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Monday, October 5, 2026

Expulsé des États-Unis puis détenu en Eswatini, un migrant libéré témoigne avant de rejoindre le Laos

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Il avait été expulsé des États-Unis, où il a passé l’essentiel de sa vie, vers l’Eswatini, la dernière monarchie absolue d’Afrique. Après 15 mois dans une prison de haute sécurité dans ce pays, Phone Chomsavanh vient d’être libéré. Il est l’un des visages de la politique d’expulsions de Donald Trump vers des pays tiers, dénoncée par l’ONU comme contraire au droit international. Ce Laotien est désormais en route vers le Laos, son pays de nationalité qu’il connaît pourtant à peine. Un soulagement, donc, mais aussi beaucoup d’incertitudes pour cet homme qui a grandi aux États-Unis.

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Phone Chomsavanh était en transit à l’aéroport de Johannesburg en Afrique du Sud, ce 5 octobre 2026, dans l’attente de ses papiers pour pouvoir embarquer. C’est un homme soulagé mais prudent, qui a quitté dimanche la prison de haute sécurité de Matsapha, en Eswatini, autre pays d’Afrique australe. « Je ne suis plus sûr de rien désormais », explique-t-il au micro de Florence Morice.

Phone Chomsavanh a passé plus de 14 mois en Eswatini sans qu’aucune charge ne pèse contre lui.

Condamné sur le sol américain, cet homme de 45 ans avait déjà purgé sa peine lorsqu’il a été placé de force, pieds et poings liés, à bord d’un avion-cargo militaire affrété par les États-Unis, à destination d’un pays dont il n’avait jamais entendu parler, alors même qu’il avait accepté de rentrer au Laos, son pays de nationalité.

« Le président américain se fiche complètement des vies brisées » 

« Je crois que les autorités américaines n’ont même pas contacté le gouvernement laotien avant de m’envoyer en Eswatini, souligne-t-il. C’est comme s’ils m’avaient puni… Parce que dès 2015, j’avais dit aux services américains de l’immigration que j’étais prêt à être renvoyé dans mon pays, le Laos. Le président américain se fiche complètement des vies qu’il a brisées, et des familles qu’il a détruites ».

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Après des mois de bataille juridique, Phone Chomsavanh est en route pour le Laos, son pays de nationalité, mais qu’il ne connaît pas non plus : il est né dans un camp de réfugiés en Thaïlande, après la fuite de ses parents. À l’âge de sept ans, sa famille s’était installée aux États-Unis. C’est là qu’il a grandi.

« Il va falloir que je m’habitue à la vie là-bas, que je m’adapte, et puis que j’essaie de trouver un travail. Ça va être difficile. C’est vraiment ce qui me préoccupe », confie-t-il.

Phone Chomsavanh veut reconstruire sa vie au Laos et compte sur le soutien de l’un de ses oncles, qu’il n’a encore jamais rencontré.

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