Élections en Israël: les clés pour comprendre le scrutin du 27 octobre 2026

Mardi 27 octobre, quelque 7,3 millions d'électeurs israéliens sont appelés aux urnes pour élire les 120 députés de la Knesset, « l'Assemblée » en hébreu. Une élection cruciale pour le Premier ministre sortant, Benyamin Netanyahu. Tour d’horizon d’un système électoral singulier, d’une mosaïque sociologique sous tension et des forces en présence.
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► Comment fonctionne le système électoral en Israël ?
C’est un système proportionnel plurinominal par liste, un scrutin secret, direct, national, tout le pays est considéré comme une seule et même circonscription. À l’exception des diplomates et autres émissaires, seuls les Israéliens présents en Israël le jour du vote peuvent accomplir leur devoir électoral. Dans le cadre de ce système, le nombre de sièges confié à un parti au sein de la Knesset reflète le pourcentage exact de voix qu’il a reçues des électeurs. À une différence près, le seuil électoral est passé successivement de 1% à 3,25%.
Ce seuil d’éligibilité a pour but de filtrer le nombre de partis finalement représentés à la Knesset. Puis au moment du décompte, les partis se départagent les voix des formations qui elles n’ont pas franchi le seuil électoral. C’est le résultat d’accords passés avant la consultation. Le résultat est qu’un parti qui franchit cette barre envoie au minimum 4 députés à la Knesset. Et c’est la raison pour laquelle des milliers d’Israéliens vivant à l’étranger se rendent en Israël pour participer au scrutin le jour des élections.
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► La barre des 61 sièges : le casse-tête de la majorité
Le système provoque un tohu-bohu politique. Les blocs politiques n’arrivent pas à se départager. En fait, depuis la création de l’État d'Israël en 1948 et jusqu’à ce jour, jamais un parti n’a obtenu la majorité absolue à la Knesset. Le Parlement israélien compte 120 députés et jamais aucun groupe parlementaire n’a approché les 61 sièges qui lui auraient permis de diriger seul les affaires du pays. Même le légendaire Mapai, l’ancêtre du Parti travailliste avec Ben Gurion à sa tête, était bien loin du compte. Le résultat : il a toujours fallu, et c’est encore le cas aujourd’hui, mettre sur pied une coalition gouvernementale. Avec toutes les concessions que cela implique. Le Premier ministre désigné dispose d’entre 28 et 42 jours pour mener à bien cette tâche.
En cas d’échec, deux autres tentatives peuvent être menées par des candidats différents avant la dissolution automatique du Parlement et la convocation de nouvelles élections. Le système accorde aux petits partis une force disproportionnée les transformant en faiseurs de roi. Leur ralliement à une coalition gouvernementale est souvent monnayé par des postes ministériels et des garanties budgétaires. C’est le cas notamment pour les partis religieux. Ou à l’opposé des partis arabes qui, eux, sont marginalisés.
► Une société fragmentée, un parlement à son image
La Knesset est morcelée à l’image de la population israélienne:
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Les laïcs (environ 40 à 45 % de la population juive) : installés surtout sur la côte et à Tel-Aviv, ils votent plutôt au centre ou à gauche. Leurs priorités : le coût de la vie et la fin des exemptions militaires pour les ultra-orthodoxes, un des sujets au centre de la campagne électorale.
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Les ultra-orthodoxes (13 à 14 %) : une communauté très unie et très disciplinée qui suit les consignes de leurs leaders spirituels. Leurs revendications sont toujours les mêmes: préserver les budgets de leurs écoles talmudiques et maintenir l'exemption de service militaire pour leurs étudiants.
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Les traditionalistes : souvent issus des familles séfarades, ils restent attachés aux coutumes sans pour autant être strictement pratiquants. Historiquement, ils constituent la base électorale de la droite populaire.
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Les russophones : près d'un million de personnes venues de l'ex-URSS. Ils défendent une ligne très dure sur le plan sécuritaire, mais restent farouchement laïcs face au pouvoir des rabbins.
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Les Arabes israéliens (environ 21 % de la population) : un bloc hétérogène composé de musulmans, de chrétiens, de Bédouins et de Druzes. Ces deux derniers groupes servent dans l’armée israélienne. Leurs voix se partagent entre les partis arabes, les formations de gauche ou du centre, et un taux d'abstention souvent élevé.
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► Les listes électorales en présence
34 partis ont officiellement déposé des listes. Deux partis se sont d’ores et déjà désistés. C’est le cas du mouvement Bleu Blanc de Benny Gantz qui était un des favoris lors des 3 précédentes consultations. Seulement une dizaine de partis ont de réelles chances de siéger à la Knesset au lendemain des prochaines élections..
Deux blocs politiques sont opposés et selon la majorité des sondages sont au coude à coude :
L’actuelle coalition, avec le Likoud de Benyamin Netanyahu qui reste le poids lourd de ce bloc avec l’extrême droite nationaliste et religieuse Otzma Yehudit (force juive) d’Itamar Ben-Gvir et le sionisme religieux de Bezalel Smotrich. Et les deux partis ultra-orthodoxes : le Shass (séfarade) et Yehadout HaTorah (ashkénaze)
L’actuelle opposition, avec le parti Yashar! de l'ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot qui mène dans la majorité des sondages. L’alliance BeYahad (Ensemble) avec ses deux dirigeants Naftali Bennett et Yair Lapid qui avait dirigé le précédent gouvernement. Et également Yisrael Beitenou, parti de droite laïque mené par Avigdor Lieberman. Seul véritable parti sioniste ouvertement en faveur de la solution à deux États: les Démocrates, issus d’une alliance entre les Travaillistes et le parti colombe Meretz
Fléau de la balance : le parti des réservistes et le mouvement de droite Amkha Israël qui toujours d’après les sondages ne sont pas certains de franchir le seuil d’éligibilité. Et deux partis arabes aux approches opposées : la liste unifiée et les islamistes pragmatistes de Ra’am menés par Mansour Abbas.
Les autres candidatures regroupent des partis thématiques (religieux, féministes ou économiques) et également des listes totalement folkloriques comme le traditionnel Parti des Pirates qui prône les libertés numériques et la transparence. Aucun de ces partis ne devrait franchir, sauf énorme surprise, la barre des 3,25%.
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