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Saturday, September 26, 2026

Pour aider son fils dyslexique, ce père a créé un jeu gratuit qui apprend à taper au clavier

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Des lettres à détruire, des boss à affronter et un clavier à apprivoiser : avec Fort-Dactylo, Nicolas Drolo veut rendre l’apprentissage de la frappe plus ludique. Un jeu gratuit conçu avec son fils, à partir de ses difficultés à l’école.

Détruire des ennemis en tapant les bonnes lettres : c’est le principe de Fort-Dactylo, un jeu gratuit imaginé par Nicolas Drolo pour apprendre à son fils dyslexique, Charlie, à utiliser un clavier. Ancien développeur et amateur de jeux vidéo, ce père a voulu transformer un apprentissage laborieux en partie d’arcade.

Tout commence avec l’arrivée d’un ordinateur à l’école, censé faciliter le travail de Charlie. « Le premier jour où il l’amène en classe, son institutrice lui fait faire une dictée sur l’ordinateur. Évidemment, c’est le drame : là où il n’était pas bon, il devient mauvais parce qu’il ne sait pas taper sur un clavier », raconte Nicolas Drolo à Numerama.

Suspectant être lui-même dyslexique, ce père cherche alors comment aider son fils à maîtriser cet outil. Mais les exercices qu’il trouve peinent à l’intéresser. « Je fais souvent l’analogie avec le piano ou la guitare : on vous apprend le solfège, mais pas la musique tout de suite ». Il profite donc de ses vacances pour créer un jeu de tir dans lequel chaque lettre ou mot correctement saisi permet de détruire un bloc à l’écran.

Fort Dactylo // Source : Fort Dactylo / Nicolas Drolo
Fort Dactylo. // Source : Fort Dactylo / Nicolas Drolo

Des boss et des pauses, imaginés avec son fils

Au fil des niveaux, les exercices se compliquent, avec des combos pour augmenter son score et des boss à affronter. Charlie a directement participé à la conception. « On est vraiment co-développeurs », explique son père. C’est notamment l’enfant qui a demandé les boss de fin de niveau et défini le code couleur du clavier visuel : du bleu et de l’orange pour distinguer les touches destinées à chaque main. Ces affrontements permettent aussi de ménager des pauses. « Après chaque boss, le jeu s’arrête pour qu’il puisse respirer », précise Nicolas Drolo.

D’abord parti de son expérience et de ses recherches, le créateur explique avoir reçu des suggestions de parents, d’orthophonistes et d’ergothérapeutes. Selon lui, un dictionnaire de mots complexes pour les enfants dyslexiques a notamment été conçu avec des ergothérapeutes.

Le jeu propose aussi la police OpenDyslexic, permet d’importer ses propres listes de mots pour préparer une dictée et adapte la vitesse des ennemis au rythme de frappe.

Chez Charlie, son père dit avoir constaté une frappe plus rapide et la disparition des allers-retours du regard entre l’écran et le clavier. Il s’en amuse : son fils utilise désormais davantage de doigts que lui pour taper au clavier.

Mais c’est surtout au retour de l’école qu’il mesure le changement : auparavant, les difficultés à trouver les touches revenaient systématiquement dans leurs échanges. « Aujourd’hui, quand il rentre le soir, on n’en parle plus du tout. »

« L’accessibilité ne devrait pas être une histoire d’argent »

Pour construire Fort-Dactylo, Nicolas Drolo s’est d’abord appuyé sur Gemini, l’IA de Google, puis sur Claude, celle d’Anthropic. « Des modules qui m’auraient pris deux mois à coder tout seul ont été faits en deux ou trois jours », estime-t-il.

Selon ses chiffres, le jeu rassemble chaque jour environ 1 000 utilisateurs sur l’extension Chrome et entre 1 000 et 1 500 sur sa version web, sans campagne publicitaire. Les deux audiences peuvent toutefois se recouper.

Le créateur tient à rendre le jeu accessible sans multiplier les contraintes : aucun compte à créer, aucun mot de passe à retenir et une progression sauvegardée sur l’appareil. « Je ne récolte aucune donnée personnelle », assure-t-il.

La gratuité et l’absence de publicité sont au cœur de sa démarche. « Idéalement, j’aimerais que l’Éducation nationale ou l’État finance le développement pour que l’outil reste gratuit et accessible à tous dans les écoles. L’accessibilité ne devrait pas être une histoire d’argent ». En attendant, les messages de remerciement le motivent à poursuivre.

Pour essayer Fort-Dactylo, une démonstration jouable est accessible depuis son site. Le créateur recommande toutefois l’extension Chrome, qui reçoit les mises à jour et fonctionne hors connexion. Elle permet également de créer plusieurs profils pour partager un même ordinateur.

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