: la consommation responsable expliquée aux enfants
Manger local, éviter la fast-fashion, composter, se déplacer à vélo, faire le ménage de sa boîte courriel… Les petits gestes individuels pour agir contre la crise climatique sont nombreux et parfois oubliés. La bédéiste Chloé Germain les illustre et les explique dans son livre La crise climatique. La révolution des habitudes, qui s’adresse aux jeunes de 10 ans et plus.
L’autrice est préoccupée par l’état du monde que les humains laisseront aux enfants, notamment à sa fille de 12 ans. Elle souhaite donc stimuler des discussions sur les enjeux environnementaux, qui semblent avoir disparu de nombreux débats publics.
« Je crois beaucoup au pouvoir de l’éducation, de la conscientisation. Les jeunes vont prendre les grandes décisions plus tard », rapporte en entrevue Mme Germain, qui collabore au Devoir comme caricaturiste.
Loin de vouloir faire peur en dressant un portrait catastrophique de la situation, elle souhaite inspirer et donner de l’espoir. Changer ses habitudes de vie n’a pas à être perçu comme un sacrifice.
« On a beaucoup à gagner en revoyant notre façon de vivre et en recréant des liens. Il y a un vide qu’on essaie parfois de combler par la consommation. Mais il y a des gestes qui peuvent être vraiment enrichissants, nourrissants, bons pour la santé, bons pour la planète », assure Mme Germain.
Pour s’adresser aux enfants, elle présente cette « révolution des habitudes » comme une aventure dont ils sont les héros. Le ton est amical — jamais moralisateur — et les illustrations, entre la pollution grise et la végétation luxuriante, sont évocatrices.
Plusieurs solutions proposées sont également de bons rappels pour les adultes, qu’on parle de stratégies pour éviter le gaspillage alimentaire, de stockage de données ou de modes de transport. « Certains gestes concernent moins les enfants, mais ils peuvent en parler avec leurs parents », souligne aussi l’autrice.
Éviter de culpabiliser
« L’idée n’est pas de culpabiliser les gens, poursuit-elle. Je ne suis pas parfaite : j’ai une voiture, je fais plein de choses qui ne sont pas nécessairement cohérentes. Mais il faut essayer petit à petit, selon notre capacité d’action. »
La dernière partie du livre est une invitation à se reconnecter au vivant. « Peut-être que si on arrêtait de se mettre à part et qu’on prenait conscience qu’on fait partie de la nature au même titre que n’importe quoi de vivant sur Terre, ça changerait nos façons d’agir », dit celle qui habite « dans le fond de la campagne ».
Le premier tome de cette série qui en comporte trois, intitulé La crise climatique. La comprendre et y faire face, décortique les causes et les conséquences de la crise climatique. Il a été chaleureusement reçu dans les milieux scolaires, si bien qu’il est en réimpression. Il est aussi finaliste aux Prix littéraires des enseignants de français 2026. « Mon rêve est que ce soit dans toutes les écoles », indique Mme Germain.
Le troisième et dernier tome s’attardera aux solutions collectives et systémiques aux changements climatiques. La bédéiste est convaincue qu’un mouvement est en marche et qu’il est encore possible de renverser la vapeur. « On n’a pas grand-chose à perdre à essayer de changer les choses. »
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