Ruba Ghazal, de l’optimisme au pragmatisme
Au premier jour de la campagne, Ruba Ghazal avait confié qu’elle croyait en la victoire de Québec solidaire le 5 octobre prochain. Elle se disait prête à enfiler les habits de première ministre. « Tout est possible dans cette campagne, je m’attends à tout », expliquait-elle alors.
Un mois plus tard, l’optimisme solidaire est toujours là, mais il est moins affirmé. Il a laissé sa place au pragmatisme.
« Moi, ce que je veux, c’est le maximum de députés de Québec solidaire à l’Assemblée nationale », a confié Mme Ghazal. Lors d’un échange de quelques minutes avec Le Devoir vendredi soir, elle a exprimé ce souhait à trois reprises.
Remisé, donc, le narratif d’une victoire surprise, et la leader solidaire parle désormais de jouer un rôle sur les bancs de l’Assemblée nationale, de continuer à imposer les thèmes chers à la gauche : justice sociale, égalité des chances, importance des services publics, etc.
« Chaque nouveau député de Québec solidaire qui va être élu à l’Assemblée nationale, ça va faire gagner le Québec. On va être un rempart contre l’austérité », fait-elle valoir, se disant fière de la campagne menée par ses troupes.
Faire en sorte que ses idées trouvent de l’écho au Salon bleu, Éric Duhaime le martèle depuis le premier jour. Il répète qu’il veut faire élire 12 députés pour former un groupe officiel et ainsi soutenir un probable gouvernement minoritaire, en échange d’un appui à certaines promesses conservatrices.
Ruba Ghazal se serait-elle inspirée du pragmatisme du chef conservateur ? Pas vraiment, car, selon elle, le but d’une campagne, c’est justement de se mettre dans la peau d’un premier ministre ou d’une première ministre.
« Dans une campagne électorale, tout le monde, y compris Éric Duhaime, présente une plate-forme de ce que serait un gouvernement de leur parti. On présente un cadre financier pour permettre aux gens d’imaginer ce que serait le Québec gouverné par Québec solidaire. Ça sert à ça, une campagne électorale. »
Le pragmatisme affiché par Ruba Ghazal la conduira-t-il à négocier avec Paul St-Pierre Plamondon, s’il manquait au Parti québécois une poignée de députés pour obtenir une majorité ?
Au sein de son équipe, on préfère ne pas présumer de l’avenir. Par contre, on laisse entendre qu’on acceptera de discuter avec tous les partis une fois qu’on saura à quoi ressemblera le prochain Parlement. Autrement dit, on sera pragmatique.
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