Quand Starlink se prend pour Hadopi : cet abonné a reçu un avertissement pour avoir téléchargé une série sur un site pirate

Un abonné Starlink aux Pays-Bas a reçu un avis de violation du droit d’auteur au nom de Paramount, deux jours après avoir téléchargé par torrent un épisode d’une série. Un avis transmis par… Starlink, son fournisseur d’accès à Internet par satellite.
Et si Starlink commençait à se prendre pour une sorte de Hadopi ? C’est ce qu’on pourrait croire en lisant l’histoire d’un abonné aux Pays-Bas, qui a reçu un avertissement de la part de l’opérateur de réseau satellite.
Starlink envoie une « lettre » à son abonné, comme le ferait Hadopi
C’est l’histoire d’un certain Sam Guichelaar, instructeur de vol néerlandais, qui a téléchargé il y a quelques jours un épisode de Dexter : Ressurection en torrent. Illégalement donc. Deux jours plus tard, il a reçu un mail de la part de Starlink, son fournisseur d’accès à Internet.
To all the tech bro’s who are seeing this and talking about VPN’s, ‘opsec’ and ‘wow you just admitted it, you’re insane’.
It’s a fucking torrent for a single episode. I’ve been torrenting for 24 years and never once had any notice. VPN’s aren’t a great solution for torrenting.
— Sam Guichelaar (@SamGuichelaar) November 1, 2026
On peut y lire ceci : « votre service Internet Starlink a été utilisé pour télécharger des contenus protégés par le droit d’auteur sans en avoir le droit. » En effet, Starlink explique dans ce même message avoir reçu une alerte de la part de Paramount, société qui possède les droits de cette série et qui naturellement tente de bloquer la circulation des épisodes. Starlink poursuit en écrivant que « le téléchargement de contenus protégés par le droit d’auteur sans licence ni autre droit d’utilisation constitue une violation de la Politique d’utilisation acceptable (AUP) de Starlink ».
Si ce Sam Guichelaar continue de télécharger des films et des séries illégalement via sa connexion Starlink, l’opérateur se réserve le droit de suspendre ou résilier son abonnement en plus d’exposer le client « à des poursuites judiciaires de la part du détenteur des droits. »
Starlink semble ne pas faire comme les autres opérateurs Internet en Europe et « balance » ses clients
Interrogé, ce client explique ne pas avoir utilisé de VPN pour télécharger en torrent, considérant que ce n’était pas nécessaire dans l’Union européenne (et que ce n’était pas commode pour télécharger en torrent). Il ajoute que les fournisseurs d’accès à Internet néerlandais refusent habituellement les demandes de studios comme Paramount. C’est pourquoi il n’a jamais reçu une telle alerte.
Mais l’américain Starlink semble ne pas faire comme les autres et applique une politique de propriété intellectuelle qui interdit l’utilisation de son service pour porter atteinte aux droits d’auteur. Dans sa « Politique d’Utilisation Acceptable », la société s’appuie sur l’article 512 du Digital Millennium Copyright Act (DMCA), la loi américaine qui encadre les avis de retrait et les fournisseurs de services en ligne. Et même pour un FAI américain, Starlink semble parmi les plus favorables aux ayants droits.
Le RGPD « protège » les internautes qui piratent des films et des séries
Avec cette loi, un titulaire de droits peut signaler une adresse IP, un port, un protocole et un horodatage associés à un partage non autorisé. Les fournisseurs d’accès transmettent ensuite l’avertissement au titulaire de l’abonnement concerné, sans avoir besoin d’inspecter eux-mêmes le contenu des communications de son client. Le cas de cet internaute néerlandais met en lumière les pratiques des FAI européens. Par exemple aux Pays-Bas, l’organisme anti-piratage BREIN avait demandé à Ziggo, alors premier FAI du pays, de transmettre des avertissements à des abonnés identifiés via des adresses IP, comme l’a raconté PCMag.
Le tribunal d’Utrecht avait jugé il y a quelques années que Ziggo ne pouvait le faire sans une autorisation distincte de traitement des données, car relier une adresse IP à un nom et une adresse relève du RGPD. Ziggo doit donc avoir une autorisation pour lier une adresse IP aux coordonnées d’un abonné pour transmettre les avertissements. Ce qui a créé un frein juridique (et pratique) à ce transfert systématique des alertes anti-piratage par les FAI. Une jurisprudence que connaît très bien ce fameux Sam Guichelaar : « Je suis habitué au fait que nos fournisseurs d’accès à Internet néerlandais refusent tout simplement ces menaces des entreprises. Ils refusent tous de les aider. Les tribunaux ont toujours confirmé ce droit. »
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.