Chris Kreider s’attend à un accueil « passionné » au Centre Bell

Pour de nombreux partisans du Canadien, le nom de Chris Kreider est à jamais associé à la blessure de Carey Price et à l’élimination de l'équipe lors des séries de 2014. Maintenant qu’il est un membre à part entière de la formation montréalaise, il espère se faire pardonner en l'aidant à atteindre la prochaine étape.
L’incident remonte au 17 mai 2014, lors du premier match de la finale de l’Est entre le Canadien et les Rangers de New York. Alors qu’il s’échappait, Kreider, gêné par le plongeon du défenseur Alexei Emelin, a chuté avec les jambes devant sur la jambière droite de Price.
Visiblement en douleur, le gardien a quitté la rencontre après deux périodes et n’a pas été en mesure de revenir au jeu. Malgré les vaillants efforts de Dustin Tokarski lors des matchs suivants, les Rangers ont remporté la série en six parties.
Aux yeux de certains partisans, la blessure au genou de Price a donc privé le CH d’une occasion légitime d’accéder à la série finale de la Coupe Stanley. Kreider est ainsi devenu l’une des cibles préférées des spectateurs au Centre Bell au cours des années qui ont suivi.
Douze ans plus tard, l'Américain a accepté un contrat d’une saison du Tricolore. Certains partisans ont ouvertement critiqué son embauche sur les réseaux sociaux depuis l’annonce de son arrivée samedi.
Kreider a affirmé, lundi, lors du tournoi de golf annuel de l'équipe, qu’il n’avait pas pensé à cet incident au moment de s’entendre avec le CH. Il comprend toutefois que son entrée au Centre Bell, lors de la présentation des joueurs au début de la saison, ne laissera personne indifférent.
Un (accueil) passionné, a-t-il répondu lorsque questionné sur ses attentes, déclenchant les rires dans le groupe de journalistes. C’est un groupe de partisans passionnés, ils ont la mémoire longue.
Je suis là pour aider l’équipe à gagner des matchs de hockey. Ce qui est arrivé dans le passé est arrivé. Ce que j’ai dit et que je vais continuer de dire, c’est que ce n’était pas intentionnel de quelque façon que ce soit. J’étais un jeune joueur qui ne patinait pas très bien et qui essayait de marquer un but
, a-t-il expliqué.
Kreider retrouvera plusieurs visages de cette époque avec le Canadien, à commencer par l’entraîneur-chef Martin St-Louis, qui était son compagnon de trio en 2014, et le président aux opérations hockey, Jeff Gorton, qui était alors adjoint au directeur général des Rangers.
Ça fait longtemps et Carey n’en garde aucune rancune, a fait valoir Gorton. Écoutez, j’étais avec les Rangers quand c’est arrivé. J'avais une autre perspective que les gens ici. Je ne sais pas si, quand tu patines à 30 mph, tu peux dire que c'était intentionnel.
Il a joué presque 1000 matchs et, si vous demandez à qui que ce soit dans la LNH, il n’a jamais essayé de blesser quelqu’un. C’est une bonne personne, on n’est pas inquiets du tout
, a-t-il ajouté à propos de l’accueil des partisans.
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Comme Recchi
Kreider arrive à Montréal à 35 ans, après deux saisons de 22 buts consécutives. Il compte 11 campagnes de 20 buts dans la LNH, dont trois de 30 filets. Sa meilleure récolte a été de 52 buts en 2021-2022 avec les Rangers. Il a disputé 958 parties de saison dans sa carrière, et 135 autres en séries éliminatoires.
Avec le départ de Brendan Gallagher, l’expérience de Kreider vient combler un besoin au sein d’une jeune formation. Le directeur général du Tricolore, Kent Hughes, a d’ailleurs dressé un parallèle avec la contribution du vétéran Mark Recchi lors de la conquête de la Coupe Stanley des Bruins de Boston en 2011.
Je me souviens toujours de la Coupe des Bruins en 2011, s’est remémoré Hughes. J’ai parlé à Patrice Bergeron, qui était mon client, et il avait remarqué l’expérience que Recchi a amenée aux joueurs, spécialement avant le septième match, comment il était calme.
Il y a des choses qu’il faut vivre pour être en mesure de savoir ce que c’est. Chris a beaucoup d’expérience en séries, et du côté international aussi
, a-t-il ajouté.
Kreider devait encore écouler une année à son précédent pacte de sept ans avec les Ducks d’Anaheim, mais son contrat a été résilié la semaine dernière.
Son impact annuel de 6,5 millions de dollars sous le plafond salarial devenait toutefois trop important pour la formation, qui doit encore s’entendre avec Cutter Gauthier et qui n'avait que de peu de marge de manoeuvre avec le mirobolant contrat d’une valeur annuelle de 18 millions consenti à Leo Carlsson, après une offre hostile des Flyers de Philadelphie.
Devenu joueur autonome, il a rapidement sondé l’intérêt du Canadien. La réponse a été immédiate, et il ne s’est pas fait prier pour venir au nord de la frontière.
Le Canadien a été assez agressif, a-t-il révélé. Il y a plusieurs connexions avec mon séjour avec les Rangers, donc des visages familiers. Et tout ce qu’ils ont fait ici depuis quelques années, la culture, le groupe qu’ils ont... C’est une grande ville de hockey.
J'essaie d'expliquer à certains de mes amis que ce n'est pas juste un sport, c'est une religion. C'est un endroit incroyable si on a l'occasion d'y jouer. J'ai vraiment hâte de jouer au Centre Bell
, a-t-il lancé.
Kreider est également heureux de retrouver St-Louis, qu’il considérait presque comme un joueur-entraîneur lorsqu’ils ont joué ensemble avec les Rangers.
L’intensité, la ténacité, les choses qu’il apportait à l’aréna tous les jours, je ne pense pas que je puisse dire que j'en ai appris plus d'un individu que le temps que j'ai passé en jouant avec lui dans son trio. Il est incroyablement intelligent
, a-t-il dit.
Même à l'époque, tu savais qu'il allait être un bon entraîneur
, a-t-il mentionné.
Sous sa direction, il compte maintenant aider l'équipe montréalaise à progresser encore un peu plus.
Ils ont atteint la finale d'association l'année dernière. Ils sont prêts pour la prochaine étape dans mon esprit, et je veux en faire partie
, a-t-il affirmé.
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