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Wednesday, October 14, 2026

Un « domaine stratégique » : Emmanuel Macron convoque un conseil de défense et sécurité sur l’IA

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Emmanuel Macron réunit un conseil de défense et de sécurité nationale entièrement consacré à l’intelligence artificielle. Pour l’Élysée, l’IA est désormais un « domaine stratégique » pour la France, au même titre que le spatial et le nucléaire.

L’intelligence artificielle s’invite au sommet de l’État. Ce mercredi 14 octobre, Emmanuel Macron a réuni un conseil de défense et de sécurité nationale entièrement consacré à l’IA, a annoncé l’Élysée. La réunion se tient à l’issue du Conseil des ministres. Pour l’Élysée, le sujet est désormais aussi stratégique que les industries spatiales ou nucléaires.

« À l’instar du spatial et du nucléaire, l’intelligence artificielle est devenue un domaine stratégique qui soulève des enjeux majeurs de sécurité nationale et de souveraineté », souligne l’Élysée dans un communiqué de presse.

Pour rappel, un conseil de défense et de sécurité nationale est une réunion restreinte qui rassemble les plus hauts responsables civils et militaires du pays. Présidée par le chef de l’État, elle permet d’aborder les questions les plus sensibles en matière de défense et de sécurité. Autour de la table de ce premier conseil consacré à l’IA, on retrouvera notamment le Premier ministre Sébastien Lecornu, la ministre des Armées Catherine Vautrin, et le chef d’état-major des Armées, le général Fabien Mandon.

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Les risques de l’IA à l’ordre du jour

Ce conseil, annoncé à la dernière minute à la presse, doit permettre « d’examiner les enjeux de sécurité liés au développement et aux usages de cette technologie, tant pour les acteurs publics que privés, ainsi que les priorités de l’État à l’échelle nationale et européenne », explique l’Élysée. Ce conseil de défense s’inscrit dans le cadre d’une série de réunions consacrées aux nouvelles menaces. Le rendez-vous au sommet de l’État français intervient environ un mois après un conseil de défense sur les « attaques hybrides » en Europe, qui étaient imputées à la Russie.

Le conseil fait suite à la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’IA. À cette occasion, Sam Altman, PDG d’OpenAI, et son principal rival, Dario Amodei, PDG d’Anthropic, ont pris la parole et ont échangé avec les responsables de l’ONU. C’était la toute première fois que le Conseil de sécurité de l’ONU se penchait sur l’avènement de l’intelligence artificielle.

« Un serviteur et non un maître »

Emmanuel Macron multiplie les prises de position sur l’IA ces derniers mois. Fin septembre, il a profité de la visite du pape Léon XIV en France, pour plaider pour une « organisation internationale » qui doit éviter que les modèles d’IA les plus performants soient réservés à une poignée d’acteurs. Le président avait estimé que « l’intelligence artificielle doit être un serviteur et non un maître ». 

Quelques mois plus tôt, dans le sillage du G7, le président avait défendu une meilleure régulation de l’IA, s’inquiétant ouvertement d’une « non-coopération entre démocraties ». En marge du sommet, il avait d’ailleurs réuni OpenAI, Anthropic et Google DeepMind pour discuter de l’essor de l’intelligence artificielle, et des dangers inhérents de cette technologie, qui bouscule toutes les strates de la société.

Un contexte de dérives

Ce conseil de défense surprise survient surtout alors que les dérives relatives à l’IA se multiplient. Cet été, des modèles ChatGPT, Claude et Gemini se sont échappés à plusieurs reprises de leur prison numérique pour lancer des cyberattaques en toute autonomie. Certaines des attaques ont abouti au piratage de plusieurs entreprises, dont la plateforme open source Hugging Face.

En parallèle, plusieurs voix de l’industrie se sont élevées pour réclamer un ralentissement de la recherche et du développement de l’IA. C’est le cas de Sam Altman d’OpenAI, d’Elon Musk, et de Dario Amodei, d’Anthropic. L’appel au ralentissement a suscité la controverse dans la Silicon Valley. Plusieurs entrepreneurs se sont élevés contre les appels du pied des rois de l’IA, dont Mark Zuckerberg de Meta ou Jensen Huang de Nvidia. La controverse s’est même invitée dans le bureau ovale. Donald Trump a fait savoir qu’il était hors de question de lever le pied sur le développement de l’intelligence artificielle, de peur de prendre du retard sur la Chine.

L’IA a également été associée à de nombreuses polémiques en France. Le mois dernier, l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien a été accusé d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire son dernier roman, « C’était ça ou mourir ». L’homme a reçu plusieurs prix littéraires prestigieux avant que le scandale n’éclate, et qu’un détecteur ne repère les tics de langage de l’IA dans sa prose. Bien qu’il nie fermement avoir confié ses écrits à une machine, l’écrivain a été exclu du prix Goncourt.

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