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Monday, September 14, 2026

Virage numérique : un dépassement de coûts qui ne passe pas

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L’épineux dossier de la gestion de la transformation numérique s’est invité dans la campagne électorale par le biais d’un article de Radio-Canada qui révélait ce matin que le coût de SIFA, un projet informatique de Santé Québec d'abord évalué à 96 millions de dollars, pourrait finalement coûter plus d'un milliard de dollars. Il n'en fallait pas moins pour raviver le spectre du fiasco SAAQclic et des dépassements de coûts impressionnants dans les projets gouvernementaux.

Les libéraux ont dénoncé vertement la mauvaise gestion du projet par le gouvernement de Christine Fréchette dans leur point de presse matinal.

On en a plein notre casque, des scandales financiers à la Coalition avenir Québec [...] un autre système de la CAQ qui engloutit notre argent, qui engloutit les fonds publics, a lancé le chef, Charles Milliard.

Il a fait un parallèle avec le scandale SAAQclic, qui a mené aux travaux de la commission Gallant. Qu'est-ce que Christine Fréchette n'a pas compris?, a ajouté le chef du Parti libéral du Québec (PLQ).

À ses côtés, son candidat dans Nelligan, Monsef Derraji. s'est emporté, affirmant que Christine Fréchette avait enfreint la loi en n'écoutant pas l'avis du dirigeant principal de l'information, qui avait recommandé, selon des sources de Radio-Canada, de ne pas aller de l'avant avec le projet.

Il y avait sur la table un rapport de KPMG, il [le gouvernement Fréchette] a oublié le rapport, il a foncé droit dans le mur en injectant de l'argent supplémentaire, a dénoncé M. Derraji.

Mme Fréchette a jeté dans la poubelle l'avis d'un expert qui lui a dit d'arrêter le projet. Ce projet, aujourd'hui, nous coûte en tant que contribuables québécois 1,1 milliard. Ça ne prend pas un doctorat pour comprendre qu'ils l'ont raté complètement.

Quand tu jettes à la poubelle l'avis d'un expert, quand tu jettes à la poubelle l'avis de KPMG, tu ne mérites pas le poste de premier ministre. Point à la ligne, a ajouté M. Derraji.

Après le fiasco SAAQclic, on savait ce qu'il fallait faire. Le juge Gallant l'a dit : ça prend de la transparence, ça prend une meilleure gouvernance. Cette gestion chaotique de la CAQ se répète, a soutenu pour sa part Michelle Setlakwe, candidate dans Mont-Royal-Outremont.

Le PQ veut mettre sur pause tous les projets informatiques

Le Parti québécois (PQ) a, de son côté, non seulement dénoncé ce nouveau dépassement de coûts, mais est passé à l’attaque en s’engageant, une fois au pouvoir, à mettre sur pause tous les projets de transformation informatique en cours au gouvernement, le temps d’en faire un audit et de s’assurer que les contrats sont bien ficelés.

Marie-Claude Sarrazin se tient devant un microphone, aux côtés de Pascal Bérubé au second plan.

Pascal Bérubé, député sortant et candidat dans Matane-Matapédia-Mitis, et Marie-Claude Sarrazin, candidate dans Groulx, commentent les dépassements de coûts du projet SIFA lors d'un point de presse.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

C’est Marie-Claude Sarrazin, une ancienne procureure à la commission Gallant – la commission d'enquête publique sur les ratés de la transformation numérique de la SAAQ – et candidate dans Gouin, qui en a fait l’annonce, en l'absence de Paul St-Pierre Plamondon qui reste en retrait pour se préparer aux débats de cette semaine.

On ne peut pas continuer sur cette mauvaise lancée, a lancé en point de presse Marie-Claude Sarrazin.

On va faire l’audit de tous les projets informatiques en cours pour s’assurer que l’analyse des besoins a été bien faite, que les projets n’ont pas été pensés en fonction des solutions offertes par les joueurs du marché, mais plutôt en fonction des besoins de l’État québécois pour rendre de meilleurs services aux citoyens, a-t-elle affirmé.

