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Sunday, November 8, 2026

Mark Walter devra-t-il se résoudre à vendre la LPHF?

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Au rythme où le milliardaire américain Mark Walter liquide son empire sportif, une question refuse de disparaître: qu’adviendra-t-il de Marie-Philip Poulin et de ses consoeurs de la LPHF?

Jusqu’à l’été dernier, Mark Walter était à la tête d’un des plus impressionnants et florissants empires sportifs de la planète. Il était à la fois propriétaire de Dodgers de Los Angeles de la MLB, des Lakers de Los Angeles de la NBA, de la nouvelle écurie Cadillac en F1, du Sparks de Los Angeles de la WNBA, co-actionnaire du club de foot Chelsea en Premier League anglaise et propriétaire de la LPHF, dont la Victoire de Montréal fait partie. 

L’étoile de Walter s’est toutefois mise à pâlir quand les autorités financières fédérales américaines ont découvert que l’achat de ces propriétés sportives avait été en grande partie financé par des prêts obtenus auprès de compagnies d’assurance contrôlées par Walter. C’est plus de 20 milliards qui ont ainsi changé de main pour financer des investissements de Walter. Cet argent, soulignons-le, provenait des épargnes de retraités ayant acheté des rentes viagères auprès de ces compagnies d’assurance.

À cause de la grande sensibilité des transactions financières conclues entre deux compagnies parentes, la Securities and Exchange Commission (SEC) exige qu’elles soient clairement divulguées. Or, ça n’avait pas été le cas. La SEC n’a été mise au courant de ces importantes informations qu’après le début de son enquête.

En plus de faire face à des enquêtes du Département de la Justice et de la SEC, Mark Walter et ses entreprises sont visés par un recours collectif intenté par des rentiers estimant avoir été privés d’informations essentielles quant à leur sécurité financière.

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Pour renflouer les coffres desdites compagnies d’assurance, Mark Walter se voit donc contraint de liquider ses propriétés sportives. En août dernier, il a choqué le monde du sport en vendant les Lakers pour 12,5 milliards à un groupe dirigé par Josh Kushner. Walter s’était pourtant porté acquéreur de cette équipe seulement un an auparavant.

Puis, un mois plus tard, la mi-septembre, ce sont les actions que Walter détenait dans le club de soccer Chelsea qui sont passées dans le tordeur. Cette transaction avait alors particulièrement attiré l’attention dans le monde de la F1, où l’écurie Cadillac dispute sa première saison. 

TWG Motorsport, la compagnie de Mark Walter qui possède Cadillac F1, avait alors diffusé un communiqué affirmant sans équivoque que la vente de l’écurie n’était pas envisagée. Or, l’écurie Cadillac devra bientôt débourser 300 millions pour faire partie du plateau lors de la saison 2027, et Walter ne peut plus puiser dans les coffres de ses compagnies d’assurance pour répondre à ses obligations.

La semaine dernière, ce qui devait arriver arriva. Le Wall Street Journal a révélé que Walter est en train de négocier la cession d’un important bloc d’actions de l’écurie Cadillac au Fenway Sports Group. Cette dernière entreprise est dirigée par John Henry, le propriétaire des Red Sox de Boston.

Cette transaction n’est pas encore finalisée. Mais, compte tenu de la situation dans laquelle se trouve Mark Walter, on peut fortement présumer qu’un pourcentage appréciable des actions de Cadillac F1 est sur le point de changer de main.

De mois en mois, l’empire sportif de Mark Walter rétrécit donc comme une peau de chagrin. Et il lui reste de moins en moins de propriétés à vendre. Il est par ailleurs difficile d’imaginer qu’il se résignera à vendre les Dodgers, qui sont en quelque sorte les joyaux de sa couronne. 

Mark Walter et Donald Trump lors d'une cérémonie à la Maison-Blanche, entourés des joueurs des Dodgers de Los Angeles.

Mark Walter a offert au président Donald Trump une bague de championnat des Dodgers après leur titre en 2025.

Photo : Getty Images / SAUL LOEB

Il est donc tout à fait normal de se poser des questions quant à l’avenir de la LPHF. Pour l’instant, le principal défi consiste toutefois à établir ce que pourrait rapporter la vente de la ligue dans son ensemble ou de ses équipes en pièces détachées.

Depuis sa création en 2023, la LPHF est une entité dont les opérations et la mise en marché sont centralisées. Les dirigeants sportifs de la LPHF se rapportent donc tous au même propriétaire.

Dans une intéressante analyse publiée l’été dernier, la firme d’avocats Gowling écrivait que cette façon de faire permet de protéger les marchés les plus vulnérables de la ligue pendant que ses dirigeants développent des sources de revenus nationaux, tant au Canada qu’aux États-Unis, en vendant des droits de diffusion ou, par exemple, en concluant des partenariats de commandite.

Quand la renommée de la ligue et une base de revenus suffisamment solide auront été établies, il n’est pas difficile d’imaginer que les propriétaires de la LPHF voudront faire banco en vendant chacune de leurs concessions à fort prix. 

Dans son analyse, Gowling soulignait que plus de 1,16 million de spectateurs avaient assisté aux quelque 120 matchs présentés par la LPHF en 2025-2026, soit une moyenne de 9300 spectateurs par match. Les revenus provenant des commandites étaient en hausse de 35% par rapport à la saison 2024-25. Les ventes de produits dérivés étaient quant à elles en hausse de 50%. Par ailleurs, les recettes découlant des ventes de billets en saison régulière avaient bondi 70% même si le nombre de matchs disputés n’avait augmenté que de 30% (en raison d’une expansion de deux équipes).

Puisque la LPHF passera de 8 à 12 équipes cette saison, il n’est pas déraisonnable de croire que ce rythme de croissance sera maintenu ou surpassé. Avec l’Association des joueuses, la ligue vient par ailleurs de conclure une entente qui l’assure d’une stabilité quant aux coûts d’opérations. Dans cinq ans, le salaire minimum des joueuses ne s’élèvera qu’à 52 200$. Pour d’éventuels investisseurs, ce sera alléchant.

Toutefois, étant donné que le nombre d’équipes composant la ligue n’est pas encore optimal et que les prochains contrats de télédiffusion n’ont pas encore été négociés, il reste énormément de valeur à développer. Pour Mark Walter, ça ne semble donc pas être une bonne idée de monétiser la LPHF à ce stade-ci, à moins qu’il en soit réduit à racler les fonds de tiroirs dans l’espoir de régler ses différends avec la justice. 

En fait, Walter a peut-être déjà commencé à manoeuvrer pour gagner du temps et permettre à son investissement dans le hockey féminin de croître davantage avant de passer à la caisse.

À la fin de juin dernier, juste avant que les problèmes de Mark Walter commencent à faire les manchettes, l’homme d’affaires torontois Larry Tanenbaum (ex-actionnaire de Maple Leaf Sports & Entertainment) a acquis une participation de 100 millions dans la LPHF. La famille Illitch, propriétaire des Red Wings de Détroit, s’est aussi jointe à la ligue à titre d’actionnaire.

Mark Walter a donc trouvé des partenaires qui connaissent le hockey et qui sont capables de financer la croissance de la LPHF pendant qu’il a les mains liées.

Il est donc difficile de prédire quelle sera la prochaine propriété sportive de Mark Walter à être vendue. Mais les paris sont assurément ouverts.  

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