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Thursday, October 29, 2026

L’an 1 de Soraya Martinez Ferrada | La mairesse de Montréal promet une ville digne des Jeux olympiques

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Les Montréalais doivent se préparer à financer un grand rattrapage d’investissement dans les prochaines années, prévient Soraya Martinez Ferrada. Mais elle leur promet de remettre la métropole dans un état digne d’accueillir la planète, y compris pour des Jeux olympiques.

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C’est l’appel qu’a lancé la mairesse mercredi, en entrevue avec La Presse pour le premier anniversaire de son élection. Dans l’ensemble, elle se donne la note de 7/10 pour son travail et envisage déjà un deuxième mandat. À titre de comparaison : après 100 jours, en février, l’élue se donnait la note de 8/10.

Mme Martinez Ferrada affirme vouloir « montrer qu’on est une ville capable de recevoir en grand ». « Honnêtement, je pense qu’on peut faire tous les grands évènements. » Les Jeux olympiques ? « Oui, pourquoi pas ? »

Le succès des Championnats du monde de cyclisme sur route l’a enthousiasmée. En amont des Mondiaux, la mairesse avait dit craindre l’« enfer » pour la circulation, mais elle salue maintenant la visibilité qu’ils ont donnée à la métropole. « C’est 250 millions de vues partout dans le monde, un événement qui, honnêtement, a rendu les Montréalais fiers. [...] C’était magnifique comme vue, les gens sont retombés en amour avec leur ville. »

PHOTO PAUL-HENRI TALBOT, ARCHIVES LA PRESSE

La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Montréal, le 17 juillet 1976

La mairesse est attablée dans son grand bureau de l’hôtel de ville. Exit la table ronde de bois ouvragé de Valérie Plante. Sa successeure préfère une table noire carrée, purement fonctionnelle. Plus efficace pour travailler, à son avis.

« Je veux prendre des décisions qui vont être nécessaires, qui vont nous redonner notre capacité de penser qu’un jour, oui, peut-être qu’on est capables d’avoir les Jeux olympiques », poursuit-elle.

« Est-ce qu’aujourd’hui on est capables ? Pas encore. Mais je pense que Montréal a cette capacité-là. Moi, je crois en son talent, je crois en son énergie. On a tout ce qu’il faut pour réussir. »

« Des décisions difficiles »

Le chemin sera toutefois ardu, prévient la mairesse : plusieurs milliards de dollars supplémentaires auraient dû être investis dans le maintien des infrastructures au fil des décennies et ne l’ont pas été. La métropole se trouve « devant un mur », avec des fortunes à investir dans le métro, dans le réseau d’eau et dans l’asphaltage, notamment. Au total, le déficit d’infrastructures se chiffrerait à environ 20 milliards.

Elle refuse donc de renouveler son engagement de campagne quant au maintien des hausses de taxe au niveau de l’inflation. Selon l’Institut de la statistique du Québec, la barre serait à 3 % pour le prochain budget, attendu en novembre.

« Je ne peux pas m’engager aujourd’hui à dire quel est le taux de taxation. Vous allez le voir dans le budget », se limite-t-elle à dire. « Ça va être un budget dur, vous l’avez compris. Il y aura des décisions difficiles. »

« Vous m’avez donné un mandat d’investir dans une ville qui va fonctionner, puis le monde est écœuré de rouler sur une ville avec des trous d’eau », ajoute-t-elle.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Nids-de-poule dans la rue Saint-Vallier, à Montréal, en avril dernier

Pour le reste, Soraya Martinez Ferrada se dit persuadée que les Montréalais ont commencé à sentir le changement insufflé par son administration et sa volonté de venir « gérer une ville qui avait besoin d’être gérée ».

Un virage de ce type ne se fera pas immédiatement. La mairesse assure gouverner sans penser au prochain scrutin, mais évoque sans problème la possibilité de demeurer aux commandes au-delà de 2029. « Si les gens me veulent, moi, je vais rester, lance-t-elle. Je vais servir tant et aussi longtemps que les Montréalais vont vouloir que je les serve. »

Vent d’optimisme pour l’itinérance

En matière d’itinérance, la mairesse de Montréal reconnaît que la crise a pris de l’ampleur depuis son arrivée au pouvoir. « C’est surtout plus visible. Les gens ne le voyaient pas nécessairement avant, mais quand on est rendu à 220 tentes sur la friche Notre-Dame, on ne peut plus l’ignorer », lance-t-elle.

