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Friday, November 6, 2026

"Je ressentais une pression énorme" : Michael Douglas raconte son rôle culte de Wall Street

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Sous les traits du trader Gordon Gekko dans "Wall Street", Michael Douglas livrait une géniale composition oscarisée. Dans ses mémoires récemment publiées aux Etats-Unis, dont le site Deadline a publié un extrait, il évoque justement ce rôle culte.

Michael Douglas, 82 ans, faisait il y a peu la tournée des médias, pour la promotion de ses mémoires, One Helluva Ride, qu'il a écrites en collaboration avec Michael Fleming Jr. (rédacteur en chef chez Deadline) et l'auteur Shane Salerno.

C'est donc logiquement sur le même site Deadline que l'on trouve une généreuse tranche de son livre balayant 60 ans de carrière, et quelques chefs-d'oeuvre; pas seulement devant la caméra d'ailleurs, mais aussi en coulisses. Il fut notamment l'heureux producteur oscarisé d'un chef-d'oeuvre absolu entré dans l'Histoire du cinéma : Vol au-dessus d'un nid de coucou.

Dans cet extrait, il est très fortement question du rôle qui lui a valu l'Oscar du Meilleur acteur : le trader sans scrupule Gordon Gekko, dans Wall Street d'Oliver Stone. Vingt-six ans avant Martin Scorsese et son Loup de Wall Street, Oliver Stone frappait déjà très fort en passant à la sulfateuse le coeur de la finance mondiale avec Wall Street. Un portrait implacable de ces Wonder Boys, requins financiers de l'ère Reagan, sans éthique ni morale, si ce n'est celle de l'argent, empêtrés avec les banques dans les scandales des Junks Bonds.

"Je ressentais une pression énorme"

Michael Douglas révèle qu'il n'était absolument pas le premier choix du studio 20th Century Fox pour incarner l'impitoyable raider de la finance. Le rôle avait d'abord été proposé à Warren Beatty (qui ne s'est jamais engagé) et à Richard Gere (qui a refusé le rôle).

Les dirigeants du studio, notamment Scott Rudin, s'opposaient quant à eux à son embauche. Ils estimaient qu'il était "trop jeune" pour le rôle et craignaient qu'il passe tout le tournage à l'écart, dans sa caravane au téléphone. C'est le réalisateur Oliver Stone qui s'est battu contre la production pour imposer Douglas, voyant en lui le "côté tranchant" et l'expérience d'acteur-producteur nécessaires pour comprendre le monde de l'argent et du pouvoir.

"Je me suis préparé pour ce rôle plus intensément que pour tous ceux que j'avais interprétés auparavant. Je ressentais une pression énorme pour être à la hauteur des attentes d'Oliver, car il s'était battu avec acharnement pour m'obtenir le rôle dans ce film, malgré les objections de la 20th Century Fox" commente Michael Douglas.

20th century Fox

"J'étais captivé par les mots de Gekko..."

Chacune de ses répliques dans le film est presque une punchline en puissance. Une, en particulier, devenue célébrissime. "La réplique la plus célèbre de Wall Street est : "La cupidité, faute d’un meilleur mot, c’est bien". Elle résume non seulement le message du film, mais aussi le matérialisme excessif des années 1980" raconte Douglas.

"Greed is Good" - "La cupidité, c'est bien". Une version légèrement tronquée en réalité; la version entière étant "Greed, for a lack of better word, is good". Une réplique prononcée par Gekko face à une assemblée d'actionnaires. Symbole absolu de réussite agressive, qui s'est propagée bien au-delà des murs du monde de la Finance dans la culture populaire. Une réplique cousue main pour Douglas, que l'American Film Institute a même retenu dans son top 100 des plus grandes répliques de tous les temps.

Non seulement le personnage de Gekko a incarné un véritable modèle pour les traders de l'époque, mais il se trouve que sa réplique provient de propos authentiques prononcés par un vrai criminel de Wall Street.

20th century Fox

"La cupidité est saine. Je veux que vous le sachiez"

En décembre 1986, le -fameux- quotidien Chicago Tribune évoquait ces paroles prononcées par un trader du nom d'Ivan Boesky, qui fit un discours à la Business School de l'Université de Berkeley, en Californie. Le titre de l'article ? "A $100 Million Idea: Use Greed for Good".

Ce même mois, Boesky avait fait la couverture du Time Magazine, qui mettait en lumière ses arnaques. "Faire des millions avec VOTRE argent" écrivait le magazine, surnommant Boesky "Ivan le terrible". Ce financier véreux fut condamné en 1986 à payer 100 millions $ de pénalités au gouvernement. Un an auparavant à peine, il était justement l'invité d'honneur de l'université de Berlekey...

Son discours prononcé là-bas fut accueilli par des rires et des applaudissements, tout comme dans la fameuse scène de Gordon Gekko. Ses propos exacts furent "Greed is all right, by the way. I want you to know that. I think greed is healthy. You can be greedy and still feel good about yourself”. Soit : "La cupidité, c'est bien, d'ailleurs. Je veux que vous le sachiez. Je pense que la cupidité est saine. Vous pouvez être gourmand et vous sentir bien dans votre peau".

Des considérations légèrement remaniées par Oliver Stone dans son film, sorti deux ans à peine après ce discours fracassant. C'est dire si le cinéaste, alors en pleine possession de ses moyens, a su capter l'air (vicié) de son temps. 38 ans après la sortie de son film, le constat semble hélas pire que jamais...

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