Tous les alcools présentent-ils les mêmes risques ? Une vaste étude révèle des différences surprenantes

Dans quelles mesures est-ce risqué de boire ? Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère qu'aucun niveau de consommation d'alcool ne peut être considéré comme sans danger, plusieurs pays ont établi des seuils de consommation jugés « à moindre risque ». En France par exemple, il existe depuis 2017 une valeur repère chez l'adulte correspondant à 10 verres d'alcool standard par semaine maximum, sans dépasser 2 verres standard par jour.
Alors, qui faut-il croire ? L'alcool est-il un peu, moyennement ou très dangereux pour la santé ? Et toutes les boissons alcoolisées doivent-elles être mises sur le même plan ?
Pour tenter d'apporter des éléments de réponse, une équipe internationale de chercheurs a utilisé les données de la cohorte UK Biobank. Leur objectif : tenter de déterminer précisément le risque de mortalité en fonction des habitudes de consommation et des boissons consommées.
Près de 350 000 participants enrôlés
Ils ont compilé les données de 340 924 hommes et femmes âgés en moyenne de 56 ans qui avaient été suivis durant 13,4 ans en moyenne. Les participants avaient indiqué la fréquence de leur consommation d'alcool ainsi que les quantités moyennes absorbées, par type de boisson.
Durant cette période, 22 381 décès ont été enregistrés : 11 063 par cancer, 4 288 décès cardiovasculaires et 7 030 décès par autres causes. Les scientifiques ont examiné quels liens existaient entre la consommation totale d'alcool - ainsi que la consommation par type de boisson - et la mortalité, toutes causes confondues ou liées à des causes spécifiques.
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Gare aux excès !
Une première chose apparaît très clairement : l'excès d'alcool augmente le risque de mourir précocement de n'importe quelle cause.
Chez les hommes qui consomment chaque jour plus de 2 pintes de bière ou plus de 4 verres de vins ou d'alcool fort type gin, vodka ou whisky (plus de 1 pinte ou de 2 verres de vin ou d'alcool fort pour les femmes), le risque de mortalité est plus important que celui de ceux qui ne boivent pas du tout d'alcool ou de petites quantités : + 24 % pour la mortalité toutes causes confondues, + 14 % pour la mortalité par maladies cardiovasculaires, + 36 % pour le cancer et + 12 % pour les autres causes (par exemple, cirrhose, accidents, maladies d'Alzheimer, infections, maladies rénales, etc.).
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Si la consommation est modérée (entre 20 et 40 g/j pour les hommes et entre 10 et 20 g/j pour les femmes), seule la mortalité par cancer est augmentée. En revanche - surprise -, chez les faibles consommateurs d'alcool (max 20g/j pour les hommes et 10 g/j pour les femmes), la mortalité par « autres causes » était diminuée.
Le saviez-vous ?
20 g d’« alcool pur » correspondent approximativement à :
- 1 pinte de bière (500 ml) titrant à 5 % d’alcool ;
- 2 verres de 250 ml de cidre ;
- 2 verres de 12 cl de vin ;
- 2 verres de 4 cl d’alcool fort (whisky, gin, vodka…).
Des différences nettes entre bière, cidre, alcools forts et vin
Comme pour l'alcool de manière générale, une consommation élevée de bière ou de cidre était liée à une augmentation de la mortalité toutes causes confondues et par cause spécifique. En revanche, une faible consommation était associée uniquement à une plus forte mortalité par cancer.
Et en ce qui concerne les alcools forts ? Que la consommation soit faible, modérée ou élevée, la mortalité toutes causes confondues, par cancer et par maladies cardiovasculaires était plus importante.
Une faible consommation de vin était associée à un risque de décès plus faible, toutes causes confondues. À l'inverse, une consommation élevée était liée à une mortalité par cancer accrue.
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Le vin rouge, consommé avec modération, était associé à une mortalité plus faible, tandis qu'une consommation élevée de vin rouge ou blanc était liée à une mortalité accrue, notamment par cancer. Une consommation élevée de vin blanc était également associée à davantage de décès d'autres causes.
En d'autres termes, il existe une relation linéaire entre la consommation totale d'alcool et
- la mortalité toutes causes confondues,
- la mortalité cardiovasculaire,
- la mortalité par cancer,
qui est principalement due à la consommation d'alcools forts, de bière et de cidre.
Mais pour le vin, la relation est différente puisque les chercheurs observent une courbe en forme de J entre la consommation de vin et la mortalité par cause spécifique et la mortalité toutes causes confondues.
Une consommation élevée de vin blanc était associée à davantage de décès que le vin rouge. © New Africa, Adobe Stock
Pendant le repas ou en-dehors, pas les mêmes effets
La consommation occasionnelle ou habituelle d'alcool pendant les repas était associée à une mortalité plus faible, tandis que la consommation en dehors des repas était liée à des associations négatives plus marquées à des niveaux de consommation plus élevés.
Il semblait également que les hommes, les plus jeunes, les non-blancs, les fumeurs et les personnes sans problème d'obésité étaient plus susceptibles de mourir en raison d'une consommation importante d'alcool que les femmes, les plus âgés, les blancs, les non-fumeurs et les personnes en surpoids.
Cette étude observationnelle ne permet pas d'établir un lien de cause à effet, ni d'affirmer que le vin a un effet protecteur par rapport aux autres alcools. En revanche, elle met clairement en évidence que tous les alcools ne pèsent pas de la même manière dans la balance.
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