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Friday, October 30, 2026

Un policier du SPVM aurait effacé la preuve fournie par une victime de violence conjugale

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Un policier du poste de quartier 39 de l'arrondissement de Montréal-Nord a été déplacé avec interdiction d'entrer en contact avec le public, le mois dernier, parce qu'il est visé par des allégations d'avoir détruit de la preuve vidéo qui se trouvait dans le téléphone intelligent d'une femme victime de violence conjugale, qui souhaitait la remettre à la police, a appris Radio-Canada.

Selon nos informations, un agent et une agente du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui travaillaient en duo, se sont présentés à un domicile de Montréal-Nord pour répondre à un appel d'urgence d'une femme qui se disait victime de violence conjugale, il y a quelques semaines.

La femme aurait ouvert l'album de son téléphone intelligent pour présenter aux policiers des preuves vidéo des menaces et des voies de fait qu'elle avait subies.

Le policier aurait alors reconnu le présumé agresseur et conjoint de la victime de violence conjugale. Selon nos informations, il aurait alors décidé d’effacer entièrement le contenu incriminant, sous les yeux de sa partenaire.

La policière aurait alors averti les deux sergents en devoir pour les informer des agissements de son collègue. Leur inaction l'aurait incitée à aller à un niveau supérieur dans l'organisation du SPVM pour qu'une intervention se fasse.

Suspensions et enquête interne

Nos sources nous indiquent que le policier visé par ces allégations a été déplacé dans un autre poste par la Division des normes professionnelles il y a un mois et demi environ, soit à la mi-septembre, avec interdiction d'entrer en contact avec le public.

Les deux sergents qui ne seraient pas intervenus devant les faits ont été relocalisés dans l'organisation du SPVM.

Une enquête interne pour destruction de preuve et entrave à la justice est en cours pour faire la lumière sur ces gestes allégués.

Ma confiance est ébranlée par rapport à plusieurs policiers qui font ombrage, sérieux ombrage, au travail de certains policiers qui est exceptionnel, a déclaré la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, appelée à réagir à cette histoire.

Fady [Dagher], le directeur de police, a énormément de réponses à donner aux citoyens de Montréal aujourd'hui, avec un autre épisode qui vient de se rajouter. Il a un devoir de rétablir la confiance avec les citoyens, puis je m'attends à ce que ça soit le travail qu'il [fasse] dans les prochains jours.

Un portrait de Soraya Martinez Ferrada dans l'atrium de Radio-Canada.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Kim Bouchard

Chose certaine, l’affaire est une nouvelle tuile qui s’abat sur le SPVM.

Nous souhaitons prendre connaissance de l'entièreté du dossier. Nous n'émettrons aucun commentaire, a déclaré le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur.

Le SPVM n'avait toujours pas réagi à cette affaire au moment de publier ces lignes.

Le poste de quartier 39 avait déjà été ébranlé, en juin dernier, par le démantèlement d'une équipe de 16 policiers dont certains sont visés par des allégations d'actes discriminatoires et de racisme. Le dossier est entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

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