Gaz, essence, électricité : pourquoi tout va coûter plus cher cet hiver

La reprise des tensions au Moyen-Orient fait à nouveau flamber les prix de l’énergie en France, du gaz aux carburants jusqu’à l’électricité.
Après un été relativement calme, le conflit au Moyen-Orient est reparti de plus belle en septembre, avec des conséquences directes sur les prix de l’énergie en France. Qu’il s’agisse du gaz, des carburants ou même de l’électricité, plusieurs indicateurs repartent à la hausse au même moment, à l’approche de l’hiver.
Le gaz, premier touché par le blocage d’Ormuz
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième de la production mondiale de gaz naturel liquéfié, reste au cœur des tensions. La reprise des frappes entre les États-Unis, l’Iran et les attaques houthistes en Arabie saoudite ont ravivé les craintes sur les flux sortant du Golfe persique, forçant plusieurs pays à se tourner vers d’autres fournisseurs.
Conséquence directe pour les Français, le prix repère du gaz, qui concerne environ six millions de foyers abonnés à une offre indexée, a déjà augmenté de 5,6 % le 1er septembre. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient d’annoncer une nouvelle hausse de 6,3 % pour le 1er octobre, portant le tarif à 182,88 euros TTC du mégawattheure en moyenne. « Cette hausse est due quasi exclusivement à la guerre et aux routes d’acheminement du gaz qui ont été bloquées », explique Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting et Terra Nova, interrogé par franceinfo.
Pour une famille avec deux enfants se chauffant au gaz, cette seule hausse du 1er septembre représenterait un surcoût annuel proche de 100 euros, selon des estimations relayées par TF1 Info.
Les prix à la pompe retrouvent leurs pics de mars
Les automobilistes ne sont pas épargnés non plus. Début septembre, le gazole s’affichait à 2,228 euros le litre en moyenne nationale, le SP95-E10 à 2,069 euros et le SP98 à 2,158 euros, des niveaux qui se rapprochent du pic atteint fin mars, lors de la première fermeture du détroit d’Ormuz.
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Le pétrole brut a lui-même franchi la barre des 100 dollars le baril début septembre. Aux États-Unis, le prix du diesel à la pompe bat également des records, autour de 5,98 dollars le gallon selon l’Association automobile américaine (AAA). Les flux sortant du détroit d’Ormuz seraient tombés à environ 1,5 à 2 millions de barils par jour ces derniers jours, contre 8 millions fin août, selon les estimations de Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, rapportées par l’AFP. « Le marché n’a pas encore atteint le stade où le système d’approvisionnement régional serait complètement paralysé. Mais les barils qui continuent d’affluer sont désormais assortis d’une prime géopolitique bien plus élevée », complète Stephen Innes, également cité par l’AFP.
L’électricité française, longtemps épargnée, commence à suivre
Grâce à son mix nucléaire et renouvelable, la France semblait jusqu’ici relativement protégée de la flambée des hydrocarbures qui touche directement les centrales thermiques allemandes et italiennes. Mais depuis fin août, les prix de l’électricité livrée l’an prochain sur les marchés de gros ont eux aussi commencé à grimper, expliquent Les Echos, portés par le besoin accru de centrales à gaz pour compléter la production nucléaire lors des pics de consommation hivernaux.
Cette dynamique haussière touche l’ensemble du marché électrique européen, le gaz continuant de jouer un rôle central dans la fixation des prix, même dans un pays largement nucléarisé comme la France. À noter que cette hausse du marché de gros est distincte de celle déjà enregistrée sur le tarif réglementé (+2,5% au 1er août 2026), cette dernière étant liée à des raisons indépendantes de la crise actuelle.
Un hiver sous tension, sans certitude sur la suite
Du côté des réserves, la situation reste précaire. Les stocks de gaz allemands atteignaient un niveau historiquement bas début septembre, à seulement 53 % de remplissage, contre une moyenne européenne d’environ 67 %, un niveau lui-même jugé insuffisant à l’approche de la saison de chauffe par plusieurs experts du secteur.
Face à la grogne montante des automobilistes, le gouvernement a annoncé la prolongation de certaines aides ciblées pour septembre et octobre, notamment pour les grands rouleurs aux revenus modestes, sans toutefois s’engager sur un plafonnement des prix des carburants, faute de marge budgétaire. Reste une inconnue de taille pour l’hiver à venir : l’évolution du conflit au Moyen-Orient, dont dépend directement la trajectoire des prix de l’énergie pour les mois qui viennent.
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