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Saturday, October 10, 2026

Connaissez-vous ces secrets et particularités du métro?

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Le métro de Montréal célèbre ses 60 ans et, pour l’occasion, Le Devoir a dépisté dans ses tunnels certains de ses secrets et anecdotes historiques, fouillé ses apparitions au grand écran et dégagé ses particularités qui accompagnent les Montréalais au quotidien.

Le « papemétro »

Dans toute l’histoire du métro de Montréal, quelle journée a enregistré le record de passages ? Il s’agit du 11 septembre 1984, jour où les Québécois se sont rendus en masse au Stade olympique et au parc Jarry pour voir le pape Jean-Paul II, lors de sa toute première visite au Canada. Ils ont aussi pu entendre la toute jeune Céline Dion chanter « une colombe est partie en voyage » — pas son plus gros succès au palmarès, mais certainement un souvenir associé au passage du souverain pontife dans la métropole.

Les tourniquets ont enregistré 2 millions de passages ce jour-là, métro et autobus confondus. Pour donner une idée de l’ampleur de cette journée historique, la Société de transport de Montréal (STM) indique qu’il y a actuellement environ 1,1 million de déplacements par jour (bus et métro).

La Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal (ancien nom de la STM) avait même imprimé des billets de passage spéciaux pour la visite papale. Au coût de 2 dollars, le laissez-passer permettait de voyager en transport en commun toute la journée.

Et, pour la petite histoire, c’est le 25 avril 2018 que le métro a franchi le cap des 10 milliards d’entrées depuis son ouverture.

Un métro la nuit

Au millénaire dernier, le métro est resté ouvert toute la nuit à seulement deux occasions — toutes deux hors de l’ordinaire.

D’abord, lors de la « tempête du siècle », en mars 1971, il a roulé toute la nuit du 3 au 4 mars pour aider les gens coincés dans la neige. Près de 50 cm sont tombés en 24 heures, s’accumulant sur le tapis blanc déjà au sol. Les rues de la métropole sont devenues impraticables. Quelque 2000 automobilistes ont abandonné leurs véhicules et les autobus ont dû se mettre à l’arrêt. Le métro, lui, n’a pas vu l’ombre d’un flocon dans ses tunnels.

L’autre nuit fut celle du 31 décembre 1999. Ne craignant pas le « bogue de l’an deux mille », le métro a circulé sans relâche pour raccompagner à la maison tous ceux qui célébraient l’arrivée du nouveau millénaire.

Depuis 2009, les rames du métro circulent sans arrêt pour la Nuit blanche du festival Montréal en lumière. Et, depuis quelques années, ses heures se prolongent dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, bien après le « bonne année ! » qui résonne sur le coup de minuit.

La station secrète

Il y a un total de 68 stations sur les quatre lignes de métro — bleue, verte, orange et jaune. Mais il en existe une 69e, où la majorité des Montréalais n’ont jamais mis les pieds. Il s’agit en fait d’un centre de formation en sécurité incendie de la STM, qui n’est pas ouvert au public. Sa localisation est gardée secrète, même pour le personnel, par mesure de sécurité. Ceux qui s’y rendent pour une formation y accèdent avec un titre de transport spécial « zone ABCD et ¾ » — clin d’œil au monde magique de Harry Potter.

Composée d’un tunnel d’une cinquantaine de mètres, d’une plateforme et d’un vrai train, cette station secrète reproduit fidèlement l’environnement du réseau souterrain montréalais. Les futurs conducteurs du métro et les pompiers y sont formés et y apprennent, dans un milieu bien réel, à évacuer les passagers et à combattre les flammes et la fumée.

Un pop-corn avec ça ?

Plusieurs cinéastes québécois ont campé des scènes de leurs films dans le réseau souterrain du métro. On peut penser à Denis Villeneuve, qui a choisi la station Acadie pour des scènes de Maelström (2000), et à Denys Arcand, qui a filmé des scènes de Jésus de Montréal (1989) dans la station Place-Saint-Henri.

Des films américains ont aussi été tournés en partie dans le métro montréalais. L’une des scènes les plus marquantes — vu la célébrité des acteurs — a été filmée dans les profondeurs de la station Lionel-Groulx. On y voit Richard Gere et Bruce Willis en pleine poursuite dans le film d’action Le Chacal (The Jackal), qui fut présenté sur grand écran en 1997. Même si le décor était censé représenter le métro de Washington, les Montréalais, pas dupes, ont reconnu les tuiles rondes orange et jaunes distinctives de cette station.

La station Place-des-Arts a quant à elle été appelée à jouer le rôle du métro de New York dans le film de 2017 John Wick. Chapitre 2. Alors que l’acteur Keanu Reeves se bat dans une voiture du métro, on voit les banquettes de plastique bleu moulé où les Montréalais posent leur arrière-train au quotidien. La verrière colorée de la station, une œuvre de l’illustrateur Frédéric Back, est bien visible dans le long métrage.

La voix du métro

« Prochaine station : Champ-de-Mars. » La voix claire qui ne fléchit jamais est celle de la comédienne québécoise Michèle Deslauriers. Quoi de mieux qu’une voix rassurante pour parfois devoir annoncer aux voyageurs… une interruption de service. L’actrice, que l’on connaît entre autres pour son rôle de la mère de Martin Matte dans Les beaux malaises et pour ses prestations hautes en couleur lors des Bye bye de fin d’année, accompagne les voyageurs depuis 2003.

Tenir ce rôle semble être une histoire de famille : sa fille Caroline Dhavernas, aussi comédienne, est quant à elle la voix du Réseau express métropolitain (REM).

Mais les usagers ont toutefois pu entendre des voix différentes récemment. Pendant les séries de 2026, des joueurs des Canadiens de Montréal ont annoncé l’arrivée aux stations Bonaventure et Lucien-L’Allier — tout près du Centre Bell, où se déroulent leurs matchs.

Quant au célèbre « dou-dou-dou » annonçant la fermeture des portes, il n’était pas, à l’origine, une musique d’avertissement soigneusement choisie. En fait, il s’agissait du son naturellement produit par le hacheur de courant (le dispositif électronique qui règle l’alimentation des moteurs) au démarrage des anciennes rames.

Vu l’attachement des Montréalais pour ce son distinctif — en trois notes ascendantes —, la STM a enregistré et introduit en 2010 un nouveau timbre sonore inspiré de l’original, qui peut être entendu dans toutes les voitures.

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