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Wednesday, October 14, 2026

Record d'infections en France : ce virus transmis par les moustiques inquiète, d'autant qu'il n'existe aucun vaccin !

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C'était un virus exotique. Il ne l'est désormais plus du tout. Découvert au début du 20e siècle en Ouganda, dans la région du Nil occidental, il est depuis les années 1960 présent autour du bassin méditerranéen et dans certaines zones, comme la Camargue. Et depuis quelque temps, il gagne du terrain, puisque sa présence a été remarquée dans plusieurs régions de France, notamment en Île-de-France.

Un moustique banal, un virus potentiellement mortel

Mais de quel virus s'agit-il ? Du virus du Nil occidental, appelé parfois « West Nile », transmis par les moustiques. Pas le moustique tigre - présent en France seulement depuis 2024 qui est le vecteur de la dengue ou du chikungunya -, mais par le moustique « commun » appelé Culex pipiens. Ce dernier s'infecte généralement au contact des oiseaux porteurs du virus. En revanche, il n'y a pas de transmission interhumaine, sauf en cas de greffe ou de transfusion.

Selon le dernier bulletin de l'agence Santé publique France (SPF), 161 cas humains d'infections par celui-ci auraient été détectés sur le territoire national cette année. C'est 16 cas de plus que la semaine précédente ! Parmi les cas recensés, 28 étaient asymptomatiques (détectés lors de dépistages systématiques liés aux dons de sang) et 133 étaient symptomatiques (fièvre, maux de tête...). Parmi les personnes présentant des symptômes, 60 cas étaient de forme neuro-invasive, incluant cinq décès. Cerise sur le gâteau : à ce jour, il n'existe ni vaccin ni traitement préventif contre ce virus...

Au 21 septembre 2026, 117 cas autochtones d’infections à virus #WestNile ont été identifiés en France hexagonale dans 7 régions.

????Une circulation du virus sur le territoire favorisée par un été sec et chaud. pic.twitter.com/p92VXV84eu

— SantépubliqueFrance (@SantePubliqueFr) September 23, 2026

Des infections largement sous-estimées

Et la situation pourrait être bien plus grave. Selon Yannick Simonin, professeur de virologie à l'université de Montpellier interrogé par FranceInfo, « il y a potentiellement dix fois plus de cas réels non identifiés ; la transmission est largement sous-estimée ». En effet, face à des symptômes aussi peu spécifiques que de la fièvre et des maux de tête, il est fort possible que de nombreuses personnes n'aient pas consulté ou bien n'aient pas été testées pour le virus du Nil occidental. Les résultats de SPF ne seraient ainsi que la pointe de l'iceberg.

« L’année 2026 marque un tournant » : le virus du Nil occidental étend sa présence à un rythme inédit en France

La circulation du virus du Nil occidental, ou West Nile, bat des records cette année, non seulement les cas humains ont explosé, mais sa présence s'est étendue sur de nouveaux territoires métropolitains, de même qu'en Europe. Quelles sont les causes de cette hausse : climat, mutation du virus ou meilleure détection ? L’approche One Health peut-elle être une solution pour mieux protéger les populations et les animaux ?... Lire la suite

Et la France ne serait pas le seul pays concerné. Le mois dernier, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) indiquait que 15 pays européens avaient enregistré plus de 1 000 cas de virus du Nil occidental cette année, avec un peu moins de 80 décès dont la plupart situés en Italie. Et la sécheresse historique de cette année n'y serait pas étrangère.

Découvert au début du XXe siècle dans la région du Nil occidental en Ouganda, le virus est apparu en France dans les années 1960, principalement autour du bassin méditerranéen et dans certaines zones endémiques comme la Camargue. © lucaar, Adobe Stock

Le réchauffement climatique, un accélérateur de transmission

Pour Anna-Bella Failloux, spécialiste des insectes et des maladies qu'ils transmettent à l'homme à l'Institut Pasteur, interrogée par RFI, l'explication est simple : « Les moustiques se reproduisent dans des points d'eau situés à proximité des oiseaux qu'ils piquent. Or, cette année, en raison des vagues de chaleur, les étendues d'eau étaient moins nombreuses. C'est là que les oiseaux venaient s'abreuver et c'est aussi là que les moustiques proliféraient le plus ». Conséquence : plus de contacts entre oiseaux et moustiques, et donc davantage de transmissions du virus des premiers vers les seconds.

Virus du Nil occidental : une infection transmise par des moustiques en France

Comme la dengue, le Zika, ou le virus Usutu, le virus du Nil occidental (ou West Nile en anglais) se transmet par la piqûre de moustiques. Présente dans des pays méditerranéens et d’Europe de l’Est, la fièvre du Nil occidental a touché une femme près de Nice en octobre 2017.... Lire la suite

Mais ce n'est pas la seule explication : selon elle, la chaleur raccourcit le cycle de développement des moustiques. En effet, à 25 °C, il faut entre 8 et 10 jours pour passer du stade d'œuf à celui d'adulte, alors qu'à 30 °C ou 35 °C, il faut seulement 6 à 7 jours. Ce phénomène accélère l'émergence des adultes et donc accroît la densité de moustiques.

Pour les chercheurs, une surveillance doit être désormais mise en plus pour surveiller la progression du virus du Nil occidental, notamment pour mieux comprendre quelles espèces d'oiseau sont en cause dans les transmissions en France. Des recherches doivent également être menées pour parvenir à mieux détecter les cas humains, mais aussi pour prévenir les infections et mieux les prendre en charge. Un nouveau défi sanitaire en perspective...

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