Le Parti québécois s’engage aussi à privilégier, en fait de transformation numérique, des programmes composés de plusieurs petits projets plutôt que des projets mammouths qui mènent à la dérive. Ce faisant, les plus petits joueurs québécois pourront participer à la transformation numérique de l’État, croit le PQ.

Dans le cas de SIFA, l'intégrateur, c'est LGS, le même intégrateur que dans SAAQclic, le même paravent québécois d'IBM, parce qu'il est la propriété à 100 % d'IBM, comme on l'a démontré la commission Gallant, a relevé l’ex-procureure de la commission.

Si le contrat est mal ficelé et favorise l'obscurité, le gouvernement Fréchette avait beau promettre une meilleure gouvernance et une meilleure transparence dans la reddition de compte, c'était impossible de le faire, a-t-elle souligné.

Un nouveau SAAQclic, dénonce Duhaime

Le chef conservateur Éric Duhaime s'est pour sa part dit scandalisé, comme l'ensemble des contribuables aujourd'hui, du dépassement de coût autorisé de près d’un milliard de dollars dans le projet informatique SIFA, et ce, malgré plusieurs mises en garde.

Il estime que ce dépassement de coûts est pire que celui de SAAQclic, qui a atteint 600 millions. Là, on parle d'un dépassement de 900 millions.

On pensait qu'ils avaient appris de leur erreur. Non seulement ils n'ont pas appris, mais c'est encore pire ce qu'ils nous proposent aujourd'hui [...] Et pire que pire, ils n'ont pas écouté les signaux de leur propre machine, a dénoncé le chef du PCQ.

Après ça, ces gens-là se permettent de nous dire qu'on veut couper à la tronçonneuse parce qu'on veut éliminer le gaspillage des fonds publics, alors qu'eux font des dépenses aussi loufoques.

Christine Fréchette devrait être gênée , dit QS

La co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, s'est elle aussi indignée du dépassement de coût d'environ 900 millions de dollars accepté par le gouvernement de Christine Fréchette dans le projet SIFA.

Le dépassement de coût est ahurissant. C'est l'argent des Québécois! Christine Fréchette devrait être gênée ce matin, parce que c'est sa responsabilité.

La co-porte-parole a rappelé que deux éléments ont été mis en lumière dans le scandale SAAQclic : les drapeaux rouges ignorés de certains fonctionnaires et le manque d'expertise du gouvernement pour encadrer de tels contrats de transformation informatique.

C'est elle qui a donné le go [...] malgré tous les drapeaux rouges qui ont été soulevés par les fonctionnaires. [...] Elle a décidé de ne pas les écouter et d'aller de l'avant, a dénoncé Mme Ghazal. Et au même moment où ces gens-là ont levé le flag, elle propose de couper dans la fonction publique, dans l'expertise de l'État.

Québec solidaire s'assurerait d'avoir l'expertise interne pour ne pas que les gouvernements se fient aveuglément aux entreprises privées qui chargent la grosse facture, et que ce soit encore les Québécois qui payent, a-t-elle indiqué.

Pas de dépassement de coûts, mais plutôt du courage politique, selon la CAQ

France-Élaine Duranceau derrière un micro dans un studio radio.

La ministre caquiste sortante France-Élaine Duranceau, en entrevue à l'émission Midi info le 14 septembre 2026.

Photo : Radio-Canada

La ministre sortante de la Cybersécurité et du Numérique (MCN), France-Élaine Duranceau, soutient de son côté qu’il n’y a pas de dépassement de coûts, puisque ce projet-là a été mal budgété dès le départ.

On a tenu compte de toutes les recommandations du MCN et on a dit à Santé Québec d’aller faire des devoirs additionnels sur tous les éléments soulevés par le MCN et c’est pour ça que Santé Québec doit revenir au conseil des ministres le 31 janvier prochain, a expliqué la ministre au micro de l’émission Midi info.

Moi je pense que ce dont on a fait preuve, dans ce dossier-là, c’est du courage politique , a-t-elle ajouté.

Avec les informations de Joëlle Girard et Jean-François Thériault

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