SpaceXAi : Elon Musk renomme l’entreprise à l’origine de Grok pour faire plaisir à Donald Trump

SpaceXAI, la filiale d’Elon Musk qui développe Grok, s’appellera bientôt SpaceXSI. Cinq jours après le décret de Donald Trump bannissant « intelligence artificielle » du vocabulaire officiel américain, le milliardaire s’aligne. Ce sera le deuxième changement de nom en trois mois.
Washington a officiellement cessé de dire « intelligence artificielle ». Depuis le décret du 29 septembre, les agences fédérales doivent écrire « super intelligence », ou « SI », et l’administration ne reconnaît plus l’ancien terme dans ses documents. Dimanche 4 octobre, Elon Musk a publié sur X un lapidaire « Plus d’IA. SI. C’est mieux », avant de confirmer à un internaute que SpaceXAI deviendrait SpaceXSI : « Oui, nous ferons ce changement ».
@XFreeze Yes, we will make that change
— Elon Musk (@elonmusk) October 4, 2026
Trois sondages, un discours à l’ONU et un décret
La croisade sémantique du président américain s’est construite en dix jours… Une blitzkrieg qui surprend même après l’épisode Stargate. Du 19 au 21 septembre, trois sondages publiés sur Truth Social invitaient ses abonnés à rebaptiser la technologie. « Super intelligence » l’a emporté au dernier tour avec 65 % des voix, face à une « superior intelligence » restée sur le carreau. Le 22, à la tribune des Nations unies, Donald Trump expliquait que « le mot artificiel donne l’impression que cette intelligence est fausse, alors qu’elle ne l’est pas », avant de conclure, admiratif : « c’est en réalité stupéfiant ». Le 29, le décret officialisait le nouveau vocabulaire, avec 60 jours pour accoucher d’une définition légale de la « super intelligence ». Devant les patrons du secteur, le président assumait le même jour : « Ce n’est pas de l’IA. C’est de la SI. Nous avons changé le nom officiellement aujourd’hui ».
Le texte ne s’impose qu’à l’administration fédérale, et aucune entreprise privée n’est tenue de suivre. Elon Musk devient ainsi le premier grand patron du secteur à annoncer qu’il adopte la terminologie présidentielle, de son propre chef. À ce stade, aucun autre géant de l’IA n’a évoqué le moindre renommage. Dimanche, Donald Trump a encore accéléré en confiant le dossier à son chef du renseignement, flanqué d’une toute nouvelle « Super Intelligence Force ».
Un nom tous les trois mois
Fondée sous le nom de xAI, l’entreprise qui édite Grok a été absorbée par SpaceX en février 2026, puis rebaptisée SpaceXAI le 6 juillet. Trois mois plus tard, nouveau baptême en vue, cette fois sur la seule foi d’un décret qui ne l’oblige pourtant en rien. Musk a ajouté au passage que « SpaceX est une entreprise de super intelligence ». La formule entretient la confusion entre le groupe spatial et sa filiale, au point que plusieurs médias ont annoncé à tort que SpaceX tout entier changeait de nom. Au moment d’écrire ces lignes, la bascule n’a pas eu lieu : comptes officiels et pages de l’entreprise affichent toujours SpaceXAI, et l’annonce n’engage qu’une réponse publiée sur X.
Pour les utilisateurs de Grok, mêmes applications, mêmes modèles, mêmes abonnements : le changement se jouera sur les logos et dans les textes officiels. Dans 60 jours, en revanche, Washington aura sur la table une définition légale de la « super intelligence », pendant que l’Europe continue d’écrire ses règlements avec les mots « intelligence artificielle ». Les entreprises qui vivent et vendent des deux côtés de l’Atlantique, elles, devront apprendre à jongler avec les deux dictionnaires.
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