Nord et dans le contexte actuel de tension croissante entre certains États, mieux vaut rester vigilant sur ce qui peut se passer en sous-sol. Car les essais nucléaires sont désormais souterrains. Avantage : ils sont détectables par les instruments sismologiques. Pourtant, il n’est pas si simple de faire la différence entre un séisme naturel et une explosion.... Lire la suite

On sait ainsi qu'entre le 9 octobre 2006 et le 3 septembre 2017, la Corée du Nord a réalisé six essais nucléaires sur le site de Punggye-ri, sous le mont Mantap.

Beaucoup d'informations peuvent être tirées de ces signaux sismiques, notamment la puissance de la charge testée. Mais cette surveillance a révélé d'autres éléments intéressants, non pas pour les militaires, mais pour les géologues.

Les enregistrements sismiques (réalisés en Chine) des différents essais nucléaires réalisés par la Corée du Nord. On note la puissance du dernier en date, qui a produit un séisme de magnitude 6,3. © Sakvaka, Wikimedia Commons, domaine public

Une sismicité inhabituelle pour cette région, bien après les derniers essais

Habituellement, ces explosions génèrent à leur suite de nombreux petits séismes, qui sont liés à la fracturation et au réajustement de la roche autour de la cavité créée par l’explosion. Cette activité sismique diminue cependant rapidement avec le temps.

Sauf que depuis septembre 2017, les scientifiques remarquent quelque chose de nouveau : au lieu de diminuer après l'explosion, l'activité sismique a au contraire commencé à augmenter trois semaines après. Une tendance qui ne s'est pas arrêtée, bien au contraire : la sismicité à proximité du site d'essai nucléaire a persisté et s'est même intensifiée ces dernières années.

Le site d'essais nucléaires en Corée du Nord enregistre actuellement une hausse étonnante de la sismicité naturelle. © AI generative, ankreative, Adobe Stock

Les essais nucléaires de la Corée du Nord pourraient avoir déstabilisé le sous-sol de la région !

Un nouveau petit séisme a été enregistré hier dans la région où ont lieu habituellement les essais nucléaires nord-coréens. Bien que d’origine naturelle, cette sismicité suggère que les précédents essais ont pu endommager la structure du sous-sol et déstabiliser certaines failles.... Lire la suite

Dans une étude récente, une équipe de chercheurs note qu'elle a également évolué d'une activité diffuse à une activité organisée spatialement autour de structures tectoniques préexistantes. Autrement dit, en déstabilisant le champ de contrainte tectonique régional, les six explosions nucléaires auraient favorisé la réactivation de failles jusqu'alors silencieuses.

Une modification durable du champ de contrainte

Un champ de contrainte désigne la manière dont les forces tectoniques sont réparties dans les roches et dans quelles directions elles s'exercent. Tant que ces forces ne surpassent pas la résistance mécanique des roches, il n'y a pas de glissement : les failles sont silencieuses. Un glissement ne survient que lorsque les contraintes dépassent le seuil de résistance mécanique. Ces glissements génèrent alors une activité sismique.

Ce que cette étude publiée dans la revue Science montre, c'est que les explosions nucléaires répétées ont progressivement endommagé la croûte superficielle jusqu'à modifier la répartition des forces s'appliquant sur les roches. Et cette modification de l'environnement mécanique semble suffisamment durable pour avoir déclenché des réactivations progressives de certaines failles.

Ainsi, les effets géologiques d'un essai nucléaire pourraient se faire sentir bien au-delà du moment de l'explosion, en laissant dans la croûte une perturbation susceptible de favoriser l'activité de failles pendant plusieurs années.

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