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Monday, November 2, 2026

50 personnes dans l’antichambre de la mort : leurs dessins révèlent un étrange point commun

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Un tunnel sombre et au bout, une lumière aveuglante. C'est sans doute l'image la plus connue de l'expérience de mort imminente. Pourtant, tous ceux qui disent avoir frôlé la mort ne décrivent pas cette scène. Certains évoquent au contraire un espace immense et une lumière enveloppante.

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Ces différences ont intrigué une équipe internationale de chercheurs qui a voulu explorer autrement les points communs pouvant se cacher derrière ces récits. Pour cela, ils ont demandé à 50 personnes ayant vécu une expérience de mort imminente, non pas de mettre des mots sur leurs souvenirs, mais de reconstituer visuellement les espaces dont elles se souvenaient.

The perceptual geometry and chromaticity of near-death experience spaces, by France Lerner, Paulo Cezar Rocha dos Santos, and Guillaume Tahar https://t.co/RyLSX3RbTn

— Nemo C. Mörck (@n_morck) October 19, 2026

Aux portes de la mort : et si les mots ne suffisaient pas ?

C'est ce qui fait l'originalité de l'étude publiée dans la revue Frontiers in Psychology.

Au fil des années et grâce à des questionnaires assez précis, les scientifiques ont peu à peu tracé les grands contours de ces expériences de mort imminente : les tunnels, les lumières, les sensations de décorporation. Ils ont documenté la nature et l'intensité des sensations rapportées. Mais comment traduire avec des mots, des sensations aussi complexes ?

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Face à cette difficulté, les chercheurs ont fait le pari d'un angle différent, celui du dessin.

L’un des participants à l’étude fait apparaître sur le dessin de son expérience de mort imminente, des rencontres avec des proches ou encore des visions du passé et du futur, des flash-back sur sa vie. Concrètement, la représentation lui permet de noter sa position et ses déplacements. © Lerner et al., Frontiers in Psychology, 2026

Et ils ont effectivement révélé une association étonnante.

Parmi les 28 espaces coniques reconstitués, qui comprennent notamment les visions de tunnels, 22 étaient dépourvus de couleurs discernables : ils étaient perçus en noir et blanc ou gris.

À l'inverse, sur les 31 espaces plus larges -- même si toujours incurvés, de type arche, par exemple --, 27 étaient associés à des couleurs.

La forme de l'espace décrit semble donc aller de pair avec la manière dont il est perçu visuellement. De quoi interpeler les chercheurs.

Ces associations entre formes et couleurs pourraient-elles apporter des indices sur les mécanismes à l'œuvre lors de ces expériences aux frontières de la mort ?

Visions de l’au-delà ou mécanismes bien connus ?

Elles rappellent des phénomènes que la science connaît déjà.

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La « vision en tunnel », par exemple. Une diminution de l'apport en oxygène peut notamment perturber le fonctionnement du système visuel et provoquer un rétrécissement du champ de vision.

Et quand la luminosité baisse, nos yeux deviennent moins sensibles aux couleurs. Dans la pénombre, ce sont les bâtonnets, des cellules photoréceptrices particulièrement sensibles à la lumière, qui prennent le relais des cônes, responsables notamment de la perception des couleurs. Le monde prend alors plutôt des nuances de gris. Cela rappelle bien quelques récits et dessins présentés par les chercheurs.

Autre phénomène qui rappelle les expériences décrites dans l'antichambre de la mort : l'effet Ganzfeld. Il désigne les expériences perceptives inhabituelles, parfois hallucinatoires, qui peuvent survenir lorsque le champ visuel est uniforme et manque de repères. Certains récits d'espaces lumineux qui semblent envelopper entièrement la personne présentent des similitudes avec ce phénomène. Mais là encore, il ne s'agit que d'un rapprochement, et non d'une explication démontrée.

Peut-on vraiment comprendre ce qui se passe dans l’antichambre de la mort ?

Mais le mystère reste entier. Car les chercheurs n'avaient pas pour objectif d'identifier les mécanismes à l'origine des expériences de mort imminente. Leur ambition était plus modeste : décrire et comparer, avec une méthode nouvelle, les perceptions spatiales rapportées par les personnes qui les ont vécues.

Au moment de conclure, il convient toutefois de garder à l'esprit les limites de ces travaux : un nombre restreint de participants, tous volontaires, des expériences parfois vécues des années auparavant, mais aussi une sélection de formes et un encadrement susceptibles d'introduire des biais. Il n'en reste pas moins que l'étude ouvre une nouvelle voie pour explorer ce que les mots peinent parfois à décrire : ces expériences extraordinaires vécues aux frontières de la mort.

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