Élections législatives en Lettonie: un vote sous haute tension sécuritaire et économique

Les Lettons vont aux urnes ce samedi 3 octobre 2026 pour renouveler leur Parlement. Quatorze listes, près de 1 400 candidats pour 100 sièges : dans ce pays limitrophe, la défense et la sécurité sont évidemment dans le débat, mais le consensus pour la financer est assez large. Les questions de société dominent depuis les manifestations pour défendre la Convention d'Istanbul qui protège les droits des femmes. À l'issue du scrutin, la répartition des forces politiques va déterminer la nouvelle coalition gouvernementale. État des lieux avec notre correspondante dans les pays baltes.
De grandes affiches avec les têtes de liste et le nom du parti en grosses lettres, voilà ce que l'on perçoit de la campagne électorale dans les rues de Riga. Avec deux autres candidats du parti des Progressifs, Nils Muiznieks a tenu une permanence dans un café de la capitale : « On a une régression dans plusieurs domaines, pas mal de paroles racistes, on a aussi les attaques sur les médias publics. Pour lutter contre toutes ces tendances négatives, je veux mener la lutte dans l'arène politique. »
La Liste unie menée par l'actuel Premier ministre, Andris Kulbergs est en tête des intentions de vote. Il est arrivé au pouvoir récemment, après la démission de la Première ministre en mai dernier. Il est très présent sur les réseaux sociaux, son style très direct détonne, mais son programme reste vague. Le politologue Janis Ikstens analyse la situation : « Le développement économique, la réduction des prix, la sécurité, le système de santé... Voilà les sujets qui intéressent les électeurs. Les politiciens, au contraire, parlent surtout d'immigration, ils parlent un peu des questions économiques. Comme la campagne électorale est très présente sur les réseaux sociaux, ils peuvent l'orienter à leur manière. »
En Lettonie, un quart de la population est russophone et une partie d'entre elle est pro-Poutine. Les liens entre la cheffe du parti Pouvoir souverain, en bonne place dans les sondages, et le Kremlin ont été révélés par la presse locale. Janis Ikstens poursuit : « À l'indépendance, les partis lettons étaient absolument pour, tandis que les partis représentant les russophones étaient contre. Tout cela a été attisé par la Russie. Et c'est ce que l'on voit toujours dans la propagande russe : elle remet en question l'existence de la Lettonie, et cela continue jusqu'à aujourd'hui. »
Comme par le passé, ces partis ouvertement pro-Kremlin seront écartés du pouvoir. Ce qui inquiète les observateurs de la vie politique sont les attaques contre la société civile. Elina Grinhofa travaille pour l'Alliance civique de Lettonie. Elle en est témoin : « Le ministre de la Culture du parti Alliance nationale a arrêté de travailler avec une association qui travaille pour aider les migrants. Tout simplement parce que cela ne correspond pas à leur vision du monde. »
L'enjeu va être la formation de la nouvelle coalition. L'actuelle reprendrait bien du service. Mais certains partis vont perdre de leur influence et plusieurs lignes rouges n'ont pas été tracées pour la coopération avec certains partis très populistes.
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