COP17 : Greenpeace et WWF mitigés à l’issue du sommet sur la biodiversité à Erevan

Greenpeace salue le cadre de Kunming-Montréal qui vise à mettre fin à la perte de biodiversité d’ici 2030, mais considère néanmoins que le sommet est "décevant". "À quatre ans de l’échéance, le monde accuse un retard considérable sur 22 des 23 objectifs, alors que la COP17 aurait justement dû donner l’impulsion et le coup d’accélérateur nécessaires", souligne l’ONG. Elle dénonce également des tentatives visant à affaiblir les droits des peuples autochtones.
Greenpeace appelle les gouvernements à traduire leurs promesses en actions concrètes au niveau national, ce qui nécessite "des ressources suffisantes, la suppression des subventions néfastes et le respect strict des droits des communautés autochtones". "La COP17 a manqué à son devoir en ne reconnaissant ni le droit à l’autodétermination des peuples autochtones et des communautés locales, ni une protection ferme de leurs droits. Les gouvernements ne pourront jamais atteindre les objectifs environnementaux fixés pour 2030 s’ils sapent les droits de ceux qui sont les véritables protecteurs de la nature. Il ne suffit pas de leur accorder une place à la table des négociations, ils doivent se voir conférer un véritable pouvoir de décision sur leurs propres territoires et leur avenir", soutient l’expert en forêts et biodiversité chez Greenpeace Afrique, Bonaventure Bono.
Protection de la biodiversité en Belgique dramatiquement insuffisante
L’ONG environnementale soutient par ailleurs que la politique de protection de la biodiversité en Belgique est "dramatiquement insuffisante". Elle note l’absence d’inventaire des subsides néfastes pour l’environnement. De son côté, le WWF salue l’évaluation mondiale réalisée à Erevan, qui "envoie un signal fort aux pays", en leur indiquant qu’ils doivent redoubler d’efforts en matière de mesures en faveur de la nature.
L’ONG note néanmoins que sans augmentation des moyens à cet effet, le financement restera le principal obstacle. Elle appelle les négociateurs à traduire cette évaluation en mesures claires et ciblées pour accélérer la restauration de la nature en transformant les secteurs et les activités "les plus néfastes".
Le WWF déplore également l’absence de progrès concernant le mode de fonctionnement du Fonds de Cali, perçu comme un des principaux résultats de la COP16, en Colombie. Le fonds a pour objectif de collecter au moins un milliard de dollars chaque année auprès des entreprises qui utilisent des informations de séquençage numérique issues de ressources génétiques pour fabriquer des produits.
Certains pays suggèrent que le fonds doive atteindre un seuil critique de 150 à 200 millions d’euros avant de pouvoir être activé, note l’ONG. L’organisation reconnaît que les entreprises qui tirent profit de la nature ne partagent toujours pas leurs bénéfices avec les peuples autochtones et les communautés locales, mais elle se réjouit que les parties soient parvenues à un compromis permettant de s’accorder sur la gouvernance d’un organe qui garantit la participation "pleine et effective" des peuples autochtones et communautés locales aux travaux de la convention de la diversité biologique.
Le WWF souligne par ailleurs qu’en marge de la COP17, la présidence arménienne du sommet a annoncé que 1,8 milliard de dollars de promesses de financement ont été mobilisés par les participants ou encore qu’une déclaration commune serait créée pour harmoniser la mise en oeuvre des trois COP consacrées au climat. "La biodiversité ne concerne pas seulement les animaux sauvages, mais aussi les écosystèmes qui assurent notre survie et celle de nos économies", souligne le directeur mondial des politiques multilatérales au WWF International, Guido Broekhoven.
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