Suède: la baisse de l'immigration et de la natalité entraîne la fermeture des écoles

La Suède fait face à une baisse historique de sa natalité. Son indicateur de fécondité a atteint son plus bas niveau historique, à 1,43 enfant par femme. Mais le royaume connaît un autre bouleversement démographique majeur, avec un net ralentissement de l'immigration. Et les conséquences sont déjà bien visibles. À Malmö, dans le sud du pays, la baisse du nombre d'enfants pousse la ville à fermer des établissements scolaires.
Plus aucun enfant ne joue dans la cour de récréation de l'école primaire Rosenholm, dans un quartier de Malmö. À l'intérieur de l'établissement, c'est le chantier. Les marteaux-piqueurs tournent à plein régime, des gravats jonchent le sol et des pots de peinture sont posés un peu partout. La rentrée des classes n'a pas sonné ici cette année. Faute d'élèves, Sara Wettergren, adjointe au maire de Malmö chargée de l'éducation, a dû fermer définitivement le portail dans cette ville connue pour avoir accueilli un grand nombre d'immigrés ces dernières décennies.
« Pendant les années de crise des réfugiés, nous avons accueilli près d'un millier de nouveaux élèves chaque année. Nous avons donc beaucoup construit, notamment des bâtiments provisoires. Et aujourd'hui, nous sommes en train de les démanteler. On a vraiment réduit les capacités de manière drastique. La baisse de l'immigration en Suède est évidemment l'une des raisons. On est passé d'un extrême à l'autre. À l'époque, on avait presque du mal à accueillir tous ces élèves et on construisait dans l'urgence, à tour de bras. Et maintenant, en quelques années seulement, on commence à réduire ces infrastructures à un rythme super rapide », explique l'adjointe au maire.
Les expulsions de migrants vers des pays tiers se sont en effet multipliées ces dernières années en Suède, tandis que les conditions pour rester sur le territoire se sont grandement durcies. Et puis, les Suédois, issus de l'immigration, ou non, font moins ou plus d'enfants. Près de 4 000 élèves pourraient donc manquer à l'appel dans les dix prochaines années à Malmö.
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« Si on considère qu'une école peut accueillir 500 à 600 élèves, cela représente sept ou huit écoles. Certains partis estiment que cela permettra simplement d'avoir moins d'élèves par classe. Mais ce n'est pas vraiment comme ça que ça fonctionne, parce que les établissements sont financés en fonction du nombre d'élèves. Le problème, c'est que si vous avez une école conçue pour 500 à 600 élèves et que vous n'en avez plus que 300, vous n'aurez pas les moyens d'employer suffisamment d'enseignants qualifiés. Et la qualité de l'enseignement risque alors de se dégrader fortement. Et oui, il est prévu qu'on ferme encore des écoles, et je pense que ça va surement susciter des protestations », souligne-t-elle.
Ces élèves de primaire – près de 100 – ont donc dû déménager leurs cartables dans un collège à proximité. Au premier étage, on trouve Ulrika Eriksson, la directrice du collège Augustenborg, qui a désormais la responsabilité de 700 élèves. Les nouveaux jeunes arrivants sont venus avec leurs enseignants. Donc la transition, dans ce cas précis, a été assez douce, assure la principale : « Nous avons dû faire quelques aménagements dans les locaux, mais nous avons réussi à les accueillir et ça s'est bien passé. Ils ont pu emporter avec eux l'essentiel de ce qu'ils voulaient garder : la balançoire ! Elle les accompagnera dans leur nouvelle vie. Mais c'est vrai qu'on est dans une nouvelle réalité et des décisions au niveau politique vont devoir être prises. »
À l'échelle nationale, cette baisse du nombre d'enfants correspond à la fermeture d'environ 800 crèches et 700 écoles primaires, selon l'association suédoise des municipalités et régions. Et d'ici 2035, la Suède pourrait compter 182 000 enfants de moins en âge d'être scolarisés.
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