Policier ayant uriné sur un sans-abri | Fady Dagher convoqué d’urgence au conseil municipal

L’opposition officielle convoque le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Fady Dagher à un conseil municipal spécial, afin qu’il répondre aux questions des élus dans le dossier du poste de quartier (PDQ) 21, où un policier a été suspendu pour avoir uriné sur un sans-abri.
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« On parle de 90 minutes dans les sept prochains jours. J’ai besoin de comprendre ce qui se passe à l’interne pour qu’on arrête ce type de comportement. Ça n’a pas de bon sens », a déploré la cheffe de Projet Montréal, Ericka Alneus, en mêlée de presse à l’hôtel de ville.
Son parti a déposé lundi une motion d’urgence pour convoquer le chef du SPVM, Fady Dagher, lors d’une prochaine séance d’un conseil municipal extraordinaire.
Vendredi, La Presse révélait que des plaintes de comportements humiliants ont mené à deux suspensions au PDQ21 du centre-ville de Montréal au cours des dernières semaines. Le premier serait un policier affecté à la patrouille qui a été suspendu de ses fonctions parce qu’il aurait uriné sur une personne itinérante pendant ses heures de travail.
La motion de l’opposition inclut aussi ce qui s’était passé le 12 juin dernier, quand la police avait retiré 16 agents de leurs fonctions de patrouille à Montréal-Nord. Certains d’entre eux ont été suspendus et font l’objet d’un examen par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) à la suite d’allégations d’inconduite.
Parmi ces allégations figurait notamment le fait de conserver des mèches de cheveux de citoyens issus de minorités ethniques comme des « trophées ».
« Des pommes pourrîtes », lâche la mairesse
M. Dagher s’était déjà présenté devant les élus de la Commission de la sécurité publique, au début du mois d’août, en répondant aux questions des nombreux citoyens qui s’étaient déplacés. La mairesse Soraya Martinez Ferrada n’y avait d’ailleurs pas assisté, au grand dam de plusieurs Montréalais présents.
PHOTO DENIS GERMAIN, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada
Or, aux yeux de Mme Alneus, « il manquait des éléments [dans cette présentation] et la population n’est pas rassurée pour autant aujourd’hui ». « Les évènements de la semaine dernière, ça effrite encore plus la confiance du public. On a besoin de sentir que des mesures concrètes sont prises », a insisté la cheffe de l’opposition officielle.
Questionnée sur le sujet à son entrée dans la salle du conseil, Soraya Martinez Ferrada n’a pas complètement fermé la porte à tenir ce qui deviendrait donc la deuxième séance plénière du chef du SPVM en trois mois. « Le SPVM a une responsabilité immense de rétablir la confiance avec les citoyens. Ceci dit, nous avons des policiers qui font un travail extraordinaire. Ne laissons pas des pommes pourrîtes gâcher [ce travail] », a-t-elle lancé.
La première magistrate a toutefois émis plusieurs réserves.
Cette motion vient miner la capacité des enquêtes qui sont en cours par rapport à ce qui s’est passé, s’est-elle-même inquiétée. Si les allégations sont vraies, je veux m’assurer qu’il n’y a personne qui est au-dessus de la loi.
Selon la mairesse, « l’opposition nous arrive à 45 minutes du conseil avec une motion d’urgence sans aucun préavis ». « Je ne suis pas fermée à ce qu’on ait une plénière, mais il faut respecter le processus en place. Il faut adopter une façon de faire qui respecte l’institution », a insisté Mme Martinez Ferrada.
Ces derniers jours, la Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM) a de son côté évoqué vendredi des « allégations choquantes » dans cette affaire. L’association syndicale « réitère avec force qu’elle condamne totalement et fermement toute atteinte à la dignité de quiconque, ainsi que tout comportement dérogatoire et contraire à ses valeurs ».
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