Joshua Kutryk donne ses premières impressions de la vie en orbite

« Voir la Terre depuis l’espace, c’est absolument incroyable. Je me sentais si petit », a déclaré l’astronaute canadien Joshua Kutryk pour décrire ce qu’il a pensé en voyant la Terre pour la toute première fois à partir de la Station spatiale internationale (SSI).
Tout ce que je vis depuis deux semaines est très spécial. Je me sens tout simplement chanceux et privilégié de vivre cette expérience
, a ajouté le premier Canadien à se rendre à la SSI à bord d'une capsule Dragon de SpaceX dans le cadre du Programme des missions habitées commerciales de la NASA.
L’Albertain de 44 ans affirme s’être rendu dans la coupole de la SSI environ 10 minutes après son arrivée. De là, il a pu, comme six autres Canadiens avant lui, observer la planète bleue.
D’autres astronautes m’avaient parlé de la première fois qu’on voit la Terre de la SSI. J’avais mes attentes, mais rien ne prépare un humain à vivre cette expérience. C'est la chose la plus spectaculaire...
L’astronaute a aussi pu observer des aurores boréales depuis l’espace.
C'est l'une des choses les plus incroyables que j'aie jamais vues. Voir la Terre entière […] simplement enveloppée par ce manteau de teintes fluorescentes dansantes... C'est époustouflant.

Le Canadien Joshua Kutryk quelques instants après son arrivée à bord de la SSI.
Photo : NASA
S’adapter à l'apesanteur
L’ancien pilote de chasse de l’Aviation royale canadienne a commencé à s’habituer à l’apesanteur dès les premiers moments dans la SSI. Le corps s'adapte vite à la microgravité pour surmonter les nausées, remarque-t-il, mais c'est plus difficile pour beaucoup d'autres choses.
Il faut réapprendre à tout faire, presque comme si on était un enfant. C'est comme si on avait deux ou trois ans à nouveau et qu'on réapprenait les choses les plus simples de la vie. Cela peut être très frustrant. Comment manger, se déplacer, s'endormir… Quoi faire de ses mains [en dormant]?
Le spécialiste de mission canadien oublie rapidement ces moments de frustration lorsqu'il prend du recul pour en rire avec les trois autres membres de l’équipage 13 : la commandante Jessica Watkins, le pilote Luke Delaney de la NASA, et le Russe Sergueï Teteriatnikov, également spécialiste de mission.
Joshua Kutryk contribuera à plusieurs études canadiennes et internationales, dont certaines sur la santé mentale, la masse osseuse et la santé cardiorespiratoire.
Avec ses collègues, il assurera également la maintenance régulière de la Station et y effectuera des réparations, en plus de participer à des sorties dans l’espace. Il mènera aussi des expériences pour préparer les futures missions d'exploration vers la Lune et vers Mars.

La fusée Dragon avec, à son bord, l'équipage 13 a décollé de la Floride le 1er octobre.
Photo : Getty Images / Justin Sullivan
Un départ sans anicroche
La mission a commencé le 1er octobre lors du décollage de la capsule Dragon depuis le Centre spatial Kennedy de la NASA, en Floride, pour prendre la direction du laboratoire orbital situé à environ 400 kilomètres d’altitude.
Le trajet a duré 7 h 55, le plus rapide jamais réalisé par un vaisseau américain pour rejoindre la SSI. La durée de ces voyages varie considérablement selon les missions en raison notamment de la distance au moment du décollage séparant la capsule de la SSI.
Par comparaison, le dernier équipage parti des États-Unis avait mis, en février, plus de 30 heures.

Pas moins de 7 astronautes canadiens ont séjourné dans la SSI depuis son lancement en 1998.
Photo : Agence spatiale canadienne
Cette mission est le premier vol spatial pour Kutryk. Avant d'être sélectionné comme astronaute de l'ASC en 2017, l’Albertain, originaire de Fort Saskatchewan, a été pilote d’avion de chasse CF-18 et avait effectué des missions dans le cadre des engagements du Canada au sein de l'OTAN, de l'ONU et du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord.
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