"27 idées pour demain", à découvrir dans les dossiers de Sciences et Avenir

Pourquoi avons-nous souvent le sentiment que l’avenir se résume à choisir entre continuer comme avant et renoncer ? Comme s’il fallait forcément produire ou préserver, croître ou décroître, préférer l’industrie ou l’environnement, le progrès ou la sobriété. Mais c’est un faux dilemme. Ainsi que le rappelle l’explorateur Bertrand Piccard, il ne s’agit pas de décroître l’économie, mais le gaspillage, l’inefficacité, la pollution. Et de faire croître ce qui améliore réellement nos vies. Pour dépasser enfin l’opposition entre une écologie vécue comme un sacrifice et une industrie condamnée à polluer.
À Perpignan, une start-up pour capter l’eau dans l’air, presque sans électricité
L’écologie n’appartient à aucun camp. À force de l’associer à un parti politique, on en éloigne ceux qui ne s’y reconnaissent pas. Or une solution ne devrait pas avoir à afficher une couleur. Elle doit fonctionner, être acceptable, pouvoir être financée et, si possible, déployée à grande échelle. C’est à cette condition qu’elle peut véritablement changer nos façons de vivre. Les 27 solutions réunies dans ce numéro racontent précisément cela. Certaines repoussent les frontières du possible, comme ces thérapies géniques conçues sur mesure pour un seul patient. D’autres réinventent ce que nous connaissons déjà, telle cette vitre transformée en surface photovoltaïque.
Bonne nouvelle : nombre d’entre elles naissent en France. À Rennes, des chercheurs travaillent sur des algorithmes capables, pour contrôler un robot, d’effectuer 100 à 1 000 fois moins d’opérations qu’un réseau de neurones. À Perpignan, une start-up apprend à capter l’eau dans l’air presque sans électricité. À Grenoble, une matrice bio-imprimée en 3D pourrait aider l’os à se régénérer. Et dans l’étang de Berre, 8 m² d’herbiers replantés se sont étendus sur 800 m² en dix-huit mois. Des pistes très différentes, un même principe : ne pas forcément faire plus, mais faire mieux. Les solutions ne nous font pas basculer dans un monde merveilleux. Mais elles transforment le nôtre. Tout ne fonctionnera pas. Certaines idées resteront au laboratoire, d’autres buteront sur leur coût, leur acceptabilité ou leurs limites techniques. C’est aussi cela, la science : tester, comparer, éliminer les fausses bonnes idées et perfectionner les autres.
Le futur désirable du solarpunk
Mais nous aurions tort de laisser les clivages nous empêcher d’essayer. Innover commence souvent par changer de regard. La science-fiction a longtemps excellé à imaginer comment tout pouvait mal finir. Le solarpunk, que nous explorons à la fin de ce numéro, propose l’exercice inverse : concevoir des futurs dans lesquels nous aurions réussi à résoudre une partie de nos problèmes. Ce n’est pas de la naïveté. C’est une méthode. Car avant de construire un avenir désirable, encore faut-il accepter qu’il puisse exister
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