L’élue promet toutefois d’y arriver. Elle croit toujours possible de réaliser son engagement de mettre fin aux campements d’ici 2029, comme promis en campagne. « Je suis très optimiste. Je pense que cette fois, c’est la bonne », avance-t-elle, en parlant d’un « réel arrimage » de tous les ordres politiques.

À Québec, elle soutient que l’arrivée de Paul St-Pierre Plamondon, qui veut réduire l’itinérance de 50 % d’ici 2030, « change la donne ».

Pour la première fois depuis des années, on n’est pas en train de travailler sur le plan des haltes-chaleur et des refuges en toute urgence à la mi-décembre.

Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal

Mais le temps presse, ajoute dans la foulée la première magistrate de la Ville. « Il n’y a plus d’empathie dans le réservoir. Moi, je ne veux pas être dans une ville qui doit choisir entre la sécurité d’un enfant et quelqu’un qui risque de mourir l’hiver dans la rue. On a l’obligation de faire les deux. »

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Des tentes du campement Notre-Dame, à Montréal

Sur le papier, le flou demeure encore autour des zones de tolérance de son protocole de campements, adopté en grande pompe en mai dernier. Soraya Martinez Ferrada avance maintenant que c’est « tout Montréal qui est tolérant » sauf pour les « zones d’intolérance » déterminées sur la base de critères précis, a-t-elle expliqué.

« Il y a des espaces qu’on n’accepte pas, comme dans un parc pour enfants ou à la sortie d’un CPE, résume la mairesse. Chaque arrondissement applique ça selon son secteur. Mais il faut garder en tête qu’on essaie quelque chose qui n’existait pas du tout jusqu’à maintenant. »

Patience pour la mobilité

Élue en promettant de mettre fin au « chaos » dans la coordination des chantiers, Mme Martinez Ferrada en appelle aujourd’hui à la patience des Montréalais. « Je n’ai jamais prétendu régler ça dans la première année. Déjà, j’ai testé des choses au centre-ville. On a ce qu’il faut pour mieux gérer. Maintenant, il faut juste l’exécuter. »

« Je rêve d’une ville où je n’aurai plus les gros cônes d’autoroute, qui n’ont pas leur place dans un centre-ville », ajoute l’élue, d’un ton solennel.

À court terme, elle envisage notamment l’intégration de l’intelligence artificielle dans les feux de circulation montréalais. Mais surtout, « on va davantage utiliser le Centre de gestion de la mobilité urbaine (CGMU), qui est extraordinaire, mais qui a été sous-financé pendant des années », promet-elle.

La politicienne se défend d’avoir opéré une manœuvre électoraliste en commandant des audits sur les pistes cyclables. La Presse a révélé mardi que ces audits ne recommandent finalement ni démantèlement ni réduction de l’espace destiné au vélo.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Soraya Martinez Ferrada se défend d’avoir opéré une manœuvre électoraliste en commandant des audits sur les pistes cyclables.

« Ce n’est pas parce qu’on pose des questions sur une piste cyclable […] que ça remet en question la piste en question. Moi, je n’ai jamais dit que j’allais démanteler des pistes cyclables », lance-t-elle.

Au contraire, insiste la mairesse : « Nous avons lancé les aménagements pour l’avenue du Parc, nous avons revu le projet sur Berri, puis on n’a pas arrêté le REV Henri-Bourassa, alors qu’entre vous et moi, je ne pense pas que c’était le meilleur projet. » Dans les trois prochaines années, son administration mettra « plus d’énergie dans la connectivité de nos pistes cyclables ». « Ce qu’on veut, c’est que les pistes cyclables fonctionnent pour tout le monde. »

1. Lisez l’article « Pistes cyclables : Les analyses ne recommandent aucun démantèlement »

Les Olympiques, un long processus

Au mois de juin dernier, le Comité international olympique (CIO) avait indiqué qu’il élirait l’hôte des Jeux olympiques d’été de 2036, la prochaine édition des JO à attribuer, à la mi -2029. Des discussions formelles doivent être lancées dès l’an prochain. Cela dit, la plupart des villes intéressées ont déjà entamé le processus de candidature, ce qui suggère qu’un retour olympique dans la métropole pourrait tarder encore un peu. N’empêche, a rappelé la mairesse, Montréal accueillera à court terme une étape de l’Olympic Q-Series en juin 2028, soit les qualifications de quelques sports, comme le flag football et le beach volleyball, en vue des Jeux olympiques de Los Angeles.

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