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Wednesday, September 16, 2026

Un élu républicain dépose des articles de mise en accusation contre Pete Hegseth

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Le représentant républicain Thomas Massie a présenté, mardi, plusieurs articles de mise en accusation contre le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, l'accusant notamment d'avoir violé la Constitution américaine dans sa conduite de la guerre en Iran.

M. Massie, l'un des seuls républicains à critiquer Donald Trump et son administration, a rédigé huit articles de mise en accusation pour crimes graves et délits, qu'il a lus devant la Chambre des représentants.

C'est la première fois qu'un élu du même parti que le président américain tente de lancer une procédure de destitution contre un secrétaire à la Défense.

Farouche opposant à la guerre lancée contre l’Iran en février dernier, Thomas Massie reproche notamment à Pete Hegseth d’avoir enfreint trois dispositions de la loi de 1973 sur les mesures de guerre, liées à autant de motifs invoqués pour une mise en accusation.

Il l'accuse ainsi d'avoir engagé les États-Unis dans ce conflit sans l'autorisation du Congrès, et d’avoir poursuivi l'offensive malgré le vote du Congrès demandant le retrait des forces américaines, en juin dernier, et au-delà du délai de 60 jours prévu par la loi.

En participant à des hostilités en Iran depuis plus de 90 jours sans l’autorisation du Congrès, le secrétaire Hegseth enfreint la loi et doit répondre de ces actes.

Les violations de la Constitution commises par le secrétaire Hegseth vont au-delà de la guerre illégale en Iran, a-t-il soutenu dans un communiqué, l'accusant d'abuse[r] des pouvoirs que lui confère sa fonction.

Ainsi, le document d'une trentaine de pages accuse également Pete Hegseth d’avoir ignoré des lois visant à réduire les pertes civiles, citant entre autres la frappe américaine contre une école de Minab, en Iran, qui a fait plus de 150 morts, en majorité des enfants de 7 à 12 ans, au tout début de la guerre.

Thomas Massie reproche également à l'ancien animateur de Fox News l’exécution extrajudiciaire de plus de 200 personnes dans des frappes américaines menées dans la mer des Caraïbes et dans l’océan Pacifique contre des bateaux accusés de narcotrafic.

Il l'accuse aussi d’avoir réprimé la liberté d’expression par ses représailles contre le sénateur démocrate Mark Kelly, qui avait appelé les militaires à ne pas obéir aux ordres illégaux, d'avoir enlevé le président vénézuélien déchu Nicolás Maduro sans en avoir l'autorité légale et d'avoir mené une guerre illégale au Yémen.

Bête noire du président

Thomas Massie parle devant un lutrin installé devant le Capitole, aux côtés de Ro Khanna et de Marjorie Taylor Greene.

Le démocrate Ro Khanna, le républicain Thomas Massie ainsi que sa collègue Marjorie Taylor Greene (qui siégeait alors encore à la Chambre), ont pris la parole lors d'une conférence de presse avant le vote sur la publication du dossier Epstein, en novembre 2025.

Photo : Getty Images / Agence France-Presse / DANIEL HEUER

Le républicain Thomas Massie, l'un des instigateurs de la loi qui a contraint le département de la Justice à rendre public le dossier du délinquant sexuel Jeffrey Epstein, s'était attiré les foudres du président américain avec sa démarche.

L'élu, qui représente un district du Kentucky, a par la suite perdu sa primaire républicaine au profit d'un adversaire soutenu par Donald Trump. Dans un geste hautement inhabituel pour un membre du Cabinet, Pete Hegseth avait lui-même fait campagne pour le rival de M. Massie.

Mais ce dernier semble déterminé à tenir tête au président jusqu'à la fin de son mandat.

Il a eu recours à une procédure qui oblige la Chambre à examiner les articles de mise en accusation dans les deux jours législatifs qui suivent.

Le vote devrait donc se tenir d'ici jeudi, alors que les élus s’apprêtent à quitter Washington à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.

Il est hautement improbable que la résolution aboutisse. Sa manœuvre risque toutefois de placer certains de ses collègues républicains dans une position délicate, alors que la guerre en Iran, qui fait grimper les prix à la pompe, reste impopulaire auprès des Américains.

Selon Politico, le vote posera également un dilemme pour plusieurs démocrates, favorables à une mise en accusation formelle, mais à l'issue d’une enquête menée par le comité des Forces armées de la Chambre des représentants, advenant une reconquête démocrate de la Chambre.

En avril, des élus démocrates avaient eux aussi déposé une résolution demandant la mise en accusation du secrétaire à la Défense.

Une facture qui continue de grimper

Plus tôt dans la journée, le Bureau du Congrès pour le budget (CBO), sans affiliation partisane, a estimé que le conflit avait coûté 38 milliards de dollars américains aux États-Unis entre son lancement et le début du mois d'août.

Son évaluation dépasse les prévisions budgétaires exposées en juillet par Pete Hegseth, qui avait affirmé que le conflit devrait coûter, jusqu'à la fin de septembre, 37,5 milliards $ US.

La facture continuera de s'alourdir de 2 milliards $ US par mois si l'intensité du conflit diminue, prévient le CBO, mais grimpera à 3 milliards en cas d'accélération, comme cela a été le cas ces dernières semaines.

À lui seul, le coût de remplacement des munitions utilisées jusqu'ici se chiffrerait à 21,7 milliards de dollars américains, selon le CBO.

Dans un rapport publié lundi, le secrétaire américain à la Défense a reconnu une « pénurie » de munitions liée à la guerre en Iran, un constat que l'administration Trump avait pourtant constamment refusé de confirmer ces derniers mois.

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Avec les informations de Agence France-Presse, The Guardian et Reuters

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